
«La Région fait son boulot», a assuré le président de la collectivité, ce mercredi 24 juin, à Dijon, à propos de la circulation des TER. Par ailleurs, le socialiste a moqué le «virage sur l'aile des climatosceptiques» au regard de la canicule et a défendu la «loi de programmation militaire» régionale.

Circulation des trains régionaux, sécurité des usagers de ces même trains, expressions des usagers et des collectivités... plusieurs sujets ferroviaires sont au programme de la session du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, programmée ces 25 et 26 juin 2026.
Ce mercredi 24 juin, à Dijon, Jérôme Durain (PS), président de la collectivité, s'est exprimé sur ces sujets et a passé en revue les principaux points à l'ordre du jour, en matière de santé notamment.
«On n'a pas fini de mesurer les conséquences du changement climatique»
Le président de la Région débute son propos par «une pensée pour tous ceux qui sont éprouvés par la canicule». «On voit qu'on est en train de changer de modèle climatique et que ça va avoir des répercussions sur l'ensemble de notre vie.»
«Si ce n'était pas si grave, on pourrait sourire à écouter le virage sur l'aile des climatosceptiques», commente le socialiste en raillant le «technolutionnisme» du recours à la climatisation. «C'est effrayant d'impréparation, de déni, d'amateurisme.»
«Nous sommes engagés dans une transition longue», préfère avancer le président de la Région, revendiquant «une politique globale de transition énergétique». «Il faut continuer à adapter ce territoire, à le transformer, à préparer la suite. (...) Un groupe d'experts nous accompagne. (…) On n'a pas fini de mesurer les conséquences sur notre vie collective du changement climatique.»
Jérôme Durain soutient la «loi intégrale» sur les violences sexistes et sexuelles
Parmi les sujets d'actualité, Jérôme Durain réagit au meurtre de Lyhanna – collégienne de 11 ans qui avait disparu, le 29 mai dernier, à Fleurance, dans le Gers, avant d'être retrouvée morte, le 4 juin – vu comme «une immense blessure» entraînant «une forme de sidération».
Durant la session, le président de Région compte «interpeller» les représentants de l’État et de la Gendarmerie nationale sur le sujet des violences sexistes et sexuelles et soutenir un vœu de sa majorité appuyant la «loi intégrale» désormais mise à l'ordre du jour du parlement pour un examen en septembre prochain. «Les souffrances de demain peuvent s'éviter aujourd'hui par un certain nombre de nos compétences.»
«Les premières touches» de la présidence Durain
«Le sujet qui est au cœur de cette assemblée plénière, c'est celui de la protection de nos concitoyens, déclinée dans différents champs de l'action régionale», introduit Jérôme Durain qui assure que «les premières touches» de sa présidence, entamée le 5 septembre 2025, vont désormais se concrétiser. «Un certain nombre de projets que j'avais esquissés arrivent à maturité et vont faire l'objet de délibération de notre assemblée.»
Le socialiste revendique une nouvelle approche faite de «plus de simplicité et plus de proximité». Ainsi, «un projet de simplification de l'action régionale» sera débattu en octobre prochain.
De futures patrouilles de gendarmes réservistes dans les TER
La Région Bourgogne-Franche-Comté prévoit de signer une convention avec la Gendarmerie nationale et la SNCF pour autoriser dans les rames de TER, dès le 1er juillet prochain, le déploiement de 100 patrouilles de gendarmes réservistes sur 12 mois afin de «lutter contre le sentiment d'insécurité» et «permettre aux usagers d'évoluer dans un environnement plus sûr», notamment sur le plan des agressions à caractère sexuel.
«C'est extrêmement important qu'on continue de dire que nous avons une contribution à apporter sur le sujet de la sécurité même si ce n'est pas dans le champ de nos compétences», martèle Jérôme Durain.
Le président de la Région «met la pression» sur la SNCF face aux navetteurs pénalisés dans le nord de l'Yonne
Entre TER surchargés et canicule qui accentue les pannes de matériel, le mécontentement des usagers s'accroît dans le nord de l'Yonne, générant des manifestations devant les gares.
«Les mobilités en périphérie des grandes métropoles, c'est très
compliqué», commente le président de la Région, autorité organisatrice
des transports ferroviaires tandis que la SNCF est l'opérateur qui met
en œuvre la convention.
«Il y a là une sensibilité extrêmement particulière des usagers (…) qui se sentent abandonnés et qui voient leurs conditions de transport vers Paris extrêmement dégradés», réagit Jérôme Durain qui considère que la situation «n'est pas acceptable».
«Les navetteurs sont exaspérés par des retards, des manques de places dans les trains qui sont récurrents ces derniers mois», développe-t-il. «La Région fait son boulot, (…) on a réorganisé les circuits vers l'Île-de-France avec la désimbrication à Montereau, (…) on a un parc qui est le plus jeune de France, (…) [la Région] achète des trains, elle a investi un milliard [d'euros] ces dix dernières années, on a encore 170 millions [d'euros] de rames qui vont arriver l'année prochaine mais on a un opérateur, la SNCF, avec qui on a passé une convention, qui s'engage sur des résultats. Ils ne sont pas au rendez-vous, je dis stop. Je leur demande de régler ça pour septembre, (…) faute de quoi on montera encore dans la gradation des représailles vis-à-vis de la SNCF, (…) on se fâchera tout rouge.»
«Les taux de régularité ont connu de vraies altérations ces derniers temps», déplore le responsable de l'exécutif régional. «La Région avait déjà opposé des pénalités quand la SNCF n'était pas au rendez-vous.»
Maintenant, Jérôme Durain encourage les usagers à se faire indemniser par la SNCF : remboursement en cas de retard supérieur à une heure ou de suppression pour les usagers occasionnel et en cas d'une proportion de retards supérieure à 20% des trains pour les abonnés. «La Région est au côté [des usagers] pour que la SNCF soit au rendez-vous.»
«Le boulot n'est pas fait, les conditions de régularité sont dégradées, je demande des comptes. (…) Je demande à la SNCF que la régularité revienne et que l'offre soit satisfaisante», poursuit-il. «Je mets la pression sur la SNCF : je leur demande pour septembre de trouver une solution pour appliquer une compensation aux navetteurs qui ont été pénalisés. Sans attendre, il faut que les usagers se saisissent des modalités d'indemnisation qu'on a prévues [dans la convention de la Région avec la SNCF].»
«Je suis prêt à aller voir comment on peut davantage travailler avec l'Île-de-France», complète-t-il en évoquant une potentielle extension du Pass Navigo voire l'instauration d'«autres formes de tarification» pour que «ceux qui sont presque des Franciliens trouvent des réponses satisfaisantes à leurs besoins».
Jérôme Durain dénonce «la démagogie» des élus du Rassemblement national
Mettant en avant des échanges avec «les élus du nord de l'Yonne», les présidents du conseil départemental, de l'intercommunalité de Sens et les conseillers régionaux – dont Nicolas Soret (PS), également maire de Joigny –, Jérôme Durain considère «ne pas pouvoir attendre» l'ouverture à la concurrence des dessertes entre Paris, Dijon et Lyon envisagée d'ici la fin de l'année pour une mise en œuvre potentielle en 2027.
«On ne peut pas parler d'attractivité si on ne permet pas aux gens d'aller travailler dans de bonnes conditions», proteste-t-il tout en dénonçant «la démagogie» des élus du Rassemblement national qui ont lancé une pétition à ce sujet (
lire le communiqué).
Des comités de desserte à l'ouest et au nord de la région d'ici fin 2026
La Région relance les comités de desserte ferroviaire. La première réunion se tiendra, en octobre prochain, au niveau du lot Bourgogne ouest-Nivernais qui a été ouvert à la concurrence.
Le deuxième comité de desserte aura lieu d'ici la fin de l'année dans le nord de l'Yonne.
L'annuaire des entreprises industrielles présenté au salon de la défense Eurosatory
«La contribution régionale à l'effort national de défense, toute proportion gardée, c'est un peu notre loi de programmation militaire à nous», explique Jérôme Durain qui assure que la Bourgogne-Franche-Comté est «une région de défense» puisqu'elle comprend le CEA de Valduc qui est «au cœur de notre dissuasion nucléaire», la garnison de Besançon, la base aérienne de Luxeuil-Saint-Sauveur qui va accueillir deux escadrons de Rafale, à partir de 2032, ainsi que le futur missile nucléaire hypersonique.
«C'est surtout la protection de l'emploi et de l'industrie», souligne celui qui revient du salon Eurosatory où la Région a accompagné des entreprises bourguignonnes (
lire le communiqué) et a présenté à des partenaires potentiels l'annuaire des entreprises industrielles de la Bourgogne-Franche-Comté dans un contexte de mutation de la filière automobile. «[La défense] est une possibilité de diversification qui est très utile à notre économie nationale et à notre économie régionale.»
La collectivité se donne pour objectifs d'accompagner les investissements militaires, de structurer des filières, de capter des marchés ainsi que de créer un guichet unique et mobilise une enveloppe de 20 millions d'euros à cet effet.
Des bâtiments modulaires pour la rentrée au lycée Les Haberges
Le 7 mai dernier, la Région annonçait l'existence de fragilités structurelles au niveau du bâtiment externat du lycée des Haberges, à Vesoul. Le 29 mai, Jérôme Durain annonçait que la rentrée aurait lieu sur le site (
lire le communiqué).
«On a choisi de créer un lycée
ex nihilo sur le site des Haberges, un défi technique en plein milieu de l'été», explique le président de Région qui a confié à l'entreprise vendéenne Cougnaud le soin de réaliser des salles à partir de bâtiments modulaires d'ici le 28 août prochain.
Gratuité des études de kiné à Dijon
Le 5 mai dernier, Jérôme Durain a annoncé la gratuité des études à l’Institut en formation de masso-kinésithérapie de Dijon (
lire notre article). Le dossier sera soumis au vote des élus régionaux durant la session.
Interrogé par
Infos Dijon, le président de la Région écarte l'instauration d'une mesure similaire pour l'IFMK de Nevers dans l'immédiat. «Le sujet était mûr à Dijon», explique-t-il.
Une mutuelle de santé régionale en 2027
Début 2027, dans «une démarche structurante de santé publique», la collectivité entend proposer une mutuelle santé régionale qui pourrait «faire économiser aux plus modestes 20 à 25% par rapport à l'offre de marché». «En coordonnant la démarche, on peut offrir une offre utile en termes de pouvoir d'achat et de santé.»
Pour cela, sera lancé un appel à manifestation d'intérêt (AMI) auprès d'organismes mutualistes, potentiellement en partenariat avec d'autres collectivités comme la Ville de Dijon.
La Région soutient les expérimentations de «sécurité sociale de l'alimentation»
La Région mobilise 100.000 euros pour «structurer la dynamique» des expérimentations de «sécurité sociale de l'alimentation» en Bourgogne-Franche-Comté – lancées pour «gommer les inégalités sociales au niveau de l'alimentation» – sous la forme d'une «fédération régionale».
«Le soin, c'est 20% de la santé ; les déterminants de santé, c'est 80% avec l'alimentation qui joue un rôle majeur», glisse Jérôme Durain en soulignant «la dimension de consommation locale».
Maintien du dispositif Territoires en action
«Le contexte budgétaire est particulièrement tendu, nos marges de manœuvre se rétrécissent», analyse le président de la Région, «le désengagement de l’État nous met dans des difficultés importantes».
La collectivité maintient son dispositif Territoires en action, assorti d'une enveloppe de 22 millions d'euros de 2026 à 2028 pour financer «deux à trois projets par territoire qui peuvent être utiles à l'attractivité de notre région et aux besoins exprimés par les nouveaux élus».
Une feuille de route régionale de la vie associative
Jérôme Durain se dit «assez inquiet de ce qui se passe dans le champ informationnel et dans le champ démocratique» car «avec la numérisation du monde, il y a un risque de perte de substance et de lien humain entre les citoyens, les usagers, les administrations et les structures collectives».
En fonction de quoi, «la vitalité associative est essentielle pour garder du lien, pour vivre ensemble, pour accéder à la culture, aux sports, à la solidarité».
L'exécutif régional propose donc une feuille de route de la vie associative pour «permettre aux associations d'avoir un peu de visibilité» de façon à soutenir les réseaux associatifs, développer l'emploi et encourager l'engagement bénévole.
Alors qu'elles représentent 10% de l'emploi privé régional, «les associations sont souvent en souffrance, en lien avec les diminutions dans la dépense publique».
Les étapes des épreuves du Tour de France s'affichent
Par ailleurs, le conseil régional se prépare progressivement à accueillir des étapes des épreuves masculine et féminine du Tour de France en Bourgogne-Franche-Comté qui totaliseront près de 1.000 km.
Cela prend notamment la forme de grands visuels désormais affichés sur la façade de l'Hôtel de Région.
Jean-Christophe Tardivon





