
La session à venir abordera le temps long avec des dossiers relevant des «transitions» ainsi que le quotidien avec des mesures de «pouvoir d'achat». Ce mardi 28 avril, à Dijon, le président de la Région Bourgogne-Franche-Comté a assuré être au rendez-vous pour «protéger au maximum le territoire et ses habitants».
La première session du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté depuis les élections municipales est prévue les 29 et 30 avril prochains. Ce mardi 28 avril 2026, Jérôme Durain (PS), président de la collectivité, a tenu une conférence pour exposer les principaux dossiers à l'ordre du jour.
Parmi ceux-ci figurent la première décision modificative du budget, une convention de partenariat avec la chambre d'agriculture et une feuille de route sur l'eau.
«On fait le boulot des transitions et ça finit par alléger les factures des habitants»
Dans un contexte de «crise géopolitique, énergétique avec des conséquences sociales», Jérôme Durain assure que la Région sera au rendez-vous pour «protéger au maximum le territoire et ses habitants» avec avec «des politiques qui préparent les transitions écologiques, numériques, industrielles sur le temps long» en répondant au mot d'ordre «sécurité, souveraineté et solidarité».
«Quand on permet aux gens de se déplacer dans des transports décarbonés, quand on travaille sur le transport collectif plutôt que la voiture individuelle, quand on aide à la rénovation thermique des bâtiments, quand on favorise les circuits courts, quand on travaille sur la question de l'eau, quand on aide tous les acteurs sur le changement climatique, on fait le boulot des transitions et ça finit par alléger les factures des habitants de cette région dans tous les champs», argumente le socialiste. «Cette vision structurelle, ce n'est pas de l'idéologie, c'est la prise en compte de la réalité du monde et c'est notre travail de fond.»
Gratuité des transports scolaires, prise en charge de la moitié des coûts de cantine dans les lycées, tarifs de mobilités «attractifs», service ferroviaire, ticket mobilité (
lire le communiqué)... «le pouvoir d'achat, on le traite de manière constante dans nos politiques», insiste le président de Région.
Une réduction de l'emprunt d'équilibre de 15 millions d'euros
«On se fait plumer», réagit Jérôme Durain en abordant le chapitre des finances, en particulier sur les sujets de la réduction des dotations de l’État et de la contribution à la réduction des déficits publics.
Après avoir construit le budget primitif pour 2026 avec des «prévisions très négatives», les ajustements gouvernementaux conduisent à atténuer les ponctions faites auprès de la collectivité, passant de 55 à 40,5 millions d'euros (après 42,7 millions d'euros en 2025).
Cette atténuation ainsi que diverses évolutions budgétaires – tant à la hausse qu'à la baisse – conduisent l'exécutif à opter pour «un allègement de l'emprunt d'équilibre» de 15,1 millions d'euros.
À l'issue de la «DM1», les ratios restent comparables à ceux envisagés lors de la construction du budget primitif 2026.
Jérôme Durain rappelle le «sujet d'autonomie financière de nos collectivités»
Ancien sénateur, Jérôme Durain justifie la non-censure de la loi de finances pour 2026 par les députés socialistes : «avoir un budget ou ne pas en avoir, le choix du pire était de ne pas avoir [de budget]». Ce qui n'empêche pas le président de la Région d'utiliser son droit à «contester les choix qui sont faits à l'intérieur de ce budget».
«C'est un travail d'alerte», poursuit-il, «on s'est vu avec les présidents de Régions assez récemment pour constater la difficulté dans laquelle nous étions collectivement pour exercer les compétences dévolues par la loi, pour travailler au service de nos concitoyens». «C'est un vrai sujet d'autonomie financière de nos collectivités.»
Le socialiste pointe une «incohérence dans les politiques de l'emploi» de l’État
«Le retrait de l’État nous met en difficulté sur des sujets majeurs», proteste le président de la Région en citant le financement de l'apprentissage – l'opérateur France Compétences réduit de moitié ses crédits, soit 7,3 millions d'euros –, de la formation des demandeurs de l'emploi – avec «25 millions d'euros en moins», soit 1.700 places de formation – ainsi que des formations des métiers du sanitaire et social.
«La plus grande difficulté des entreprises, c'est de trouver des salariés à embaucher», alerte le responsable de l'exécutif régional, «on vient mettre en difficulté les entreprises parce qu'on prive les entreprises de demandeurs d'emploi qu'on pourrait remettre à l'emploi».
Le socialiste pointe donc une «incohérence dans les politiques de l'emploi» : «le retrait de l’État va avoir des conséquences très concrètes pour un certain nombre d'organismes de formation».
Le président de la Région entend «renouer une relation de confiance avec le secteur agricole»
Après les «défaillances» liées aux versements des aides européennes dues aux agriculteurs, Jérôme Durain a entrepris de «renouer une relation de confiance avec le secteur agricole».
Cela passe notamment par une convention de partenariat «pour une agriculture durable et souveraine» avec la chambre régionale d'agriculture qui accompagne l'enveloppe de 150 millions d'euros sur trois ans que la collectivité flèche pour l'agriculture, principalement sur les enjeux d'installation et de modernisation des exploitations.
«Il faut qu'on arrive, collectivement, à passer d'un modèle subventionné – les individus ou les exploitations – à la construction de filière», analyse-t-il en prenant l'exemple de la relocalisation de l'engraissement des jeunes bovins accompagnée par la collectivité.
Dans la foulée, le président de la Région rappelle le mot d'ordre avancé lors du Salon de l'agriculture 2026 : «décider ici, produire ici, valoriser ici» (
lire notre article).
Une feuille de route sur l'eau
Une feuille de route sur
l'eau sur la période 2026-2030 pose «les enjeux de quantité, de qualité,
de biodiversité et de la gouvernance de l'eau dans l'ensemble des
politiques régionales».
Avec des territoires situés
respectivement en têtes de bassin, la Bourgogne-Franche-Comté constitue
«la région la plus exposée au réchauffement climatique dans ses
contraintes hydriques».
«Conforter la culture scientifique et technique»
«Dans les tumultes de la mondialisation et les incertitudes géopolitiques du moment, conforter la culture scientifique et technique – une compétence régionale –, c'est préparer le coup d'après», considère Jérôme Durain en présentant la feuille route régionale sciences-société sur la période 2026-2030.
«Il y a un enjeu d'élévation du niveau de connaissances scientifiques de notre jeunesse», insiste-t-il. Selon lui, il s'agit également «d'exercer l'esprit critique de notre jeunesse dans une période où même les faits scientifiques les plus élémentaires semblent remis en question».
Un plan d'action sur la déontologie
La Région se dote d'un plan d'action sur la déontologie et adhère au forum Transparency International France.
Ancienne conseillère régionale, Sophie Fonquernie prend la présidence du comité d'éthique régional.
«La défiance qui s'exprime vis à vis de la démocratie représentative et des élus exige de nous transparence, probité et exemplarité», glisse Jérôme Durain. «C'est au cœur du pacte républicain.»
Une mission sur la cybersécurité confiée à l'ARNIA
Face «aux nouvelles formes de criminalité qui prospèrent», l'exécutif a confié à l'Agence régionale du numérique et de l'intelligence artificielle une mission stratégique portant sur la cybersécurité.
Selon la collectivité, il s'agissait «évaluer le niveau de maturité des opérateurs, à détecter les vulnérabilités potentielles et accompagner leur mise en conformité avec les standards les plus exigeants en matière de sécurité des systèmes d'information».
Les mobilités, priorité à aborder avec la nouvelle préfète
Alors que Violaine Démaret vient de prendre ses fonctions en tant que préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté (
lire notre article), Jérôme Durain indique avoir «découvert une préfète cash, qui veut aller à l'efficacité et à la simplicité». «On a vraiment besoin d'un travail très étroit avec l’État, il faut qu'on tire dans le même sens, qu'on ait les même priorités ; Marie-Guite Dufay l'a bien fait avec Paul Mourier pour porter la COP [régionale]».
Le thème des mobilités constitue une priorité à aborder. «C'est un des irritants territoriaux les plus puissants sur la question du financement des infrastructures», précise le président de Région qui compte également rappeler à la représentante de l’État «les difficultés financières», en prévision de «mots forts adressés à l’État central».
Jean-Christophe Tardivon