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03/09/2021 18:20

Julien Odoul : «Arnaud Montebourg ferait mieux de soutenir Marine Le Pen pour faire gagner ses idées»

Le porte-parole du Rassemblement National a rassemblé ses troupes au siège du Parc du Morvan. Il s’est confié dans une interview où il parle immigration, biodiversité, pouvoir d'achat, nucléaire, mais aussi d'Eric Zemmour et de la candidature d’Arnaud Montebourg à la Présidentielle.
Julien Odoul a invité les élus de son parti à manifester à Nevers.



Salle des grands lacs au siège du Parc du Morvan, à Saint-Brisson, dans la Nièvre, entre Saulieu et Château-Chinon ! C’est là que Julien Odoul, patron du Rassemblement National en Bourgogne – Franche-Comté et porte-parole de Marine Le Pen et de son parti, avait donné rendez-vous aux élus régionaux de son parti, ce vendredi 3 septembre 2021. Pour une journée très nivernaise, puisqu’elle s’est poursuivie par une manifestation devant la Mairie de Nevers pour dénoncer les positions de Denis Thuriot sur l’accueil des réfugiés afghans.


Pourquoi avoir choisi le siège du Parc du Morvan, à Saint-Brisson, pour effectuer votre séminaire de rentrée ?
JULIEN ODOUL : «Le Parc est un atout extraordinaire pour la Région Bourgogne – Franche-Comté, mais il n’est pas assez valorisé et trop méconnu. Je voulais donc que nos élus découvrent le site qui est remarquable».

Vous avez été accueillis par Sylvain Mathieu, vice-président de la Région et Président du Parc ?
«Non il n’était pas là. Mais Sylvain Mathieu nous avait déjà accueillis en 2018 et nous avait fait visiter le site. Là c’est le directeur du Parc qui nous a reçus et fait découvrir le site à celles et ceux qui ne le connaissaient pas. Il nous a fait visiter une tourbière».

Quel est le coût de location pour ce séminaire ?
«C’est gratuit. Puisque le Parc du Morvan est largement financé par le Conseil Régional, il est normal que les élus régionaux puissent s’y retrouver et travailler gratuitement».

Que préconisez-vous pour le Morvan ?
«Nous sommes le parti de la nature et du patrimoine rural. Nous, notre nature, ce n’est pas l’idéologie d’Europe Ecologie Les Verts. Nous c’est la biodiversité, c’est la qualité de l’eau, la préservation des arbres et une protection contre les éoliennes. Et ce n’est pas que le combat du Rassemblement National. Le syndicat mixte du Parc du Morvan s’est prononcé contre un projet de parc éolien aux portes du Morvan. C’est un avis partagé avec nous. Mais c’est un combat que nous portons depuis plusieurs années. Oui nous sommes sur le «zéro éoliennes». Nous combattons le clientélisme politique. Nous combattons la nocivité des éoliennes. Elles sont une idéologie politique qui défigure les paysages contre l’avis des habitants. C’est pour cela que nous demandons un moratoire. Nous préférons l’énergie hydraulique ou le nucléaire».

Quelles sont vos priorités pour l’environnement ?
«La primaire écologiste c’est un concours de «dingueries». Quand le Maire de Lyon décide de «dégenrer» une cours d’école dans sa ville, la meilleure réponse, le meilleur constat, c’est un enfant qui l’a en disant que lui il veut juste des cages de foot. Cet enfant est dans la vie réelle. Les plus jeunes sont dans le bons sens et il n’y a pas que les garçons qui jouent au foot. Des cages de foot ce n’est pas sexiste. Mais on voit bien que les verts veulent en finir avec nos fondamentaux. Ils veulent dégenrer, généraliser l’écriture inclusive. C’est d’ailleurs en route au Conseil Régional, on le verra bientôt avec l’écriture inclusive. On va voir des «dingueries» dans notre région».

Il y a une question de fond sur les arbres dans le Morvan. Vous êtes pour les feuillus ou les résineux ?
«Il y a déjà un équilibre précaire. Il ne faut pas bouleverser ce qui existe. Il faut viser un équilibre entre la biodiversité et les activités économiques. Il faut de l’exploitation forestière, mais il ne faut pas que des exploitants. Il faut une position claire, comme sur le loup…»

…C’est-à-dire ?
«Les Verts sont de farouches défenseurs du loup et d’une cohabitation avec les éleveurs. Mais cette cohabitation est impossible, car on l’a vu, le loup décime les troupeaux. On demande qu’il soit régulé. Il faut donner aux éleveurs les moyens de se protéger, y compris en tirant le loup».

Vous avez aussi décidé de vous rendre à Nevers. Pourquoi ?
«Oui nous avons décidé de nous rassembler devant l’Hôtel de Ville, pour contester et dénoncer l’annonce du Maire Denis Thuriot de se déclarer favorable à l’accueil des migrants afghans. On sait aujourd’hui que ces migrants représentent un risque. On ne veut pas avoir à payer le prix d’une immigration anarchique. Ils se sont déjà manifestés par le passé à Dijon, Auxerre, Joigny, par des actes inacceptables. Il y a un vrai problème de sécurité de nos concitoyens».

Des Afghans ont pourtant travaillé pour la France et étaient en danger s’ils restaient à Kaboul…
«On est pour les accueillir, mais ils ne sont que quelques dizaines. Pas des centaines, pas des milliers. En 2020, sur les 35.000 afghans qui avaient quitté leur pays, 92% étaient des hommes. Il ne faut pas se voiler la face. Il y a des risques terroristes. Certains ont été identifiés après avoir été identifiés dans les avions par d’autres migrants. Ces arrivées massives de migrants auront des répercussions».

Votre autre sujet de rentrée ?
«Le pouvoir d’achat, car il est central. Le prix des carburants est revenu au niveau qui avait précédé la crise des gilets jaunes. Le gaz et l’électricité augmentent. Tout cela est conjugué à la crise économique».

Le conseil départemental de Côte-d’Or a décidé de fixer cette année encore à 2 euros le prix des repas dans les cantines. Vous approuvez ?
«C’est une bonne chose, incontestablement. Mais dans le même temps, Monsieur Sauvadet a fait voter un vœu pour l’accueil des migrants afghans.
Nous pensons qu’il y a d’autres priorités pour nos concitoyens. En Bourgogne – Franche-Comté on dénombre 400.000 pauvres sur les 13 millions que compte la France. Ils n’ont pas trois repas par jour, ne se soignent pas. C’est pour cela que nous demandons à prioriser les dépenses sociales. On ne peut pas entretenir la misère sociale en ne faisant pas les bons choix. Notre priorité en Bourgogne – Franche-Comté ne doit pas être la politique internationale, mais les habitants de notre région».

Serez-vous candidat aux législatives ?
«Je ne réponds pas à cette question pour le moment. Je suis déjà candidat pour Marine Le Pen à la Présidentielle».

Eric Zemmour vous inquiète-t-il ? Marine Le Pen a refusé de débattre avec lui…
«Déjà il n’est pas candidat. La situation d’aujourd’hui est trop facile pour lui. Il est chroniqueur et continue de parler comme il le souhaite, alors que nous sommes en campagne. La politique c’est un projet global. Il faut une expérience, de la résilience. On voit bien que Marine Le Pen a eu raison sur beaucoup de sujet. Ce n’est pas parce que Monsieur Zemmour fait des chroniques que cela fait de lui un candidat crédible. On ne s’improvise pas candidat».

Et Arnaud Montebourg qui annonce sa candidature et défend le «made in France» ?
«Il est très clair qu’avec Monsieur Montebourg, on peut se rejoindre sur des sujets et des questions : Le rejet d’une mondialisation, la réindustrialisation de notre pays, le protectionnisme, le «made in France». Arnaud Montebourg ferait mieux de soutenir Marine Le Pen qui est la seule à pouvoir faire gagner ses idées. Tout seul, il n’y arrivera pas. Il prendre juste quelques voix par ci et par là… et notamment à Madame Hidalgo».
Recueilli par Alain BOLLERY



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