
Après Autun en septembre 2024, c’est à Beaune, ce jeudi que Julien Odoul et les élus du Rassemblement National au Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté ont effectué leur rentrée. Avec trois sujets : Le vote de confiance et la perspective d’une dissolution. ET évidemment l’élection du nouveau Président à la Région, avec des mots très durs à l’adresse de Jérôme Durain et une nouvelle main tendue à Gilles Platret.

Il faut croire que pour le Rassemblement National, les planètes sont en train de s’aligner. C’est en effet tout sourire que Julien Odoul, le patron du Rassemblement National en Bourgogne – Franche-Comté, et proche de Jordan Bardella, ouvre la conférence de presse de rentrée qu’il avait programmée au milieu des vignes à Beaune. Mais à l’abri, car dehors les chutes de pluie étaient conséquentes.
«On organise cette journée pour se retrouver, mais aussi et surtout pour parler de notre travail de terrain. Ecouter les entrepreneurs, les artisans… Aller au plus près. Ne pas se contenter de siéger. Savoir ce qui marche, ne marche pas. Préparer un programme d’alternance. La prochaine échéance c’est 2028», dit tout d’abord Julien Odoul.
Une introduction avant de plonger dans la politique nationale : «Lundi soir, vers 18 / 19 heures on n’aura plus de Gouvernement. Bayrou n’aura plus la confiance. C’est un pied de nez à l’endroit des représentants de la nation et de nos concitoyens. Mauvais choix, dette terrifiante, alors qu’il avait dit qu’il allait redresser la situation», tacle l’élu du RN.
«Une confiance injustifiable et intolérable»
Et de parler d’une «confiance injustifiable et intolérable. On rejettera la confiance avec force. Ce que propose Monsieur Bayrou, c’est punir nos concitoyens en faisant peser sur leurs épaules une responsabilité qu’ils n’ont pas. Du soutien à Hollande à Macron il a toujours fait les mauvais choix».
Julien Odoul ne veut pas de la suppression des jours fériés… «Il refus de s’attaquer à l’immigration. Oui il faut réduire le train de vie, ne plus accueillir et financer la misère du monde.
On est les seuls à proposer d’économiser 60 milliard sur l’immigration. Mais aussi 60 milliars sur les dépenses de l’Etat avec tous les comités».
Pour le Rassemblement Nationale, une seule solution : «Il faut retourner aux urnes pour une nouvelle majorité, ou la démission du Président de la République. IL suscite un rejet inédit dans le pays.
«Nous somme le 1er parti»
La nomination d’un autre gouvernement sera censurée. Nous sommes prêts pour les élections législatives. En Bourgogne – Franche-Comté, nous sommes le premier parti. On a gagné 13 circonscriptions sur 27 en 2024», souligne le leader du RN, oubliant la circonscription perdue en juin dernier par Arnaud Sanvert en Saône-et-Loire… Ce qu’il admet quand on lui fait remarquer.
L’heure est ensuite de passer à l’élection du nouveau Président du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté : «Il y a une journée très spéciale demain – vendredi 5 septembre -, avec une assemblée qui n’aurait pas dû avoir lieu. Ce sera une assemblée générale socialiste. Monsieur Durain ne sera pas élu Président, mais 1er secrétaire fédéral socialiste de la Bourgogne – Franche-Comté. Une région condamnée par l’idéologie de gauche et de l’extrême gauche. Leur obsession c’est faire barrage au Rassemblement National.
«Monsieur Durain ne connait pas la Bourgogne – Franche-Comté»
Madame Dufay a été condamnée par son propre bilan. C’est une illusion de changement. Cela va intéresser très peu les Bourguignons et les Francs Comtois».
Le patron du groupe RN à la Région concentre ses attaques sur le futur Président : «Jérôme Durain est le moins légitime. En dix, une dizaine de déplacements, tous ultra politisés. Pour aller voir sa clientèle dans la Nièvre. Il n’est pas venu une seule fois dans l’Yonne. Nous on est allé dans tous les départements.
Jérôme Durain ne connait pas la Bourgogne – Franche-Comté et on lui confie la Région. C’est une déconnexion. Il ne connait pas les habitants, leurs difficultés, leurs atouts, les freins… On ne peut pas répondre politiquement aux enjeux quand on ne connait pas.
Il n’y a rien à attendre d’une élection mascarade. C’est une dernière tentative pour freiner l’ascension du Rassemblement National. Mais je le rappelle, c’est en Bourgogne – Franche-Comté que nous avons eu la plus importante progression en France».
«Gilles Platret a le mérite de la cohérence. Mais qu’est-ce qu’il fait de ses convictions»
Actualité oblige, Julien Odoul parle évidemment de la démission de Gilles Platret de son groupe et de sa sortie. Il n’y a pas d’autre exemple dans l’histoire récente. Mais Gilles Platret a le mérite de la cohérence et il a le souci de la démocratie. Il avait démissionné de la Présidence de la commission des finances. La droite s’est soumise, c’est une droite de collusion, elle n’a plus de colonne vertébrale. On en aura la confirmation lundi, avec le vote de confiance !»
Julien Odoul commet alors un petit faux pas, en ciblant Laurent Wauquiez… Car il n’a pas entendu que l’ancien Président d’Auvergne Rhône – Alpes a annoncé le matin même sur BFM qu’il ne censurerait pas le RN, mais qu’il censurerait le PS… Il en prend acte avec le sourire, et non sans plaisir…
Puis il revient sur Gilles Platret pour lui tendre une perche : «Il était à la tête d’un groupe hétéroclite avec pour certains de ses collègues un manque de sincérité. Mais les électeurs de Monsieur Platret n’ont pas glissé un bulletin pour Denis Thuriot. Gilles Platret va au bout du respect de ses convictions et de ses électeurs.
Ce qui manque, c’est : Qu’est-ce qu’il fait de ses convictions.
Une demande pour une coalition
L’an dernier, on avait tendu la main à Gilles Platret. Comme on l’a fait avec Eric Ciotti. Je renouvelle ma demande, pour constituer une coalition, pour construire une alternance. Nous avons des convictions très proches».
A la question de savoir si le RN pourrait soutenir Gilles Platret en cas de législatives anticipée, sur une circonscription que le RN a perdu au début de l’été, Julien Odoul réponde : «Ca ne se décide pas comme cela ; Il faut discuter.
Je l’appelle à la discussion et à un rassemblement, pour travailler ensemble. Eric Ciotti a gardé son identité. Ne pas se renier mais être pragmatique.
Avant 2028, il y a les municipales. Il faut barrer la route à la gauche ; Pourquoi pas être partenaire. On sait que Monsieur Durain sera encore plus dur, qu’avec lui ce sera encore plus de gabegie et d’immigration».
Le pari de «battre» Sébastien Martin
Il faut aujourd’hui 7 élus à la Région pour avoir un groupe. Pour Julien Odoul, «il serait légitime que Gilles Platret puisse avoir un groupe et que l’on puisse travailler ensemble».
Concernant les législatives proches à ses yeux, Julien Odoul se projette : «Je prends le pari que l’on battra Sébastien Martin». Mais de remarquer aussi au sujet d’une dissolution : «Avec Macron tout est possible».
Et de conclure en revenant sur le vote de confiance :«On a laissé sa chance à François Bayrou, on a été extrêmement patient. Il s’est entêté, il s’acharne, et il s’enfonce. Dans le mensonge»… En l’écoutant dire cela, on se demande si finalement le RN n’aurait pas préféré attendre le vote du budget plutôt qu’un vote de confiance.
Alain BOLLERY
