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29/12/2020 14:51

POPULATION : Seuls la Côte-d'Or et le Doubs gagnent des habitants en Bourgogne-Franche-Comté entre 2013 et 2018

La Bourgogne-Franche-Comté compte 2,8 millions d'habitants au 1er janvier 2018. Une population qui stagne. «La raison du solde naturel négatif va durer» alerte Moïse Mayo, directeur régional de l'INSEE Bourgogne-Franche-Comté ce mardi 29 décembre. Une donnée que les décideurs politiques sont invités à prendre en compte.

La population française s'élève à 66.733.000 habitants. Celle de Bourgogne-Franche-Comté s'établit à 2.807.807 habitants. Tels sont les principaux enseignements de la selon le recensement conduit sur la période 2013-2018 par l'INSEE ainsi que l'indique Moïse Mayo, directeur régional de l'INSEE Bourgogne-Franche-Comté, ce mardi 29 décembre 2020.

Au niveau national, le nombre d'habitants augmente dans les grandes métropoles et dans les villes de plus de 700.000 habitants. Dans les aires d'attraction de moins de 50.000 habitants, la population diminue. La Bourgogne-Franche-Comté ne comptant pas de grande métropole, elle ne bénéficie donc pas d'un tel phénomène d'attraction.

L'évolution de la population est à mettre en lien avec le dynamisme économique et l'évolution des emplois. Les variations sont contrastées. Les communes intermédiaires perdent de plus en plus d'habitants, les petits communes qui avaient tendance à gagner de la population commencent à stagner.

La population de Bourgogne-Franche-Comté se stabilise

Le recensement est une obligation légale de l'INSEE qui calcule la «population municipale» des personnes qui habitent habituellement dans une commune et la «population comptée à part» comme les étudiants. La population légale permet de fixer la dotation globale de fonctionnement que l’État verse aux collectivités territoriales ou encore de déterminer le nombre de pharmacies d'une commune. Le recensement sert aussi à des fins statistiques, pour des études démographiques ou d'aménagement du territoire.

Avec 2,8 millions d'habitant, l'INSEE constate que la population de Bourgogne-Franche-Comté s'est stabilisée alors qu'elle augmentait auparavant. Le phénomène s'explique par un solde naturel qui est devenu négatif : la population fait de moins en moins d'enfants et le vieillissement entraîne une hausse des décès. De plus, le solde migratoire régional est en déficit.

«La raison du solde naturel négatif va durer» alerte Moïse Mayo qui ajoute : «il faut adapter les politiques publiques à ces tendances de long terme». Le directeur régional de l'INSEE souligne le fait que la population n'augmente pas n'est pas toujours un mal, donnant pour exemple la saturation des services comme l'assainissement en eau.

La Nièvre perd le plus de population


Jusqu'en 2013, la dorsale orientale Mâcon-Belfort était relativement dynamique. À l'ouest, la population baissait déjà significativement sauf au niveau d'une frange senonaise, dans l'Yonne. En 2018, c'est l'ensemble du Senonais qui progresse – du fait du rayonnement de l’Île-de-France – tandis que la population n'évolue plus dans les anciens bassins industriels.

Les zones qui résistent au déclin démographique sont significativement l'agglomération de Dijon, l'agglomération de Besançon et la frange frontalière avec la Suisse mais en présentant déjà une attraction moins marquée que précédemment. Le nombre de salariés vivant en France et travaillant en Suisse a doublé en dix ans.

La Nièvre est le département français qui a, proportionnellement, le plus de perte de population de toute la France, ex-aequo avec la Martinique. Néanmoins, Nevers gagne des habitants, ce qui n'était pas arrivé depuis 1975. Le directeur régional de l'INSEE voit là un effet de la rénovation urbaine : l'offre de logements était extrêmement ancienne et ne satisfaisait pas la demande de logements pour les familles. En revanche, l'agglomération neversoise continue de perdre des habitants.

«Dijon est un poumon démographique»


La Côte-d'Or est nettement divisé en deux : Dijon et sa métropole face à une densité de population très faible dans l'ouest du département. La métropole dijonnaise participe donc, à sa mesure, à un phénomène de concentration en lien avec les emplois proposés. «Dijon est un poumon démographique» explique Moïse Mayo, un phénomène qui a débuté avant la fusion administrative des régions.

En Côte-d'Or, la période 2013-2018 voit la fin d'un dynamisme situé au nord-est. Pour l'INSEE, cela correspond à la fin de la périurbanisation dans les communes où les terrains pour construire deviennent rares. Cela peut aussi résulter du choix des élus de limiter les constructions.

La ville de Beaune, qui progressait entre 2008 et 2013, a perdu des habitants. Selon le directeur de l'INSEE, cela serait la conséquence de la facilité à proposer des logements en location à des touristes sur des plateformes numériques comme Air BnB. Le parc de résidences principales tend à alors à se réduire dans une des plus grandes destinations touristiques de la région.

Un habitat diffus mais dense en Saône-et-Loire


Département le plus peuplé de la région, la Saône-et-Loire présente un habitat diffus mais relativement dense. Si l'est de la Saône-et-Loire continue de gagner des habitants, l'ouest stagne en raison d'une baisse de l'emploi industriel. Pour sa part, Chalon-sur-Saône stagne.

Des villes moyennes tirent leur épingle du jeu quand elles constituent un élément de centralité dans une zone où la population diminue, c'est particulièrement le cas en Saône-et-Loire (lire le communiqué sur les petites centralités).

En 2021, du fait de la crise sanitaire, l'INSEE ne conduira pas d'enquête de recensement dans les communes de moins de 10.000 habitants, elle aura lieu en 2022. Trois extrapolations, au lieu de deux, seront calculées. Le répertoire des immeubles localisés continuera d'être mis à jour par les villes de plus de 10.000 habitants où 8% des logements sont enquêtés chaque année.

Jean-Christophe Tardivon

Retrouver la variation de population de chaque commune sur le site de l'INSEE

Communiqué de l'INSEE Bourgogne-Franche-Comté du 29 décembre 2020 :

Populations légales en Bourgogne-Franche-Comté : 2 807 807 habitants au 1er janvier 2018

Au 1er janvier 2018, la Bourgogne-Franche-Comté compte 2 807 807 habitants. Alors qu’entre 2008 et 2013, la région gagnait encore des habitants, sa population n’a pas augmenté entre 2013 et 2018. Seuls les départements du Doubs et de la Côte-d’Or conservent une dynamique démographique positive.

Avec 2 807 807 habitants au 1er janvier 2018, la Bourgogne-Franche-Comté rassemble 4,3 % de la population de France métropolitaine. Alors qu’entre 2008 et 2013, la région gagnait encore des habitants, sa population n’a pas augmenté entre 2013 et 2018. Conséquence du vieillissement de la population, son solde naturel est quasi nul sur cinq ans, les décès l’emportant sur les naissances depuis 2015. Le solde migratoire est lui déficitaire depuis près de 10 ans.

Entre 2013 et 2018, quatre des huit départements sont en décroissance démographique. Dans la Nièvre, la perte de population amorcée depuis une cinquantaine d’années continue et s’accélère. C’est le département qui connaît le décrochage le plus important de France avec la Martinique.

Dans l’Yonne, la déprise démographique date d’une dizaine d’années. Stable entre 2008 et 2013, la Haute-Saône perd désormais des habitants. Il en est de même pour le Territoire de Belfort pourtant encore en croissance de population durant les cinq années précédentes. En revanche, l’évolution de la population est peu marquée dans le Jura et en Saône-et-Loire : stable pour le premier, en légère baisse pour le second. Le Doubs et la Côte-d’Or sont les deux seuls départements de la région à gagner des habitants du fait d’un solde naturel toujours positif lié à la jeunesse de leur population. La croissance démographique est toutefois inférieure à la moyenne nationale (figure 1).

Les pertes d’habitants s’accélèrent dans les communes isolées, ou situées dans des zones économiquement fragilisées. C’est le cas notamment de Cosne-Cours-sur-Loire, Audincourt et Saint-Claude. Inversement, la population augmente dans les agglomérations de Dijon, et dans une moindre mesure, de Besançon. Plus récemment, certaines grandes communes, telles que Dole ou Héricourt, s'affirment comme pôles de centralité en bénéficiant d'une périurbanisation et attirent autour d'elles des nouveaux habitants (figures 2 et 3). Situées aux franges de la région, les agglomérations de Sens et de Mâcon profitent du dynamisme des régions limitrophes, respectivement l’Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes. Si l’agglomération de Pontarlier bénéficie de la proximité de la Suisse en gagnant de la population, ce n'est pas le cas de la ville centre.