Le préfet de la Nièvre prend des mesures de façon à «augmenter les prélèvements» parmi la population de sangliers qui «causent des dégâts sans précédent» dans les cultures.
Communiqué du préfet de la Nièvre du 5 novembre 2026 :Les pluies arrivées après plusieurs mois d’une sécheresse record ont conduit les sangliers à chercher dans les champs des protéines dont ils ont été privés pendant une longue période.
Dans ces conditions climatiques, qui ne sont pas propres à la Nièvre, les sangliers sillonnent les prairies et semis de céréales causant des dégâts sans précédent, éprouvant un peu plus les exploitations agricoles qui connaissent une situation plus que difficile.
Même si les chasseurs prélèvent des sangliers dans les mêmes proportions que l’année dernière à la même période et même si les interventions administratives des louvetiers, tirs de nuit et battues, sont supérieures à l’année dernière, les dégâts se multiplient depuis quelques semaines.
Pour faire face à cette situation, le Préfet de la Nièvre a réuni la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage (CDCFS) ce 5 novembre 2026 pour proposer des mesures énergiques, à même de réduire la pression des sangliers sur les cultures.
Avec une volonté commune de lutter contre les dégâts de sanglier, les représentants des chasseurs et des agriculteurs ont approuvé les mesures suivantes :
Deux mesures réglementaires fortes pour augmenter les prélèvements :
- le sanglier est classé espèce susceptible d’occasionner des dégâts (ESOD) sur l’ensemble du département (au lieu de 22 communes auparavant), ce qui autorise la mise en oeuvre des techniques de piégeage ;
- la chasse en battue des grands gibiers, actuellement limitée à 4 jours par semaine, est étendue à l’ensemble des jours de la semaine à partir du mardi 17 novembre. La chasse à l’approche et à l’affût reste possible tous les jours avec un dispositif fluorescent.
Une mesure incitative sur le prix des bracelets :
Par ailleurs, la Fédération Départementale des Chasseurs (FDC 58) a annoncé une mesure incitative sur le prix des bracelets dont doivent s’acquitter les chasseurs pour prélever un sanglier. Le prix unitaire de 20€ sera abaissé à 10€ pour les territoires de chasse qui prélèvent au moins 10 sangliers, à partir du moment où ils auront dépassé de 10 % les prélèvements de la dernière saison cynégétique.
L’Etat, les chasseurs et les agriculteurs renforcent leur coordination pour faire front commun contre les dégâts de sangliers :
- les agriculteurs privilégieront comme premier contact pour lutter contre les dégâts les responsables de chasse de leur territoire ;
- les agriculteurs qui sont chasseurs sont invités à se rapprocher des équipes de chasse pour conduire des actions communes ;
- la prévention des dégâts aux cultures par la mise en place de clôtures doit trouver de nouvelles perspectives. Actuellement, la FDC 58 y alloue (entre matériels et subventions pour le suivi et l’entretien de clôtures) un budget de 100 k€/an. Un projet de convention départementale est en cours de finalisation entre la FDC et la profession agricole pour développer et mieux coordonner ces actions ;
- les interventions administratives effectuées par les lieutenants de louveterie, viennent en complément de l’action des chasseurs et nécessitent des échanges pour une efficacité maximale :
- L’État et la Fédération des Chasseurs vont établir une cartographie des territoires non chassés, qui permettra de programmer des battues administratives ciblées ;
- Les interventions administratives répondront désormais à une gradation :
• tirs de nuit sur les parcelles agricoles qui subissent des dégâts significatifs ;
• battues administratives en proposant d’associer les territoires de chasse concernés dans le cas où les sangliers seraient remisés dans un endroit non chassé ou si les chasseurs ne sont pas en mesure de les déloger ;
• battues administratives unilatérales en cas de carence avérée d’un territoire de chasse ;
- au regard de la croissance des besoins d’interventions administratives, l’État lancera dans les prochains jours un recrutement complémentaire de lieutenants de louveterie.
C’est la solidarité entre agriculteurs, chasseurs et services de l’État qui permettra de faire face à la prolifération des dégâts de sanglier. Les décisions prises ce jour illustrent cette volonté commune, qui doit maintenant se traduire concrètement sur le terrain, avec la pleine mobilisation de tous.