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05/07/2023 20:12
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RÉGION : Hausse des tarifs des cantines des lycées assortie d'«un bouclier social»

L'augmentation de 5% des repas des lycéens, présentée par la vice-présidente Océane Charret-Godard, ce vendredi 30 juin, a divisé tant la majorité que les oppositions.
Le sujet avait été amplement débattu en 2022 (lire notre article), il est revenu  sur les tables des élus du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté réunis en session, ce vendredi 30 juin 2023.

Avec les conséquences de la guerre en Ukraine, les prix des matières premières ont augmenté de 15% en moyenne sur un an glissant. La Région entend répercuter une partie de cette hausse auprès des consommateurs que sont les familles d'élèves fréquentant les lycées de Bourgogne-Franche-Comté.

Augmentation de 5% du coût du repas facturé aux familles en 2024


«Comment est-ce qu'on créé les conditions pour que les élèves de notre région bénéficient de repas de qualité avec du choix ?», demande Océane Charret-Godard (PS), vice-présidente chargée notamment des lycées, au moment de présenter le rapport.


Parmi les modalités d'accompagnement des lycées, la collectivités abaisse de 20% à 18% le prélèvement sur les recettes des cantines des lycées servant à rémunérer les personnels de la restauration scolaire de façon à «dégager un peu plus de budget pour les lycées pour l'affecter aux repas des lycéennes, des lycéens».

L'autre levier correspond à une augmentation de 5% du coût du repas facturé aux familles, ce qui entraîne, en valeur absolue, une hausse de 23 centimes par repas pour les ticket à l'unité, de 17 centimes par repas pour le forfait cinq jours.

Le coût de revient d'un repas pour un établissement s'établit entre 9 et 10 euros. Le tarif le plus élevé facturé aux familles atteint 4,85 euros. «La Région prend en charge au moins 50%», signale la vice-présidente.

Cela s'accompagne d'un enchérissement du coût de l'hébergement pour les internes représentant dix centimes par nuit.

«Nous mettons en place un bouclier social», indique Océane Charret-Godard


«Pour neutraliser l'impact de ces augmentation pour les familles, nous mettons en place un bouclier social», déclare Océane Charret-Godard. Un dispositif s'adresse aux 13.000 lycéens boursiers sans oublier «l'échelon supplémentaire» instauré en 2022 pour les familles modestes sans pour autant bénéficier d'une bourse scolaire.

«On ne gagne pas d'argent, on créé les conditions pour libérer du budget pour les lycées», martèle la socialiste.

Vice-président chargé de l'agriculture, Christian Morel (sans étiquette), revendique «un acte politique fort» lié aux demandes des agriculteurs en faveur d'une «alimentation locale et de qualité».

Les écologistes saluent la tranche supplémentaire au-delà des boursiers

 
«Nous avons une ambition de nourrir sainement les jeunes», déclare Stéphanie Modde (EELV), vice-présidente en charge de la transition écologique, «en termes de santé publique, c'est extrêmement important». «Ça veut dire proposer une alimentation de proximité, bio quand c'est possible, parce qu'il y a moins de pesticides, (…) c'est important d'avoir moins de produits transformés».

L'élue écologiste sur la sensibilisation à mener concernant le «gaspillage alimentaire» pour réduire le coût à la charge de la collectivité.

«Même si les temps sont durs pour les classes moyennes, nous avons accepté parce qu'il y a l'ajout d'un échelon supplémentaire [pour les boursiers]», ajoute-t-elle.

Réticence des élus communistes


Marie Poinsel (PCF), groupe des élus communistes et républicains, participant de la majorité, préfère «dénoncer la responsabilité du gouvernement dans la détérioration de notre politique sociale» et «refuser les 99% qui ne sont rien et font tout payent le prix de l'austérité dictée par les 1% qui ne font rien».

S'approchant d'une position défavorable à de telles augmentations, l'élue communiste demande à l'exécutif la constitution d'un groupe de travail pour étudier «les solutions alternatives au report de l'inflation sur les tarifs de la restauration scolaire» et «une augmentation conséquente des bénéficiaires du bouclier financier».

Approbation des élus progressistes


«Nous sommes sensibles à la tarification sociale que vous proposez», déclare Sandra Germain (REN), au nom du groupe d'opposition des élus progressistes. «L'augmentation du prix des repas, c'est non seulement maintenir la qualité des aliments mais c'est aussi garantir la bonne rémunération de nos éleveurs.»

François-Xavier Dugourd calcule une hausse «de 10% sur deux ans»


En réaction, au nom du groupe d'opposition de l'Union des républicains et du centre et écologistes indépendants, François-Xavier Dugourd calcule une hausse «de 10% sur deux ans».

«Certes, il y a quelques paravents pour les boursiers, c'est heureux, mais il y a toute une série de familles moyennes qui vont être directement impactées par cette augmentation extrêmement forte», analyse l'élu libéral qui compare avec les collectivités n'ayant «pas fait d'augmentation» ou proposant un prix fixe quels que soient les revenus des familles.

Celui qui est également conseiller département de la Côte-d'Or fait volontiers l'apologie du repas servi dans les collèges de Côte-d'Or tarifé deux euros : «ce n'est pas au détriment de la qualité puisque nous insistons sur les filières locales, les produits 100% Côte-d'Or». «Nous subventionnons cette différence tarifaire.»

«Ces tarifs sont une variable d'ajustement de vos problèmes budgétaires», cingle l'opposant. «Il faut arrêter de prendre à la poche des classes moyennes.»

Le Rassemblement national anticipe d'autres hausses


«Cette hausse ne sera visiblement pas la dernière», anticipe Mélanie Fortier (RN), au nom du groupe d'opposition du Rassemblement national, puisque la délibération prévoit de «réétudier les prix dès lors que l'inflation est supérieure à 2%».

L'opposante renvoie aux précédents amendements de son groupe, refusés par la majorité, demandant à l'exécutif de garantir une dotation globale de fonctionnement des lycées d'année en année, assortie d'une hausse équivalente à l'inflation.

«Vous profitez de la hausse des matières premières pour augmenter vos tarifs», tacle l'élue populiste.

Patrick Molinoz rappelle les augmentations du Département de la Côte-d'Or pour les écoliers


Patrick Molinoz (PRG), par ailleurs maire de Venarey-Les Laumes, en Côte-d'Or, se charge de répond à François-Xavier Dugourd : «pour tous les élèves qui bénéficient de repas produits par les cantines du Département mais servis pour les primaires notamment, le Département a appliqué, en l'espace de quelques mois, 9% d'augmentation et tarifie aux écoles primaires le repas à 4,11 euros aujourd'hui.»

«Reprocher aux autres ce que l'on fait chez soi en essayant de le masquer, ne me semble pas faire avancer le débat glisse le Côte-d'Orien.

Océane Charret-Godard rebondit sur le sujet : «l'année dernière, le conseil départemental de Côte-d'Or a supprimé du jour au lendemain les aides départementales pour les lycéens de Côte-d'Or».

Marie-Guite Dufay assume «les ingrédients d'une politique juste»


«L'augmentation de 23 centimes par repas, c'est une augmentation qui peut être supportée par un certain nombre de familles. Par contre, c'est une augmentation qui n'est pas supportable pour les plus précaires», tranche Marie-Guite Dufay (PS), présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. «C'est une politique de gauche, je l'assume.»

Et de conclure : «Nous gardons le niveau de quantité dans les assiettes et le niveau de qualité. C'est cela qui représente les ingrédients d'une politique juste».

Avec 35 votes défavorables, 10 abstentions et 55 votes favorables, le rapport est adopté.

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