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20/02/2020 17:24

RÉGION : Patrick Ayache souhaite que «la Bourgogne-Franche-Comté parle d'une seule voix à l'international»

Lors de la première journée du genre, l'ensemble des acteurs concernés par les enjeux à l'international se sont retrouvés ce jeudi au siège dijonnais du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté pour apprendre à mieux travailler ensemble afin de renforcer l'attractivité de la région.
Le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté se veut très actif en matière de soutien des entreprises pour favoriser les exportations. Cependant, les enjeux de l'ouverture à l'international sont plus larges que la conquête de marchés à l'étranger : mutualisation des moyens, articulation des filières, relations internationales ou encore citoyenneté mondiale (lire notre article sur les trois ans de BFC International).

Pour aborder globalement l'ensemble de ses aspects, la Région a organisé des «Assises de l'international» ce jeudi 20 février 2020, à Dijon, sur le thème « Attractivité, rayonnement et développement durable des territoires : les leviers de l’action internationale ». Ont participé environ 170 représentants de collectivités locales, d'entreprises, d'établissements de formations et d'associations.

La journée a permis de réaliser un tour d’horizon de la politique régionale internationale pour informer les acteurs présents. Certaines actions phares ont été soulignées. Des projets et initiatives régionales ont été valorisées. De prochains rendez-vous ont été préparés comme les futures rencontres régionales à construire avec différentes structures et institutions partenaires de la Région.

Participer au renforcement de l’attractivité de la Bourgogne-Franche-Comté


«L'international est partout et irrigue nos territoires» a lancé Patrick Ayache en ouverture de cette journée. Il est vice-président en charge de l’action européenne et internationale, du contrat de plan, de l’attractivité, du tourisme et de l’export. Il a rappelé que «le conseil régional accompagne cette ouverture internationale» : mobilité internationale des jeunes, rayonnement touristique et culturel ou encore démarche des entreprises à l'international.

La Bourgogne-Franche-Comté compte plusieurs régions partenaires dans des pays comme l'Allemagne, la Pologne, la République tchèque, l'Afrique du sud, le Chili ou la Chine. En Belgique, la collectivité a un Bureau de représentation à Bruxelles dont le rôle est «à la fois de porter la voix des intérêts régionaux auprès des instances communautaires et d'accompagner les projets de nature européenne».

Cette politique se veut complémentaire des enjeux de développement durable du territoire. Les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations-Unis pour 2030 servent de références pour guider la politique internationale. «Nous en faisons un levier d'action pour renforcer notre recherche de solutions partagées avec d'autres territoires et différents partenaires dans le monde» a expliqué Patrick Ayache.

Anticipant une éventuelle perplexité devant la grande variété des acteurs présents à cette journée, le vice-président a souligné ce qui les rapprochait : «vous avez en commun de participer, par vos actions, au renforcement des capacités de notre territoire, par là-même au renforcement de l'attractivité de ce dernier».

Réussir le pari de l'export


Parmi les différentes séquences de la journée, un temps fort concernait les questions économiques. L'international pouvant être un outil de développement des entreprises, grandes ou petites. Rémy Laurent (président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Bourgogne-Franche-Comté) a commencer par rappeler les différentes structures qui peuvent accompagner et aider financièrement les entreprises : la team France Export, les équipes de CCI International, Business France, la BPI et bien sûr le conseil régional.

Pour Arnaud Marthey (président de l'Agence économique régionale), la Bourgogne-Franche-Comté est en passe de «réussir ce pari» de l'export car «la fusion des régions a été un atout réel en matière de développement économique, on le voit à l'international». La Bourgogne-Franche-Comté serait identifiée comme LA région française du luxe «tant en termes d'emploi que de qualité» : dans l'horlogerie et la maroquinerie notamment. L'écosystème du luxe est constitué de grands groupes et de nombreux sous-traitants qui travaillent ensemble.

À son tour, Florian Boucherie (chef de projet à l'institut FEMTO-ST, une unité mixte de recherche de l'Université de Franche-Comté) a défendu la dimension internationale de la formation universitaire et des projets de recherche. «La recherche est, par essence, internationale» a-t-il lancé. Cette dimension mondiale «permet d'attirer les meilleurs talents».

«L'ouverture sur les cultures du monde peut être profitable pour l'entreprise»


Le témoignage de Marc Désarménien (directeur général de la Moutarderie Fallot) était particulièrement attendu. Il a insisté sur l'intérêt pour les entrepreneurs d'être «convaincus» avant de s'engager dans une stratégie export et de chercher à mutualiser les moyens. La Moutarderie Fallot fait partie du réseau Vitagora pour cela.

Marc Désarménien a souligné le fait que les petites entreprises sont «des vecteurs d'image» : «peut-être que les ventes de pains d'épices dans un magasin à New-York peuvent promouvoir l'image française et promouvoir le made in France à l'étranger». Autre exemple : «les vins permettent de vendre des produits alimentaires et de vendre l'image française et peut-être de vendre des voitures made in France».

Travailler à l'export induit un retour sur le marché intérieur de l'entreprise : «aller sur les marchés étrangers, c'est une source d'inspiration, (…) c'est l'ouverture sur les cultures du monde qui peut être profitable pour l'entreprise». En exportant en Asie, la Moutarderie Fallot a revu la taille de ses conditionnements, a préparé des recettes spécifiques qu'elle a ensuite commercialisé en France.

Parallèlement, le directeur a voulu attirer l'attention de l'assistance sur la forte demande des consommateurs pour des produits plus authentique dans l'ensemble de leur conception : «parler de gastronomie, ça ne suffit pas, il faut parler ingrédients également, les ingrédients, c'est une origine». Les clients seraient de plus en plus nombreux à interroger sur la provenance de tel ingrédient (le sel dans la moutarde par exemple) ou la confection de tel emballage.

«Créer une dynamique collective de l'action internationale»


«La stratégie internationale de la Région est tous azimuts, toutes politiques confondus» a expliqué Patrick Ayache à Infos-Dijon en marge de cette journée. La raison d'être de ces assises étant «de réunir tous ceux qui travaillent en silo dans leur domaine pour essayer de créer une dynamique collective de l'action internationale».

«Les enjeux sont considérables» s'est enthousiasmé le vice-président. «Il faut encore améliorer notre stratégie d'export, (…) il faut que l'on encourage les entreprises à exporter notamment les primo-exportateurs» avec comme objectif de contribuer à réduire le déficit extérieur de la France.

Les entreprises de toutes tailles sont concernées : «il faut toujours pousser les leaders : le vin, le luxe, l'automobile. Il faut donc les aider à continuer à aller de l'avant. Il faut que nous arrivions à convaincre des entreprises qui se trouvent dans des secteurs porteurs, qui n'exportent pas, à franchir un cap» a-t-il recommandé. La Moutarderie Fallot est vue comme «un bon exemple de ce qu'il faut faire».

«Tout cela crée le rayonnement de notre région. Il faut que l'on parle de la Bourgogne-Franche-Comté à l'étranger car quand on en parle, on a envie d'y venir en vacances, pour travailler, pour habiter» a détaillé Patrick Ayache. Les spécificités de la région correspondant bien aux demandes à l'export.

L'articulation des acteurs locaux relève du défi pour le conseil régional : «il faut essayer casser les frontières et notamment d'ouvrir les entreprises à la coopération et de faire travailler ensemble entreprises, associations et collectivités». L'affluence à ces assises a satisfait le vice-président : «j'aimerais que de cette journée, il ressorte que (…) la Bourgogne-Franche-Comté parle d'une seule voix à l'international».

Jean-Christophe Tardivon

Chiffres clés
21,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires réalisé à l'export
6.500 entreprises exportatrices en Bourgogne-Franche-Comté
40.000 salariés employés par 600 entreprises étrangères dans la région
2.600 étudiants, élèves ou apprentis effectuent chaque année une partie de leur cursus à l'étranger
6.970 étudiants étrangers accueillis (8,7% de la population étudiante)
1.000 associations engagées dans des projets de solidarité internationale
1.970 élèves sensibilisés à la solidarité international dans le dispositif Tandems solidaires
26 millions de nuitées étrangères par an