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29/10/2021 17:53

POLITIQUE : «Si vous ne rétablissez pas l’autorité de l'État, c’est mission impossible», affirme Amine El Khatmi

Cofondateur du Printemps républicain, Amine El Khatmi s’est déplacé à Chenôve en Côte-d’Or le 14 octobre dernier dans le cadre d’un «tour de France» visant à placer les idées fortes du mouvement dans le débat public. Il croit en une gauche «républicaine et sociale, ferme sur l’ordre et la sécurité», n’ayant pas peur de traiter «des sujets moins consensuels».
Le 10 octobre, nous vous avons présenté le nouveau et tout premier référent régional pour la Bourgogne-Franche-Comté du Printemps républicain, en la personne de Younès Ben Haddou (retrouvez notre article en cliquant ici). Cela amorçait un débat qui s’est tenu à l’Hôtel des sociétés à Chenôve le jeudi 14 octobre 2021.

Dans un «tour de France» de 28 dates, après s’être déplacé à Lille, au Havre ou même à Bruxelles, Amine El Khatmi, cofondateur du mouvement créé en 2016, est venu en préambule présenter l’essence du Printemps républicain, mouvement né notamment d’un manifeste de 77 propositions publié en 2016, signé par Amine El Khatmi, et porté «par des gens qui viennent de la gauche et qui sont restés de gauche».


«Faire en sorte que nos propositions soient retenues»


«Le temps n’est plus forcément aux partis tels qu’on les a connus durant des années. Nous voyons d’ailleurs bien dans quels états sont le Parti socialiste et Les Républicains, deux partis qui ont structuré la vie politique. Il n’était pas judicieux de créer un parti politique au sens strict du terme», explique-t-il, en poursuivant sur la démarche : «Le sujet est de se demander comment on intervient dans le débat public, de faire en sorte que le message passe et que nos propositions soient retenues, que le maximum de candidats à la présidentielle s’en saisissent. Nous n’avons pas vocation à porter des candidats aux élections. Nous misons sur un écho beaucoup plus important dans le débat public».

Le mouvement compte aujourd’hui plus de 1.250 adhérents et environ 10.000 sympathisants dans toute la France. Amine El Khatmi revendique un mouvement basé sur les valeurs d’«une gauche républicaine, sociale, féministe, universaliste». Une gauche notamment «ferme sur l’ordre et la sécurité, portant une politique migratoire à la fois ferme et humaine».
Il salue Younès Ben Haddou pour son engagement : «Un jeune français comme des millions d’autres, qui a son parcours et sa richesse, alors que certains aimeraient qu’il change de prénom. Il aime la France avec son identité mêlée».

Une gauche qui veut s’attaquer à l’insécurité et l’immigration


Le toute première réunion en Bourgogne-Franche-Comté (sur inscription au préalable) a permis à Amine El Khatmi, accompagné du cofondateur du mouvement Gilles Clavreul, de réaffirmer des idées fortes du Printemps républicain, décliné en 7 axes dans le manifeste. Celle d’«une France qui protège», en pensant aux héros du quotidien durant le confinement «qui n’ont pas pu rester chez eux et qui ont dû continuer à travail dans des conditions peu reconnues», celle d’une France de l’éducation renforcée, avec l’idée de «dédoubler les classes jusqu’au lycée dans les territoires qui en ont le plus besoin (dans les REP)».

Né dans le quartier de la Reine-Jeanne à Avignon où il fut l’élu municipal délégué de 2014 à 2020, Amine El Khatmi s’exprime pour «une politique de rupture» dans ces quartiers, où il ne suffit pas selon lui de «rafraîchir les cages d’escalier et de repartir, sans s’attaquer aux causes plus profondes».
Il croit en la création d’un service public du mentorat, pour que des personnes en situations favorables deviennent les mentors de jeunes à accompagner dans les quartiers, «pour aider les familles qui ont envie de s’en sortir».

Le cofondateur du Printemps républicain n’omet pas de parler de sujets «un peu moins consensuels à gauche : la sécurité et l’immigration». En analysant avant tout : «Des grands hommes de gauche en ont parlé et ont essayé de traiter ces questions, mais la petite musique qui revient trop souvent est de dire que parler de sécurité, de lutte contre la délinquance ou avoir un discours un peu plus ferme sur la question de l’immigration revient à souscrire à l’agenda de la droite ou de l’extrême-droite. Or, la réalité est lorsque vous parlez aux classes populaires, aux habitants des quartiers, eux-mêmes vous parlent d’insécurité».

De la fermeté, mais aussi des moyens pour réussir l’immigration


«Quand on veut défendre une gauche populaire, bien sûr qu’il faut se battre pour la justice sociale, pour le pouvoir d’achat, pour sortir ces gamins de l’assignation à une identité pour leur donner une chance de réussir dans la vie. Mais si en même temps, vous ne rétablissez pas l’ordre, l’autorité de État, vous ne faites pas respecter le travail de la police, c’est mission impossible».
Parmi les propositions faites : la création de 20.000 places de prison pour toutes sortes de peines, avec en parallèle un renforcement de la prévention «afin que certains gamins ne paient pas au prix fort quelques conneries d’adolescents».

Sur l’immigration, Amine El Khatmi est «pour mieux intégrer ceux qui arrivent». Tout en n’éludant pas un besoin de fermeté : «Celui qui est débouté du droit d’asile n’a pas vocation à rester dans notre pays. Quelqu’un qui demande la protection de la France et qui est condamné par la justice plusieurs fois n’a pas vocation à rester sur le territoire. Dans le même temps, ceux qui méritent cette protection comme les interprètes afghans doivent être entendus. Pour cela, il faut mettre les moyens. En Allemagne, le parcours d’apprentissage de la langue, qui est imposé, est de 600 heures. On le fait plus à la légère en France».

Le débat du 14 octobre a vu ensuite Thierry Falconnet, maire PS de Chenôve, Bastien Faudot, élu municipal et départemental GRS de Belfort, Catherine Hervieu, élue EELV municipale et départementale à Dijon et Gilles Clavreul débattre notamment des principes républicains.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier







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