Recherche
POUR JOINDRE INFOS-DIJON
redaction.infosdijon@gmail.com (à privilégier)
SMS et MMS au 07 86 17 77 12
> Bourgogne - Franche-Comté > Bourgogne - Franche-Comté
12/11/2020 12:30

Marie-Guite Dufay : «La Région va mobiliser 7,3 millions d’euros supplémentaires pour les commerçants et les artisans et 2 millions pour les élèves infirmiers»

Au cours d’une visioconférence, la Présidente du Conseil Régional de Bourgogne – France-Comté a annoncé une mobilisation des moyens face à la crise, dont les effets sont dans son viseur.
La dette va être portée de 2,5 à 9 ans. «Nous n’augmenterons pas la fiscalité, je m’y engage»... ...400 millions de plus pour les investissements... ...Pas touche au sport et à la culture... ...4000 entrées de plus en formation....

«Nous voici de nouveau en mode printemps. L’assemblée de ce vendredi 13 novembre aura lieu en mode restreint. J’ai hésité, il y a eu débat entre les différents groupes. La visio complète n’était pas gage de sécurité, car certains élus sont dans des zones difficiles. On sera donc en mode restreint», a annoncé Marie Guite Dufay, ce jeudi matin, au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue en vision.
«Cette assemblée sera ordinaire, puisqu’elle sera dédiée au débat d’orientation budgétaire, tout en étant extraordinaire, car nous n’avons jamais débattu dans des conditions de brouillard, comme c’est le cas aujourd’hui.
On n’a jamais vu de telles incertitudes. D’ailleurs on va faire une troisième modification modificative. Avec une décision pour les commerçants et une pour les élèves infirmiers» a souligné d’entrée la Présidente de Région.

6 euros par habitant
Et de préciser : «Pour les commerçants qui ont été obligés de fermer, gravement impactés, qui repris du tonus et sont à nouveau en difficultés, on avait mis en place une procédure précise et particulière. On avait mis les intercommunalités en 1ère ligne. On avait passé alors un pacte pour faire assurer par les EPCI les mesures de la Région que nous leurs concédons. Pour intervenir en investissement et en fonctionnement. Nous avons 6 euros par habitant, donc 4 pour l’investissement, et 1 par la région pour le fonctionnement et 1 par les EPCI.
Cela se passe bien, notamment sur les investissements, avec un sujet, notamment sur la digitalisation des commerces. On avait prévu à la numérisation des commerces, d’aider les livraisons. Aujourd’hui avec le click et retrait, on voir combien la numérisation est importante. Nous l’avions anticipé, ça marche».
Sauf que la donne a changé avec le deuxième confinement de l’année 2020 face à la pandémie. Marie-Guite Dufay se veut lucide : «On voit bien la difficulté sur les charges. Nous allons permettre aux EPCI d’intervenir sur les paiements de loyer. On mettra jusqu’à 2 euros en plus. Le Creusot, j’en ai l’exemple, va aller bien au-delà. On ne demande pas la parité aux intercommunalités de moins de 15.000 habitants. Cette mobilisation, c’est 7,3 millions d’euros dont 5,6 millions pour le fonctionnement, c’est-à-dire pour les charges et surtout les loyers que les commerçants et les artisans ne parviennent plus à payer.

Attention à la formation des infirmiers

Concernant la rémunération des infirmières de première et de deuxième année le dispositif est sans surprise : «Nous intervenons à hauteur de 2 millions. Au printemps dernier, les élèves étaient en stage et on leur avait demandé d’intervenir dans les hôpitaux. Là il faut que les IFSI fassent attention que la formation ne soit pas compromise. Nous demandons  aux IFSI des mesures pour les rattrapages, pour que les formations ne soient pas abimées» (lire le communiqué de l'ARS).

La Présidente de la Région a aussi annoncé un ajustement avec la SNCF de 3 millions d’euros».

Le budget 2021 sera voté en décembre, «car il est attendu»

«Nous allons débattre de l’avenir. Le DOB c’est un débat. Le budget sera soumis dix semaines plus tard. Les choses vont se faire dans un contexte complexe et incertain. On aurait pu se dire que l’on aurait pu repousser les choses et voter le budget en janvier. Je n’y suis pas favorable, car le budget attendu et il doit être opérationnel dès janvier.

4000 places supplémentaires en formation

Les orientations ont été travaillées et elles n’ont jamais été autant d’actualité :
1 – Préserver l’emploi. Avec le levier de la formation des demandeurs d’emplois. Nous prévoyons 4000 places supplémentaires, avec un budget supplémentaire qui vient de l’Etat
2 – Accélérer ce qui relève de la transition énergétique. Il s’agit de poursuivre sur notre ligne.
3 – Contribution au vivre ensemble, avec la solidarité avec les territoires».

400 millions de plus pour les investissements

La Président de Région ne manque pas de souligner que les orientations vont intégrer l’effort décidé en octobre. «On va arriver à 400 millions de financement supplémentaires d’investissements. L’essentiel sera activé le 20 novembre, à la prochaine commission permanente.
Nous avons une volonté d’être dans une prospective pluriannuelle, pour que notre collectivité puisse bénéficier de 2 milliards d’intervention. L’aide à l’investissement dans notre économie est toujours notre priorité. Nous avions une capacité de désendettement bien inférieure d’autres régions, de deux années et demi on passe à neuf ans.
C’est un cap à ne pas trop dépasser pour ne pas mettre en danger nos équilibres budgétaires.
Soit on faisait rien, soit on tapait un grand coup et on dégradait. J’ai décidé qu’il fallait frapper un grand coup, c’est le moment. Nos efforts dans les précédents exercices budgétaires l’ont permis. La grande question ce sont les recettes. Mais à ce jour nous n’avons aucune certitude. Cela va dépendre de l’activité économique.
L’Etat a garanti que l’on retrouvera ce que l’on perd. On a aussi recettes de TVA, recettes sur la fiscalité du carburant. On les a inscrites en baisse. Cela sera-t-il suffisant, en espérant qu’elles ne seront pas plus importantes. On devra avoir un pilotage comme nous ne l’avons jamais eu !»

20 millions provisionnés pour les pertes des TER

Marie Guite Dufay poursuit : «On a tablé sur une augmentation de 1,5% ce qui est moins que d’habitude.
Il y a par exemple la dimension de la fréquentation des TER. On a provisionné 20 millions de pertes de recettes. On est en discussion avec l’Etat, pour qu’il compense. On n’aura pas de chiffres précis, avant le 1er trimestre 2021.
Je me doute que le débat que nous aurons se concentrera sur les dépenses. Mais si c’est uniquement sur les dépenses, il sera vain.
Tous les recrutements prévus ne seront pas effectifs au 31 décembre».

Pas touche au sport et à la culture

Et d’estimer dans la perspective du DOB ce vendredi : «On va revenir au sujet sur lequel on dépenserait trop. Une collectivité a besoin de recettes. Le débat passe par un dialogue avec l’Etat. Si on veut réduire, il faut aller sur les grandes masses.
Formation des demandeurs d’emploi : On ne peut pas toucher à ce poste.
Les Lycées : Restreindre les dépenses, ça voudrait dire restructurer. Oui nous sommes une région de France qui a parmi le plus grand nombre de lycées. Mais nous avons un grand nombre de lycées professionnels. Y toucher je n’y pense pas.
L’administration, on ne peut pas y toucher au moment où on en a le plus besoin !
Oui la culture et le sport, l’enseignement supérieur, ce n’est pas obligé. Mais alors que ces secteurs souffrent, on va continuer».
Pour la Présidente de région, le vrai débat est sur la question d’un pilotage à partir des recettes que nous saurons au mois de janvier. Interrogée par nos soins, elle est catégorique :  Il n’y aura aucune augmentation de la fiscalité, je l’y engage»
Alain BOLLERY

Elections : «Soit en juin, 
soit après la Présidentielle»
Au sujet du calendrier des élections régionales qui étaient prévues en mars et dont il est pressenti qu’elles soient reportées en juin, Marie-Guite Dufay commente : «Il me semble aujourd’hui que les esprits s’accordent pour un report en juin. Pour moi c’est ou juin ou après les Présidentielles. Je ferai connaître ma décision au mois de mars pour le mois de juin, sur ma candidature ou non à un autre mandat»

«Je ne crois pas à l’aéroport de Dole»
Je ne crois pas au modèle économique de l’aéroport de Dole, avec des entrants plus nombreux que les sortants. Mais les 450.000 euros de fonctionnement seront inscrits au budget 2021.

Vente des hospices de Beaune : Logique
Interrogée par nos soins au sujet du maintien de la tenue de la vente des Hospices de Beaune, Marie Guite Dufay estime : «C’est logique car c’est la logique du travail ! La vente renvoie à des enjeux extrêmement importants pour la viticulture. Il n’y a pas besoin de personnes présentes pour des questions protocolaires, donc je ne m’y rendrai pas».