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13/11/2020 15:28

Gilles Platret : «La priorité de la Région doit être d’éviter l'hécatombe de la faillite de nos commerces»

Future tête de liste aux élections régionales, qui auront lieu en juin, Gilles Platret demande une autre mobilisation de la Région Bourgogne – Franche-Comté pour sauver les commerces. Il prend exemple du Grand Est qui mobilise 55 millions d’euros pour prendre en charge les loyers sur trois mois.

«On a accepté de ne pas venir ce vendredi, pour que le quorum ne puisse pas être atteint et que la session puisse avoir lieu lundi, au regard des urgences. Mais cela montre une désorganisation et cela n’est pas bon», a déclaré Gilles Platret, ce vendredi après-midi dans une conférence de presse en visioconférence.
«On voulait présenter la grille d’analyses que l’on a vis à vis de la situation et de la région toute entière. Il est clair que la Région n’apporte pas assez.
Il y a un angle mort, c’est l’état financier des intercommunalités. On a une déstructuration très très nette du climat qui a des conséquences sur les finances des EPCI. Il faut que la Région en tienne compte», assure le Maire de Chalon sur Saône qui lundi devrait être le porte parole de l’opposition à la Région.
«Sur la situation économique on veut faire part de notre inquiétude sur ce qui se passe sur le terrain, pour les PME et les TPE. On pense aux commerces de proximité qui pourraient accueillir la clientèle. En Allemagne, en Catalogne, on les maintient ouverts. On a une fragilité extrême. J’avais saisi la Présidente de Région sur ce souci.
J’avais dit qu’il fallait aller sur de l’aide au fonctionnement, plutôt que sur l’investissement. Je pense aux commerces sédentaires et aux commerces non sédentaires».
Gilles Platret avance aussi : «L’observatoire de conjoncture économique annonce un taux de défaillance de 80%. Même à la moitié, imaginons les ravages.
Pour l’Hôtellerie et la restauration, un tiers des établissements seraient rayés de la carte. Les Transports Girardot nous ont fait part de choses apocalyptiques. Le prêt à porter va payer les achats de Noël sur internet. Celio, Le Printemps vont fermer des magasins.
La CPME estime que la moitié de ses adhérents ne pourront pas rembourser les prêts garantis par l’Etat».
Pour le Maire de Chalon sur Saône, l’adoption du fond des territoires de deux euros par habitant, certes cela va dans la bonne direction, mais ce n’est pas suffisant.
L’élu à la Région estime que «la priorité de la Région doit être d’éviter l’hécatombe des faillites de nos commerces. Aujourd’hui on n’est plus dans le rebond économique, on est dans le sauvetage de l’économie. Il faut que la Région revoit son positionnement. Il faut aider les entreprises sur le fonctionnement. C’est du paiement de loyer. A quoi servira un investissement pour un commerce, quand le premier souci c’est de ne pas couler.
Il faut des aides en fonctionnement. Il faut que la Région augmente ses aides. Ca fait cinq ans que l’on demande à la Région de faire des efforts. Elle ne l’a pas fait. Il faut que la région se dégage des marges de manœuvre en fonctionnement.
Il y a un cynisme de mettre l’éco conditionnalité. Il y a une urgence. Il ne faut pas rendre inaccessible les crédits.
Sur le Grand Chalon on va pouvoir amener 500 euros d’aides au loyer. Mais ça ne suffira pas pour des loyers de 100 à 1200 euros.
Ce n’est pas le montant apporté par la Région qui compte, mais que ça ne doit pas si conditionné par les intercommunalités. Elles ne pourront pas suivre !»
Pascal Grappin, élu de Côte-d’Or et Président d’une intercommunalité ajoute : «Le mécanisme de la Région est daté. On en a parlé en juin et le plan d’investissement est arrivé en octobre. Depuis on a eu une deuxième vague, sur laquelle personne n’avait parié. Aujourd’hui c’est un problème de survie.
Des EPCI ne pourront pas mettre 2 euros car l’Etat nous a demandé un effort sur la contribution foncière des entreprises. Je n’ai pas un euro de plus à mettre. Les impôts sont rentrés. Les EPCI assurent des compétences de services. On assume tous les frais fixes. Les crèches fonctionnent à effectif réduit. On a assumé les charges de personnels car on ne peut pas les mettre en chômage partiel. Il faut s’attendre à une baisse des investissements de 25%.
Gilles Platret reprend la parole pour souligner : «On demande aux EPCI de soutenir sans forcer le trait. La question c’est de savoir si on peut mobiliser les aides. Il faut des aides au fonctionnement. Le Grand Est mobilise 55 millions d’euros pour trois mois de loyers.
Auvergne Rhône Alpes, Hauts de France, Normandie font de même avec de grosses mobilisations de crédits. La vérité c’est que la Région ne met pas le paquet. Le peu qu’elle met ce n’est pas suffisant. Il faut du concret dans nos entreprises et nos TPE». Et de prévenir : «Après le déconfinement avant Noël,  y aura nouvelle vague en début d’année. C’est la catastrophe qui nous attend.
Ce sont plusieurs dizaines de millions d’euros qu’il faut mobiliser pour un effort équivalent au Grand Est». Celui-ci pèse pour 5,55 millions d’habitants, contre 2,8 millions pour la Bourgogne – Franche-Comté.
«On est sur un problème d’échelle, on n’est pas à la hauteur. Le fonctionnement, ca fait 5 ans que l’on demande si l’on peut faire aussi bien avec moins de personnels. Il y a des marges d’économies dans le fonctionnement de la Région», dit encore Gilles Platret.
Alain BOLLERY