
«Édouard Philippe monte crescendo en puissance», s'est félicité le référent régional du parti de centre-droit, ce samedi 28 juin, à Dijon. «Si nous sommes unis, nous pouvons faire basculer Besançon», a-t-il envisagé tandis qu'Auxerre, Montbard, Semur-en-Auxois et Valdahon sont autant de cibles prioritaires de réélections.
Le parti fondé par Édouard Philippe a tenu sa première convention régionale, ce samedi 29 juin 2025, en réunissant, dans les salons d'un hôtel dijonnais, une cinquantaine de délégués venant de Bourgogne-Franche-Comté et même de Belgique au titre d'une des circonscriptions des Français établis à l'étranger.
La localisation rappelle l'importance que le parti de centre-droit accorde à Dijon puisque c'est déjà dans la cité des ducs de Bourgogne que s'était tenue la toute première réunion interne régionale, en 2022 (
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En amont, Alain Chrétien, référent régional, a présenté la stratégie d'Horizons pour les élections municipales de mars 2026. Le maire de Vesoul était entouré de Ludovic Rochette, délégué départemental en Côte-d'Or, également maire de Brognon et conseiller régional d'opposition, ainsi que de Henri-Bénigne de Vregille, délégué communal à Dijon et conseiller municipal d'opposition.
Plus de 500 adhérents en Bourgogne-Franche-Comté
Le 17 mai dernier, à Marseille, Édouard Philippe a rassemblé 1.500 militants et sympathisants venant régions Sud, Bourgogne-Franche Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie et de Corse pour partager notamment «sa vision de la justice et les grands changements qu’il prépare pour 2027 en la matière».
Parallèlement, le président du parti a demandé à ses représentants d'organiser des conventions régionales pour contribuer à structurer localement le parti et diffuser les orientations impulsées.
En Bourgogne-Franche-Comté, Horizons compte «entre 500 et 600 adhérents», répartis en 250 comités communaux. «Le parti devant s'ancrer dans les territoires, c'est désormais chose faite», se félicite le référent régional.
«Édouard Philippe monte crescendo en puissance»
«Édouard Philippe est quelqu'un qui prend son temps, qui prépare les choses et qui monte crescendo en puissance», glisse Alain Chrétien, «il est de plus en plus présent sur les médias». «Le prix de nos mensonges [NDLR : titre de son livre, un «pamphlet»], c'est un nous collectif, les Français, la classe politique... Il a le courage de relever cette hypocrisie.»
«Maintenant, [Horizons] est installé dans le paysage politique national», assure le Vésulien, «tout le monde se place par rapport à Édouard Philippe, à gauche ou à droite d’Édouard Philippe».
«LFI est une menace pour la République et la cohésion nationale»
«[Aux municipales], l'objectif principal est d'éviter, à tout prix, que Besançon et Dijon soient dirigées par des gens de La France insoumise, directement ou indirectement», assène Alain Chrétien. «Je ne dis pas que le Rassemblement national n'est pas une menace mais on se rend bien compte que les équilibres, aujourd'hui, montrent que la menace LFI est plus forte que la menace du RN.»
«LFI est une menace pour la République et la cohésion nationale», poursuit le tenant du libéralisme, «un maire est censé rassembler sa population dans un contexte apaisé, tout le contraire de ce que fait LFI dans les territoires».
«Construire un dialogue avec nos amis du bloc central»
En fonction de quoi, le référent régional d'Horizons envisage «un travail absolument indispensable de dialoguer avec les gens avec lesquels nous avons les valeurs les plus proches : Renaissance, le Modem ainsi que les Républicains».
«À Dijon et à Besançon, il est essentiel que l'on mette tout en œuvre pour construire un dialogue le plus efficace possible avec nos amis du bloc central», insiste-t-il, «à un moment donné chacun devra faire un pas vers l'autre et mettre ses égos dans sa poche». «L'objectif, c'est vraiment que La France Insoumise dirige nos capitales.»
«Édouard Philippe passe son temps à dire qu'il faut qu'on dialogue avec tous nos amis, qu'il faut un contrat de gouvernement au niveau national ; il faut aussi qu'on ait un contrat de gestion locale avec nos partenaires», développe Alain Chrétien, «parce qu'une ville, on la gère avec des partenaires, en particulier des villes très politisées, comme nos deux grandes villes de Dijon et de Besançon».
Éric Delabrousse, chef de file à Besançon
Le 29 avril dernier, Horizons a désigné Éric Delabrousse, chef du pole imagerie au CHRU de Besançon, comme chef de file pour préparer l'élection municipale à Besançon.
«Il a une volonté et une énergie particulièrement impressionnante», s'enthousiasme le référent régional. «Il structure ses réseaux, il est extrêmement présent. Tous les mois, il fait une réunion avec 70 personne pour réfléchir au projet pour Besançon.»
Alain Chrétien table sur l'aboutissement de discussions avec Laurent Croizier (Modem), député du Doubs et conseiller municipal d'opposition, et Ludovic Fagaut (LR), vice-président du Département du Doubs et conseiller municipal d'opposition.
«Si nous sommes unis, nous pouvons faire basculer Besançon»
«L'idéal serait qu'on s'unissent tous, pour présenter quelque chose qui soit puissant, qui aille de Renaissance jusqu'aux Républicains», indique le référent régional.
«Aux élections précédentes, les choses avaient été très fragiles [pour l'actuelle maire Anne Vignot (LE)]», analyse-t-il. «Besançon n'a pas vocation à être dirigée par la gauche ad vitam aeternam ; si on sait s'allier pour construire des listes les plus larges possible, (…) si nous sommes unis, nous pouvons faire basculer Besançon. J'ai compris aussi qu'Anne Vignot avait quelques soucis, en interne, avec le Parti socialiste et La France insoumise.»
En 2020, dans un contexte de faible participation liée à la crise sanitaire, avec 39,1% au second tour, Anne Vignot avait remporté la prime majoritaire pour moins de 600 voix d'avance sur Ludovic Fagaut. Les Marcheurs s'étaient maintenus au second tour et les Insoumis avaient présenté une liste qui n'avait pas franchi le cap du premier tour.
Auxerre, Montbard, Semur-en-Auxois et Valdahon, des cibles prioritaires
En dehors de Vesoul et de Brognon, Horizons compte plusieurs maires en place en Bourgogne-Franche-Comté. On peut citer notamment Laurence Porte (ex-UDI) à Montbard, Catherine Sadon (HOR, ex-divers droite) à Semur-en-Auxois, Crescent Marault (ex-LR) à Auxerre et Sylvie Le Hir (ex-LREM) à Valdahon. Ces villes seront autant de cibles prioritaires de réélections.
Par ailleurs, le référent régional table sur de bons contacts avec le maire de Mâcon Jean-Patrick Courtois (LR) – Claude Cannet, conseillère municipale de la majorité est cheffe de file –, avec le maire de Sens Paul-Antoine Gauthier de Carville (LR) ou encore avec le maire de Saint-Apollinaire Jean-François Dodet (LR).
«Beaune est un vrai sujet», glisse cependant Ludovic Rochette alors que les Républicains de la majorité sortante se fracturent et que le Rassemblement national ne cache pas son intérêt pour la capitale des vins de Bourgogne, un bassin économique où Marine Le Pen (RN) récolte régulièrement de bons scores électoraux.
Ludovic Rochette appelle au rapprochement des élus de la droite et du centre au conseil régional
Par ailleurs, celui qui est conseiller régional d'opposition réagit à la démission de Marie-Guite Dufay (PS) de la présidence de la Région Bourgogne-Franche-Comté (
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«Les relations humaines avec Marie-Guite Dufay ont toujours été bonnes», confie-t-il, «on salue la force de ses engagements par rapport à ses convictions».
Pour autant, l'opposant tourne rapidement la page : «on va rentrer dans un autre temps». «C'est une collectivité où le spectre peut s'élargir.»
Tout d'abord, Ludovic Rochette s'intéresse au groupe d'opposition présidé par Gilles Platret (divers droite, ex-LR) qui a connu des dissensions ces derniers temps.
En particulier, Gérald Gordat (HOR) a quitté les rangs et Alain Joyandet (LR) a été exclu (
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«C'est le temps que les élus de la droite et du centre, peut-être En Marche, les élus raisonnables puissent travailler encore mieux ensemble», déclare Ludovic Rochette, «ce que l'on fait au niveau national, ce qui se fait au niveau municipal, on peut l'imaginer aussi à l'échelle régionale».
Et Alain Chrétien d'approuver en concluant : «travaillons sur ce qui nous rassemble plutôt que sur ce qui nous divise». «Après, il faut que ce soit réciproque».
Jean-Christophe Tardivon
Ludovic Rochette, délégué départemental d'Horizons en Côte-d'Or, Alain Chrétien, référent régional en Bourgogne-Franche-Comté, et Henri-Bénigne de Vregille, délégué municipal à Dijon

