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19/05/2024 15:11
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NOUVELLE-CALÉDONIE : Le RN propose un «quatrième référendum» dans 40 ans

«Nous sommes pour une Nouvelle-Calédonie française !» a déclaré le porte-parole du Rassemblement national Laurent Jacobelli, ce vendredi 17 mai, à Beaune, en précisant la proposition de Marine Le Pen en réaction des émeutes actuelles.
Le sujet d'actualité des émeutes en Nouvelle-Calédonie s'est invité dans la réunion publique à laquelle Laurent Jacobelli a participé, ce vendredi 17 mai 2024, à Beaune.

Interrogé, avec beaucoup d'émotion, par une sympathisante concernée personnellement par la situation de ce territoire ultra-marin, le porte-parole du Rassemblement national a été amené à préciser la position de Marine Le Pen qui, en réaction aux émeutes actuelles, a semblé avoir évolué au regard du historiquement affiché aux loyalistes.

Le 13 mai dernier, à l'Assemblée nationale, les députés RN ont voté en première lecture pour le projet de loi constitutionnelle portant modification du corps électoral pour les élections au congrès et aux assemblées de province de la Nouvelle-Calédonie. Le parcours législatif du texte est censé se clore par un vote du parlement, un congrès désormais incertain.


«Nous sommes pour une Nouvelle-Calédonie française !»


Laurent Jacobelli : «On a voté pour la loi qui est passée. Il y avait un gel du corps électoral, c'est à dire qu'il était figé. Ça veut dire que 20% des gens qui habitaient la Nouvelle-Calédonie, en ayant le droit d'habiter, en étant Français, ne pouvaient pas voter aux élections locales néo-calédoniennes. C'était quand même bizarre. Ce projet de loi revient là-dessus, ce qui paraît une évidence.»

«Nous sommes pour une Nouvelle-Calédonie française ! Nous ne voulons pas lâcher les Néo-Calédoniens qui, par trois fois - il y a eu trois référendums –, ont fait le choix de la France.»

«Le gouvernement a voulu imposer sa loi vite et sans dialogue»


«Là où on critique le gouvernement, c'est qu'il y a un mois, Marine Le Pen a appelé Gérald Darmanin : 'votre projet de loi est très bien mais ce n'est pas du  tout le bon moment parce que, en Nouvelle-Calédonie, il y a d'autres habitudes''. L'habitude là-bas, c'est le dialogue long. Depuis les accords de Matignon puis de Nouméa, il y avait, chaque année, formellement, un dialogue entre les indépendantistes et les loyalistes. De ces dialogues arrivaient des consensus qui faisaient que, depuis 30 ans, on vivait relativement en paix en Nouvelle-Calédonie où, je rappelle, il n'y a que des Français. Des Français kanaks, des Français dit caldoches, des Français venus d'ailleurs aussi. Depuis 2019, le gouvernement a arrêté les dialogues annuels.»

«Un peu à la manière d'un 49-3, le gouvernement a voulu imposer sa loi vite et sans dialogue. Ça a heurté complètement le mode de vie et la façon de faire des Néo-Calédoniens. C'est mal passé auprès des partis indépendantistes. Surtout, il y a toute une jeunesse qui a complètement échappé aux partis indépendantistes. Une jeunesse, dans celle qui se révolte, qui a déjà, très souvent, sombré dans la délinquance, et qui, un peu à l'image des émeutes de l'été dernier en France [métropolitaine], a saisi l'ambiance tendue pour semer le chaos. Clairement, nous sommes pour le retour de l'ordre en Nouvelle-Calédonie.»

Le député reproche ainsi au ministre de l'Intérieur de ne pas avoir eu «la vigilance» d'envoyer «des renforts de gendarmerie» en amont du vote de l'Assemblée nationale sur la réforme du corps électoral de Nouvelle-Calédonie.

Dans 40 ans, «un quatrième référendum»


«Marine [Le Pen] a proposé le quatrième référendum. Maintenant que l'on est dans cette situation, clairement, les indépendantistes vont vouloir à nouveau imposer l'idée d'une Nouvelle-Calédonie en dehors de la France. Autant le prévoir. L'idée de Marine [Le Pen], c'est de dire ''faisons d'abord des accords globaux'', dans lesquels on parle d'économie, de structure électorale et d'indépendance. Dans ces accords globaux, on dit que dans 40 ans, il y aura un référendum. Pourquoi 40 ans ? Aujourd'hui, le problème de la Nouvelle-Calédonie, c'est que beaucoup d'entreprises ne veulent pas investir alors qu'il y a un très bon potentiel. Ils disent que ''si ça se trouve, dans trois ans, l'île changera de statut''. Si vous leur donnez un laps de temps de 40 ans, signé par toutes les parties, vous donnez une chance à la Nouvelle-Calédonie d'avoir des investissements et donc un avenir économique et donc une meilleure entente entre les habitants.»

Laurent Jacobelli raille la position de La France insoumise


«Nous voulons une Nouvelle-Calédonie au sein de la France mais une Nouvelle-Calédonie en paix, cela veut dire un dialogue permanent entre ceux qui habitent depuis des générations et ceux qui sont arrivés plus récemment», synthétise-t-il, ce qui l'amène à railler la position de La France insoumise sur le sujet.

«La France insoumise dit qu'''il est normal d'exclure du vote ceux qui sont arrivés dernièrement parce que ceux qui arrivent en dernier dans un pays sont des colons''. Je me suis permis de dire à mon interlocuteur de La France insoumise : ''j'espère que cela marche aussi pour la Seine-Saint-Denis''», lance-t-il sous les applaudissements. «Ils veulent le droit de vote des étrangers donc les Français néo-calédoniens en Nouvelle-Calédonie pourraient ne pas voter mais des étrangers en France pourraient voter, ça n'a aucune logique !»

«Les mines sont convoitées par tout le monde»


«Partout dans le monde, quand on vous interdit de donner votre avis, votre seule manière d'exprimer, c'est la colère. Je n'excuse pas. Je rappelle que nous voulons le retour rapide de l'ordre en Nouvelle-Calédonie. Rien n'excuse qu'on mette le feu, rien n'excuse qu'on agresse. Les gens qui ont fait ça doivent être arrêtés et emprisonnés. Le mieux est d'éviter que ça se passe, dans une démocratie, dans une république, il faut parler avec les gens après la majorité décide. Vous ne pouvez pas le faire en sautant à pieds joints sur le dialogue.»

«Les mines, là-bas, sont convoitées par tout le monde», acquiesce finalement Laurent Jacobelli alors que l'assistance évoque l'intérêt de la Russie, de la Chine ou encore de l’Azerbaïdjan pour ce territoire de la zone indopacifique.

Propos recueillis par
Jean-Christophe Tardivon

Laurent Jacobelli fustige la «préférence étrangère»


Selon Laurent Jacobelli, «le premier des complices de l'Union européenne, c'est Emmanuel Macron»



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