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11/12/2025 20:46

RÉGION : La majorité de Jérôme Durain vote un budget de près de 2 milliards d'euros pour 2026

Ce jeudi 11 décembre, à Dijon, l'exécutif régional a reconnu «tirer un peu sur la dette» pour bâtir ce budget primitif. «Les ratios financiers ne sont pas encore catastrophiques mais la corde se tend», a alerté la présidente de la commission des finances Céline Bähr.
Acte fondateur des politiques publiques menées l'année suivante, le budget primitif contribue également à départager une majorité et ses oppositions. Ce jeudi 11 septembre 2025, à Dijon, Jérôme Durain (PS) endossait la responsabilité de l'examen de son premier budget primitif depuis son élection à la présidence de la Région Bourgogne-Franche-Comté.

L'année 2026 est également l'avant-dernière année pleine de la mandature, ce qui implique que chaque groupe commence à se positionner pour aborder favorablement 2027 et donc les élections. Ainsi, les groupes relevant respectivement de l'écologie politique et du communisme n'ont pas manqué de poser des jalons.

Un budget marqué par une contribution de 55 millions d'euros


Après avoir défendu «un budget rigoureux, pas un budget de rigueur», Jérôme Durain a confié à Nicolas Soret le soin de présenter en détails le budget primitif 2026, comme il l'avait fait, le 14 novembre dernier, pour les orientations budgétaires (lire notre article).

Le vice-président chargé des finances prend soin de rappeler d'emblée que les hypothèses de travail reposent sur la version gouvernementale du projet de loi de finances pour 2026 et que le budget sera potentiellement révisé en fonction du résultat final.

À ce stade, le gouvernement attend de la Région Bourgogne-Franche-Comté une contribution au redressement des comptes publics de 55 millions d'euros, après 45 millions d'euros en 2025.

Stabilité des crédits de paiement


L'exécutif a bâti un budget primitif de 1,967 milliard d'euros. «Nous maintenons l'effort de maîtrise des dépenses de fonctionnement», assure Nicolas Soret.

«Nous avons une stabilité de nos crédits de nos dépenses alors même que nous avons des augmentations mécaniques d'un certain nombre de budgets», explique-t-il à propos de la construction du budget primitif. «Il y a eu un exercice de recherche d'économies.»

Le socialiste déplore que les ressources fiscales à pouvoir de taux ne représentent que 10% des recettes de fonctionnement (taxe sur les taxes grises, versement mobilité régional et rural, soit environ 150 millions d'euros : «cela continue à interroger l'autonomie d'une collectivité qui n'a plus la liberté de construire son budget au gré de ses besoins».

Les politiques en lien avec les mobilités représentent quasiment 50% du budget régional quand celles concernant les lycées représentent 27%

L'exécutif prévoit de «tirer un peu sur la dette»


En 2026, l'exécutif envisage une épargne brute de 252 millions d'euros (en projeté au compte administratif 2026), c'est à dire stable par rapport au projeté 2025. L'épargne est projetée en 2026 à 151 millions d'euros, contre 163 millions d'euros au projeté 2025.

La capacité de désendettement se dégraderait pour atteindre 6,6 années après 6,2 années attendues en 2025. «Heureusement qu'on a eu une bonne gestion pour permettre de tirer un peu sur la dette», justifie Nicolas Soret.

Céline Bähr demande «combien de départs en retraite ne seront pas remplacés ?»


Présidente de la commission des finances, Céline Bähr (LR) porte la première la charge contre la présentation de l'exécutif en commençant par pointer l'augmentation des dépenses de fonctionnement de 2,7% entre 2025 et 2026 : «on est encore loin d'un budget de rigueur». Ces dépenses représentent 383 euros par habitant, «soit 20% de plus que la moyenne des Régions en 2023».

«La pyramide des âges peut vous aider à passer à l'action», glisse-t-elle en envisageant que «en 2026, ce sont 170 agents qui vont partir en retraite». «Combien de départs en retraite ne seront pas remplacés ?»

«Vous avez ouvert à fond les derniers robinets fiscaux qui vous restent»


«Nous savons ce que vous envisagez de faire en plus mais le document budgétaire ne s'étend guère sur les économies prévues», déplore l'opposante qui demande pourquoi la comparaison avec le budget primitif de l'année N-1 a disparu de la présentation.

Céline Bähr enchaîne en mettant en avant 80 millions d'euros de recettes de fonctionnement supplémentaires. «Vous avez ouvert à fond les derniers robinets fiscaux qui vous restent», raille-t-elle, «au printemps, les voyageurs des TER subiront une cinquième augmentation en cinq ans». «Les familles verront encore grimper les tarifs des cantines [des lycées].»

«Les ratios financiers ne sont pas encore catastrophiques mais la corde se tend»


«Plus d'un euro sur deux investi est financé par l'emprunt», calcule Céline Bähr à ce stade du budget primitif, qui constitue un plafond en termes d'emprunt d'équilibre, amené à être révisé à la baisse. 

«Les ratios financiers ne sont pas encore catastrophiques mais la corde se tend», estime-t-elle, «vos choix budgétaires se font les yeux rivés sur l'échéance électorale de 2028». «La Région Bourgogne-Franche-Comté mérite mieux qu'une gestion à court vue, que des économies cachées sous le tapis, qu'un emprunt qui ne cesse d'enfler, elle mérite du courage budgétaire.»

Après plus de cinq heures d'examen en détails, vient le moment des explications de vote, permettant une synthèse des expressions.

Jacques Grosperrin : «Nous avons besoin d'une véritable trajectoire régionale cohérente»


«Nous avons besoin d'une Région qui évalue», lance Jacques Grosperrin (LR), «ce budget 2026 révèle une réalité désormais incontestable : vous abandonnez la logique d'investissements productifs et d'équilibre territorial au profit d'une sanctuarisation des axes de transition et de fraternité-vivre-ensemble». «L'agriculture continue d'être sous-financée, le numérique est sacrifié et les lycées et la formation professionnelle doivent être revus». 

«Vous avez décidé de concentrer votre effort sur des politiques où le rendement économique est faible, sur des dispositifs militants – comme les POTES –, sur un ferroviaire devenu incontrôlable, sur des actions internationales dont l'impact économique reste limité», développe l'opposant au nom du Rassemblement de la droite, du centre et des écologistes indépendants. «Nous avons besoin d'une véritable trajectoire régionale cohérente.»

Julien Odoul dénonce «la taxation à outrance»


Julien Odoul (RN) regrette que les amendements proposés par son groupe d'opposition aient tous été rejetés puis enchaîne en critiquant le financement de la solidarité internationale ou encore les cours de français langue étrangère.

Le président du groupe d'opposition Rassemblement national Bourgogne-Franche-Comté poursuit en dénonçant «la taxation à outrance», considérant que la Bourgogne-Franche-Comté est «étouffée par l'idéologie» et renvoyant aux élections de 2028.

Denis Thuriot constate «l'écart grandissant entre les discours d'ambition et la réalité budgétaire»


«Ce budget 2026 ne donne pas à la Région tous les moyens d'être à la hauteur des défis qui sont les siens», considère Denis Thuriot (REN), «nous constatons l'écart grandissant entre les discours d'ambition et la réalité budgétaire».

Le président des élus progressistes rappelle l'alerte donnée durant le débat des orientations budgétaires concernant les projections financières au-delà de 2028, année électorale.

«Les priorités affichées ne sont pas toujours assumées financièrement», déplore l'opposant qui suggère de réduire «les dépenses internes». «La santé recule, (…) l'agriculture se fragilise, l'environnement s'efface. (…) Il manque un cap réel.»

«Le budget ne protège pas les politiques publiques essentielles, il n'assure pas la soutenabilité financière, il n'est pas à la hauteur de l'urgence territoriale», conclut-il. «C'est un budget de saupoudrage et de résignation, (…) la Région a besoin davantage de priorisation que d'affichage et plutôt de sincérité et d'ambition.»  

«Ce budget reste offensif malgré les obstacles», salue Claire Mallard


«Le niveau d'intervention reste satisfaisant», exprime Claire Mallard (LE) qui pose des jalons pour l'avenir, espérant un «débat» sur de futures «marges de manœuvre»

«Ce budget reste offensif malgré les obstacles», salue la présidente du groupe Écologistes et solidaires, participant à la majorité, «la Région sera au rendez-vous pour garantir l'accès au service public de voyageurs et l'efficacité énergétique». 

«Les politiques en faveur de la préservation des forêts, des cinq parcs naturels régionaux, des réserves naturelles et la restauration des cours d'eau ne souffrent d'aucune économie», insiste l'élue écologiste en réponse à Denis Thuriot, défendant le principe d'un «budget vert». «Dans cette Région, nous avons conscience que les générations qui viennent sont tributaires des choix politiques que nous faisons aujourd'hui.»

Toutefois, Claire Mallard fait part de «réserves» concernant le développement de la filière hydrogène, les usages de l'eau pour le tourisme et l'éventuel écocondtionnement des pôles de compétitivité.

Muriel Ternant : «Il n'y a rien de plus efficace que le service public et l'emploi public»


«Deux visions du rôle d'une collectivité en temps de crise s'affrontent», analyse Muriel Ternant (PCF), «celle qui consiste à vouloir préserver, tant bien que mal, le service public et celle qui revendique de le sacrifier par pans entiers pour pouvoir continuer à soutenir les profits des entreprises et la rentabilité du capital».

Se situant dans la première catégorie, la présidente du groupe des élus communistes et républicains refuse de «supprimer massivement des emplois». «La grande majorité de l'effectif régional se trouve dans les services d'entretien, de restauration et d'hébergement des lycées.»

Au passage, celle qui soutient pourtant la majorité dénonce «le recours aux cabinets de conseil privés» qu'elle évalue à 6,6 millions d'euros en 2025. «Combien nous coûterait des suppressions de services administratifs ? (…) Il n'y a rien de plus efficace que le service public et l'emploi public.»

Dans la foulée, l'élu communiste rappelle sa contestation de l'ouverture à la concurrence des TER, suite à une directive européenne. «Le budget ferroviaire devient insoutenable», analyse-t-elle, «les usagers doivent-ils payer la concurrence ferroviaire ?»

Muriel Ternant conclut en appelant à trouver des économies en arrêtant de soutenir les écoles de production privés hors-contrat.

«Ce budget apporte pour tous de la stabilité», synthétise Hicham Boujlilat


«On va voter un budget pour assurer toutes les formes de sécurité pour notre région», lance Hicham Boujlilat (PS), déclinant le thème : l'éducation, la formation professionnelle, la culture, le sport, la vie associative, le «vivre-ensemble», le développement économique, l'aménagement du territoire, les mobilités, l'agriculture, la transition écologique ou encore le nouveau sujet des «fiertés régionales».

Le président du groupe Notre Région par cœur enchaîne avec la «sécurisation» des lycées ainsi que des TER sans oublier la lutte contre les conduites addictives.

«Ce budget apporte pour tous de la stabilité», conclut le socialiste, «c'est un budget sérieux qui n'empêche pas l'audace, un budget rigoureux mais qui ne prévoit aucun austérité, un budget de mobilisation totale de nos responsabilités, un budget qui valorise nos fiertés».

La majorité adopte le budget primitif 2026


Après cinq mois de travail des services, deux directeurs généraux des services,  deux présidents de Région et durant le passage de deux Premiers ministres, le budget est soumis au vote de l'assemblée.

Votent contre les groupes du Rassemblement de la droite, du centre et des écologistes indépendants, du Rassemblement national Bourgogne-Franche-Comté et des éus progressistes ainsi que l'élue non-inscrite Audrey Lopez (sans étiquette).

Votent pour les groupes de la majorité – Ecologistes et solidaires, les élus communistes et républicains ainsi que Notre Région par cœur – ce qui permet d'adopter le budget primitif 2026.

Jean-Christophe Tardivon

Les principales données du budget primitif 2026
1,97 Md€ hors gestion active de la dette (contre 1,92 Md€ en 2024 en valeur absolue)
1,28 Md€ de dépenses de fonctionnement (contre 1,21 Md€)
1,50 Md€ de recettes de fonctionnement (contre 1,45 Md€)
586,3 M€ de dépenses d'investissement (contre 581,8 M€)
155,3 M€ de recettes d'investissement (contre 143,1 M€)
214,5 M€ d'épargne brute (contre 197,3 M€)
316,8 M€ d'emprunt d'équilibre (contre 331,8 M€)
100,2 M€ d'amortissement de la dette (contre 90,3 M€)




Le budget 2026 de la Région Bourgogne-Franche-Comté s'annonce en hausse sensible malgré les économies souhaitées


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Jérôme Durain veut répondre aux enjeux de sécurité dans les transports et dans les lycées de Bourgogne-Franche-Comté


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Avec les bons vœux des élus de la Région Bourgogne-Franche-Comté


Le dossier de la Région Bourgogne-Franche-Comté sur le budget primitif 2026


Les avis du CESER sur les dossiers de la session de la Région Bourgogne-Franche-Comté du 11 décembre






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