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26/10/2020 03:24

PLAN JEUNES : Élisabeth Borne annonce le renforcement des emplois francs

Un + vient s'ajouter aux emplois francs pour favoriser les embauches des jeunes de moins de 26 ans qui résident dans un quartier politique de la ville. Un employeur peut recevoir une aide allant jusqu'à 17.000 euros sur trois ans. Le vendredi 23 octobre, la ministre du Travail s'est rendue dans une agence Pôle Emploi à Dijon pour accompagner cette annonce.

Expérimenté depuis avril 2018, le dispositif d’emplois francs avait été généralisé début 2020 aux 1.500 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) de France. Il avait pour objectif de permettre aux employeurs de bénéficier d’une aide financière pour l’embauche de toute personne sans emploi résidant dans un tel quartier mais le dispositif s'est heurté aux effets du confinement.

Pour relancer les emplois francs, le 22 octobre 2020, Élisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, et Nadia Hai, ministre déléguée chargée de la Ville, ont annoncé le renforcement du dispositif pour encourager l’emploi des jeunes issus des quartiers prioritaires : les «Emplois francs +».

Dès le 23 octobre dernier, Élisabeth Borne était à Dijon pour faire connaître ce renforcement du dispositif en rencontrant des conseillers Pôle Emploi, des entrepreneurs et des bénéficiaires. Les échanges ont eu lieu dans l'agence Pôle Emploi de la zone Valmy. Pour cette séquence, Élisabeth Borne arborait un masque de protection bleu de la gamme Résilience de l'entreprise d'insertion Id'ées (lire notre article sur l'atelier situé à Chenôve).
La ministre a été accueillie par Annicet Loembe (directeur régional adjoint Pôle Emploi Bourgogne-Franche-Comté), Jean-François Locatelli (directeur territorial Pôle Emploi Côte-d'Or) et Nathalie Santiard (directrice de Pôle Emploi Dijon Nord). Parmi la délégation étaient présents : Didier Martin (député LREM de la Côte-d'Or), Yolaine de Courson (députée EDS de la Côte-d'Or), Marie-Guite Dufay (présidente PS du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté), Christophe Berthier (adjoint au maire PS de Dijon), Jean-François Chanet (recteur de région académique Bourgogne-Franche-Comté), Jean Ribeil (directeur régional de la DIRECCTE), Carine Seiler (haut-commissaire aux compétences) et Fabien Sudry (préfet de la Côte-d'Or).

Des demandeurs d'emploi ayant besoin d'un accompagnement «intense et personnel»


«Le diagnostic que nous avons réalisé au niveau de la Côte-d'Or auprès des agences Pôle Emploi en septembre dernier montre que nous avons encore une catégorie de demandeurs d'emploi qui sont en difficulté notamment les jeunes, qualifiés ou non, les habitants des quartiers prioritaires de la ville, les personnes reconnues travailleurs handicapés et les bénéficiaires des minimas sociaux» explique Jean-François Locatelli dans un contexte où le taux de chômage en Côte-d'Or s'établit à 5,6% au deuxième trimestre 2020.

Ces publics ont donc besoin d'un accompagnement «intense et personnel» comme le qualifie le responsable de Pôle Emploi qui entend déployer les actions liées au plan de relance et au plan un jeune une solution.

L'agence de Dijon Nord couvre à la fois des secteurs ruraux et des secteurs urbains, ceux-ci regroupent neuf quartier prioritaires de la ville. À ce jour, 21 emplois francs ont été suivis par l'agence dans des secteurs d'activité variés. Les bénéficiaires présentent, eux aussi, une grande variété dans les profils allant de l'absence de qualification au bac+3 en informatique.

Des préjugés liés aux adresses


Du côté des entreprises, Françoise Flamand (fondatrice de l'entreprise Vitalfa produisant des graines germées), Émilie Emerard (gérante de l'entreprise Vitalliance intervenant dans le secteur de l'aide à domicile) et David Néron (directeur de Maison et services à Dijon, spécialisée dans le service à la personne) ont exposé leur expérience de recrutements d'emplois francs, certains étant présents pour s'exprimer à leur tour.

Les jeunes témoins ont mis en avant la difficulté de trouver un travail quand on réside au Mail à Chenôve ou à la Fontaine d'Ouche à Dijon. Avec humour, Jérémie, 19 ans, indiquant même qu'il apparaît presque suspect d'habiter Chenôve et de ne pas être connu de la police parce qu'on a un travail et des activités régulières. Toujours est-il que l'ensemble des témoignages convergent plus pour regretter des préjugés des employeurs liés à l'adresse du demandeur d'emploi plutôt qu'au patronyme ou à l'origine supposée.

De ce fait, certains jeunes indiquent comprendre qu'ils ont à faire leurs preuves pour pérenniser une embauche. Ainsi, Najib, 21 ans, indique qu'après trois périodes de stage, il a été recruté en CDI par Vitalfa.

Face à cela, Jean-François Locatelli a rappelé que Pôle Emploi anticipe les besoins des entreprises : «on pousse les CV de manière à faire allumer certaines lumières chez les employeurs». Nathalie Santiard a abondé dans ce sens pour Dijon Nord : «c'est à nous d'apporter les candidatures sans mettre tout de suite l'accent sur les emplois francs, on met déjà en avant les compétences». Les emplois francs venant en plus.

En revanche, l'agence Pôle Emploi qui recouvre le quartier des Grésilles organise des opérations spécifiques «jeunes QPV» pour les entreprises. Haut-commissaire aux compétences, Carine Seiler a souligné dans ce cadre l'intérêt des prestations permettant de travailler sur les savoir-être : «il y a un vrai coaching qui se fait pour amener jusqu'à l'employeur».

Côté entreprise, Émilie Emerard a mis en perspective les aides reçues avec le budget global d'une structure : «c'est une aide précieuse parce que, finalement, c'est des sous qui peuvent à un moment, être réinjectés dans d'autres choses comme la fidélisation de nos salariés ou mettre du personnel supplémentaire sur le pôle recrutement, ce qui est pour nous très compliqué».

«Un enjeu d'égalité des chances dans notre pays»


«C'est un dispositif qui nous tient à cœur» a insisté Élisabeth Borne pour présenter les «Emplois francs +» : «la priorité du gouvernement, c'est l'emploi des jeunes et de tous les jeunes. Je ne peux pas accepter que certains jeunes ne puissent pas accéder à un emploi parce qu'ils n'ont pas la bonne adresse ou parce qu'ils n'ont pas les bons codes».

«On a souhaité prolonger le dispositif mis en place par le président de la République au début du quinquennat et même le renforcer. On a une aide qui va augmenter pour une embauche d'un jeune venant des quartiers prioritaires de la ville, qui va passer à 7.000 euros la première année pour une embauche en CDI» a synthétisé la ministre.

Au-delà de l'aspect financier, Élisabeth Borne a voulu mettre en avant l'accompagnement par Pôle Emploi «pour rassurer les entreprises sur le fait que le jeune, il n'a peut-être pas les codes, mais on va avoir travaillé avec lui en amont pour lui donner les codes et, ensuite, dans la vie de l'entreprise, on pourra continuer à l'accompagner au-delà de l'embauche pour qu'il s’intègre au mieux dans l'entreprise».

«Je me réjouis de voir qu'il y a des employeurs qui se sont déjà saisis de ce dispositif. On a des bons résultats ici en Côte-d'Or et on veut encore amplifier ce dispositif : (...) la République marche sur ses deux jambes, on a des règles qui s'impose à tous mais ensuite chacun doit savoir qu'il a sa place dans la société et donc dans le monde du travail» a martelé la ministre.

«Les employeurs jouent bien le jeu. On en a forcément qui ont des réticences. Il ne faut pas se cacher que parfois une adresse, ça peut conduire à dire 'ce CV, je ne le prends pas' mais on voit aussi que l'on a des chefs d'entreprise qui ont pu témoigner qu'ils avaient embauché des jeunes venant des quartiers prioritaires et qu'ils en sont complètement satisfaits» a-t-elle résumé.

«Une prime, c'est une façon de dire 'le gouvernement vous invite à faire attention aux jeunes de ces quartiers qui doivent pouvoir entrer dans le monde du travail'» a expliqué Élisabeth Borne concernant le principe d'un dispositif qui s'insère aux côtés d'autres solutions pour contourner les éventuels préjugés de la part des employeurs.

«Il faut jouer sur les deux leviers : à la fois dénoncer les entreprises qui font de la discrimination mais aussi, en même temps, entendre les messages et se dire que l'on doit bien accompagner les jeunes pour qu'ils aient les mêmes chances. C'est vraiment un enjeu d'égalité des chances dans notre pays» aux yeux d'Élisabeth Borne.

Avec 6,7 milliards d'euros, le plan #1jeune1solution lancé en juillet dernier a l'objectif de tripler les moyens dédiés à l'emploi et à la formation des jeunes. «On ne veut aucun jeune sans solution malgré la situation difficile» dixit la ministre.

Jusqu'à 17.000 euros sur trois ans pour un recrutement en CDI


Selon le ministère du Travail, les emplois francs consistent en une aide financière versée à tout employeur privé qui recrute un demandeur d’emploi ou un jeune suivi par une mission locale résidant dans un quartier prioritaire de la politique de la ville, dans le cadre d’un CDI ou d’un CDD  d’au moins six mois :

- 15.000 euros sur 3 ans pour une embauche en CDI (5.000 euros par an) ;
- 5.000 euros sur 2 ans pour une embauche en CDD d’au moins 6 mois (2.500 euros par an).

Depuis le lancement du dispositif en avril 2018, 35.000 emplois francs ont été conclus.

Afin de limiter l’impact de la crise sur l’insertion des personnes éloignées de l’emploi et notamment des jeunes issus des quartiers prioritaires, le gouvernement a décidé de prolonger et de renforcer le dispositif avec la création des « Emplois Francs + ». Ils consistent en une revalorisation du montant de l’aide versée, lorsque le recrutement concerne un jeune de moins de 26 ans. L’aide s’élève alors à :

- 17.000 euros sur 3 ans pour un recrutement en CDI (7.000 euros la 1ère année, puis 5.000 euros les deux années suivantes) ;
- 8.000 euros sur 2 ans pour un recrutement en CDD d’au moins 6 mois (5.500 euros la 1ère année, puis 2.500 euros l’année suivante).

Cette aide complémentaire sera versée pour les contrats signés entre le 15 octobre 2020 et le 31 janvier 2021 et permettra de donner un coup de pouce à la candidature des jeunes issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville.

L'entreprise peut cumuler la prime Emploi franc avec toutes les aides à l'embauche en contrat de professionnalisation. En revanche, cette prime n'est pas cumulable avec les autres aides de l’État à l'insertion, à l'accès ou au retour à l'emploi.

Jean-Christophe Tardivon

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