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07/10/2020 03:13

POLITIQUE : Julien Odoul dénonce «des violences pour semer une terreur du quotidien»

À l'occasion d'un week-end de distribution de tracts arrivant juste après le discours du président de la République sur les séparatismes, Julien Odoul a tenu à expliquer la démarche s'appuyant sur la notion d'«ensauvagement». Le président du groupe d'opposition du Rassemblement National au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté a particulièrement ciblé «des jeunes et des moins jeunes issus de l'immigration» ainsi qu'une justice «laxiste».

Les 3 et 4 octobre derniers, partout en France, les élus et militants du Rassemblement National se sont mobilisés pour des distributions de tracts appelant les Français à se «réveiller» face à «l'ensauvagement» présumé de la société avec ces mots d'ordre : «sécurité et justice».

À Dijon, le 2 octobre 2020, le président du groupe d'opposition au sein du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, Julien Odoul, a réuni certains élus régionaux et responsables départementaux autour de lui pour présenter cette action en reprenant les thèmes de prédilection du parti de Marine Le Pen.

Dans la petite pièce du local de la fédération du parti, une rapide mise en scène a été préparée avant la présentation : un mur est tapissé de copies de journaux de la presse imprimée. Toutes ces unes  font référence à des actes de violence. La mise en abyme appuie le discours politique : illustrer le sujet de l'ensauvagement en s'appuyant sur la loupe grossissante des médias friands de faits divers.

«Un terrorisme du quotidien qui gangrène nos quartiers»

D'emblée, Julien Odoul sonne la charge : il s'agit de «se réveiller face à un contexte extrêmement préoccupant, celui de l'insécurité galopante, de l'ensauvagement, de la multiplication des actes de barbarie qui ont touchés tous nos territoires, (…) qui ont touché particulièrement les territoires de Bourgogne-Franche-Comté».

Le fait est que de récents relais médiatiques d'altercations, d'agressions et d'embuscades même ont ému la population. Sans parler des mutilations répétées de chevaux pour lesquelles l'absence d'explication ne fait qu'ajouter à l'indignation.

Le responsable régional du Rassemblement National dénonce «une violence qui est débridée» et agglomère alors les catégories de victimes : «les plus faibles d'entre nous, les personnes âgés, les handicapés, les femmes, (…) les agents de l’État, les forces de l'ordre, les gendarmes, les pompiers, les médecins, les infirmiers, les chauffeurs de bus» ou encore «les élus de la République que sont les maires principalement et qui font face à une délinquance qui a changé de visage, qui a changé de nature et qui a changé aussi ces modes d'opération».

Et de proposer l'analyse du parti : «ce qui s'est renforcé ces derniers mois, c'est une violence irrationnelle, sans sommation, gratuite, pour marquer son attachement à son territoire, des violences pour semer une terreur du quotidien, nous pouvons aujourd'hui parler d'un terrorisme du quotidien qui gangrène nos quartiers, mais plus seulement nos quartiers puisque, malheureusement, les territoires ruraux ne sont pas épargnés».

«Mettre un terme à l'impunité et à la culture de l'excuse»


Conscient de l'effet miroir induit par les unes imprimées, Julien Odoul s'empare d'un autre thermomètre de la réalité, les statistiques. Dans cette région qui «apparaît paisible, rurale où il fait bon vivre», il considère les chiffres «extrêmement préoccupants» en Bourgogne-Franche-Comté. Se référant aux données de 2019 du ministère de l'Intérieur, une nouvelle liste est assénée : «vols avec armes +16,4%, la Bourgogne-Franche-Comté est la deuxième plus forte hausse de France juste après la Corse, 13% des auteurs présumés sont étrangers et (…) majoritairement issus de l'Afrique, les cambriolages de logements ont augmenté de +6,2%, la Bourgogne-Franche-Comté connaît la plus forte augmentation de cambriolages de logements en 2010, (…) pour les coups et blessures volontaires on constate une augmentation de +4,5% (avec notamment un pic pour le département du Doubs)».

Retour en 2020 et retour aux médias : en neuf mois, l'élu régional recense 249 faits de violence relatés par la presse quotidienne régionale. En tant que responsable politique, Julien Odoul ne souhaite pas se contenter de «constater» mais souhaite «apporter une analyse et apporter des solutions de l'ordre du régalien» en commençant par «mettre un terme à l'impunité et à la culture de l'excuse» vue comme «le premier moteur de cette insécurité».

«Les délinquants et les racailles n'ont plus peur de la police et surtout pas peur de la justice. La police fait son travail et n'est pas suivie par une réponse pénale adaptée à la gravité des faits, il n'y a pas aujourd'hui de réponse pénale» lance Julien Odoul en choisissant soigneusement sa cible : «la justice laxiste fait beaucoup de mal à notre pays entre les Français et leurs institutions».

L'élu du RN vise spécifiquement «des juges d'extrême-gauche qui considèrent que la place des délinquants n'est pas d'être en prison». Dans le programme du parti figure notamment la proposition de construire 40.000 places de prison. Julien Odoul fustige le choix du gouvernement de «libérer des prisonniers pendant le confinement» et de «rapatrier des revenants du djihad». Il ne voit «aucune réponse pour enrayer la spirale de la criminalité».

A contrario, l'élu régional «félicite et encourage toutes les forces de l'ordre» citant le quartier de la Planoise à Besançon et remémorant «l'affrontement ethnique entre bandes tchétchènes et bandes maghrébines» à Dijon. À ses yeux, cela révèle «les failles du système et toute la lâcheté de l'état républicain d'un certain nombre d'élus locaux, (…) on a laissé des quartiers entiers de la République passer sous d'autres règles». Julien Odoul promet que «la peur va changer de camp» avec «une justice au chevet des Français qui souffrent».

«Des solutions que les Français plébiscitent»


Le Rassemblement National se veut porteur «des solutions que les Français plébiscitent» à commencer par «des peines de prison systématiques» en cas de faits d'extrême gravité vues comme une «réponse» aux «souffrances des victimes».

Considérant qu'il y aurait «un lien évident entre insécurité et immigration», le parti demande «l'expulsion tout de suite des délinquants criminels étrangers». Julien Odoul reprend le chiffre de 20% de ressortissants étrangers parmi la population carcérale. La proportion est stable depuis 2007 mais ne distingue pas les personnes en attente de jugement et les condamnés effectifs. En ce qui concerne les personnes de nationalité française, le RN entend «responsabiliser les parents en modulant les aides sociales pour faire en sorte que ces parents ne se désistent pas».

Alors qu'Emmanuel Macron a mentionné «l'islamisme politique» dans son discours du 2 octobre dernier sur les séparatismes, Julien Odoul n'attend pas la présentation du projet de loi du 9 décembre prochain pour demander des expulsions. Quant à la charte de la laïcité, elle est jugée «ridicule» : «on souhaite d'abord que les lois actuelles soient appliquées». Le RN se montre plutôt demandeur «d'interdiction des signes religieux ostentatoires lors des sorties scolaires».

«La place des réseaux sociaux qui médiatisent ces extraits de violence»


Après la presse imprimée, d'autres vecteurs sont mis en avant par l'élu du RN pour appréhender les phénomènes de violence : «ce qui a changé, c'est la place des réseaux sociaux qui médiatisent ces extraits de violence, les pouvoirs publics ne peuvent plus nier, on a essayé de minimiser, de taire». Les réseaux sociaux devenant une caisse de résonance des faits de violence en fonction de la sensibilité ou des intérêts des personnes qui les agitent.

Pour Julien Odoul, les Français connaissent «ceux qui constituent une menace pour la sécurité, (…) c'est ni Robert dans son tracteur, ni Marie-Joséphine» mais «des jeunes et des moins jeunes issus de l'immigration». «Pour la plupart d'entre eux, ils sont Français. Il y a eu un échec total de l'assimilation» ajoute-t-il en voyant «une volonté de ne surtout pas vouloir cibler sur ces personnes».

Se référant à la famille politique de la présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté Marie-Guite Dufay (PS), Julien Odoul critique la politique de la ville qu'il voit comme une façon de «financer la paix sociale». Julien Odoul analyse que «le fait d'être un criminel n'est pas lié à la situation sociale, il n'y a aucune corrélation entre les deux». «Si ça avait des résultats, on aimerait» envisage l'élu de l'Yonne en considérant que les populations des quartiers populaires «n'ont pas eu la paix sociale» et que «les jeunes précaires sont dans nos territoires ruraux».

Jean-Christophe Tardivon