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08/01/2021 19:28

RÉGIONALES : Julien Odoul s'oppose à «la centralisation à outrance à Dijon»

Futur candidat du Rassemblement National aux élections régionales en Bourgogne-Franche-Comté, ce vendredi 8 janvier Julien Odoul a critiqué sévèrement l'action du gouvernement durant la crise sanitaire et dessiné les axes programmatiques qui reprendront les fondamentaux du parti de Marine Le Pen.

Le leader du Rassemblement National en Bourgogne-Franche-Comté veut croire en la possibilité d'organiser les élections départementales et régionales en juin prochain, «deux tests électoraux qui seront les derniers avant la présidentielle de 2022».

Ce sera «l'occasion de sanctionner tous les errements, toutes les insuffisances, toutes les incompétences, tout le mépris du gouvernement dans cette crise sanitaire qui a été quand même gérée de manière assez affligeante» déclare Julien Odoul ce vendredi 8 janvier 2021. Que les élections départementales et régionales se déroulent le même jour en font «une élection nationale avant tout» pour le soutien de Marine Le Pen.

«Cette campagne de vaccination est indigente»

Alors que la campagne vaccinale est lancée depuis quelques jours seulement, Julien Odoul estime que «cette campagne de vaccination est indigente» car elle «prive tous les Français de la liberté la plus élémentaire, c'est à dire la liberté pour les uns de se faire vacciner – parce que les Français aujourd'hui qui ont fait le choix de se faire vacciner ne le peuvent pas et n'auront pas ce choix-là avant plusieurs semaines – et ensuite la liberté pour les Français – ils nombreux encore aujourd'hui – qui ne souhaitent pas se faire vacciner, la liberté de pouvoir vivre normalement, c'est à dire en bénéficiant de toutes les libertés de se déplacer, de consommer, tout simplement de ne pas être entravé par des projets de loi liberticide». En résumé, pour l'opposant à la politique d'Emmanuel Macron, la campagne de vaccination est déjà «un échec majeur».

Parmi «les insuffisances» gouvernementales, Julien Odoul considère que les aides gouvernementales aux entreprises subissant les fermetures administratives ne permettront pas «de survivre». Il déplore «la mort programmée» des cafetiers, restaurateurs, salles de sport, discothèques ou encore du monde de la culture.

La crise sanitaire qui se double d'une crise économique représente «un cataclysme social dont on ne mesure pas encore les conséquences» selon Julien Odoul qui évoque General Electric, SKF, Jacob Delafon et Michelin qui vient de s'ajouter à la liste des entreprises qui réduisent leurs effectifs. En Bourgogne-Franche-Comté, le site de Michelin de Blanzy (Saône-et-Loire) et la filiale SNC Pneu Laurent à Avallon (Yonne) verront les postes diminuer d'ici 2024.

Le président du groupe d'opposition du Rassemblement National au sein du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté reproche à l'exécutif de ne pas avoir «puisé dans le trésor de guerre qui est réservé aux migrants, notamment la formation des migrants, pour pouvoir aider exceptionnellement les restaurateurs». Julien Odoul a calculé que, sur l'ensemble du mandat, le soutien aux cours de français langue étrangère représente un budget de 17 millions d'euros. À noter que le budget 2021 de la collectivité s'élève à près de deux milliards d'euros (lire notre article).

«Envoyer un signal très clair au gouvernement»


Face à cela, dans une perspective nationale, Julien Odoul signale «la possibilité qu'ont les Bourguignons et Francs-Comtois, et plus généralement les Français, de se réveiller et de reprendre le contrôle sur leurs vies et notamment le contrôle sur la politique». L'élu du RN appelle les électeurs se tourner vers le RN pour dire «stop» et «envoyer un signal très clair au gouvernement».

Régionalement, Julien Odoul demande à la présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté d'«assumer» son soutien à Emmanuel Macron et notamment qu'«elle assume d'avoir sollicité l'investiture En Marche» pour les prochaines élections régionales. «Ce n'est pas une crypto-macroniste, c'est une macroniste décomplexée Marie-Guite Dufay» insiste Julien Odoul. C'est finalement le député de la Côte-d'Or Didier Paris qui a été désigné pour préparer ces élections.

Des critiques que l'opposant prend soin de réserver au champ politique : «Marie-Guite Dufay, au-delà de la présidente de Région et de la femme politique, est une femme agréable pour qui j'ai du respect, qui est plutôt sympathique. On n'a jamais eu de problème humain avec elle. Il y a une opposition qui est franche au niveau politique parce qu'elle met en œuvre des orientations que je trouve, d'un point de vue économique, assez scandaleuses et, d'un point de vue du vivre en paix, assez dangereuses».

«Une autre région est possible»


Seul prétendant à la désignation, Julien Odoul devrait être le candidat en tête de liste pour le Rassemblement National aux élections régionales. L'officialisation par la commission nationale d'investiture arrivera début février. Le futur candidat entend porter le message qu'«une autre région est possible», ce qui sonne déjà comme un slogan de campagne. Les représentants des listes de chaque département pour ces élections régionales seront choisis par le parti entre février et avril.

Du côté des élections pour les conseils départementaux, les investitures des binômes sont en cours. «Les 152 cantons de la Région Bourgogne-Franche-Comté seront pourvus en binômes RN» assure Julien Odoul. Plusieurs candidats se présenteront simultanément aux deux élections pour capitaliser les effets de campagne.

«Gilles Platret a fait le choix d'être plus radical que Marine Le Pen»


Alors que la candidature de la présidente sortante est encore incertaine, alors que le président du groupe d'opposition des républicains de la Droite et du Centre a laissé la place à Gilles Platret, Julien Odoul apparaît bénéficier de l'avantage de la continuité. «On prépare cette alternance depuis plus de trois ans, on construit quelque chose au sein du groupe, on ferraille dur dans l'opposition, on a mûri un projet déjà, (…) on a des fédérations qui sont en ordre de marche» explique le futur candidat.

«Gilles Platret a fait le choix, par son positionnement, d'aller sur nos plates-bandes, même quelques fois d'être plus radical que ne peut l'être Marine Le Pen» analyse Julien Odoul. «Le seul souci, c'est que c'est l'hypocrisie même de Gilles Platret, il est dans cette confusion permanente entre une fermeté verbale et puis une mollesse dans l'action» adresse-t-il à l'endroit de son concurrent déclaré.

«Sur le fond, Gilles Platret a voté toutes les subventions dédiés aux migrants, il ne s'est jamais opposé concrètement notamment sur les questions de laïcité. Je me rappelle de l'affaire du voile où Gilles Platret est resté extrêmement dans la ligne de Marie-Guite Dufay» se souvient Julien Odoul.

«Quand on va à une pose de première pierre, qu'il y a des truelles, qu'on boit le verre de l'amitié avec le grand drapeau turc derrière, je ne sais pas ce que c'est ?» lance Julien Odoul à propos d'une inauguration de salle de prière à Champforgueil (Saône-et-Loire) que Gilles Platret récuse. Une position que Julien Odoul considère comme «cocasse».

«Le changement, ce n'est pas cette fausse droite» déclare le candidat, «mon but, c'est que le Rassemblement National gagne la Région, c'est notre souhait depuis le début. Il y a une possibilité, on fait partie des Régions qui sont gagnables, objectivement».

«Le sort qui a été fait à Besançon et à la Franche-Comté a été assez injuste»


Le responsable du RN compte se distinguer du candidat des Républicains tant sur les propositions que sur la façon de faire campagne. «Dans l'histoire de la politique, les tickets ont rarement marché» lance-t-il en référence au ticket Gilles Platret-Jean-Marie Sermier. «Ce qu'il nous vend avec ce ticket, c'est l'équilibre entre Bourgogne et Franche-Comté. Nous, on a toujours été clair. On était le seul parti qui était cohérent parce qu'on était opposé à la fusion. On a dit tout ce qui allait se passer et qui est arrivé au grand jour : la gabegie, plus d'impôts et moins de services, l'éloignement démocratique, les problèmes dans les services et, aujourd'hui, une collectivité qui est illisible pour bon nombre de concitoyens» charge-t-il en faisant d'une pierre deux coups.

«Maintenant, cette Région existe, ce n'est pas nous, en tous cas, qui allons la démembrer. On a toujours été très clairs sur l'équilibre entre Franche-Comté et Bourgogne. (…) Le sort qui a été fait à Besançon et à la Franche-Comté, de la part de la présidente franc-comtoise, a été assez injuste et assez redoutable» considère Julien Odoul en mettant en avant l'alignement sur le taux bourguignon de carte grise et le choix de Dijon comme siège de la collectivité. Et d'ajouter que «nous, ce sera l'équilibre entre les territoires et ce ne sera plus la centralisation à outrance à Dijon».

Un électorat du RN «fort» en Bourgogne-Franche-Comté


En décembre 2015, pour les premières élections des conseils régionaux fusionnés, trois listes étaient arrivées dans un mouchoir de poche au soir du second tour, 26.003 voix les séparant sur 962.968 votes valides. La coalition autour de la socialiste Marie-Guite Dufay l'avait emporté avec 34,67% des suffrages exprimés, la liste UDI-LR conduite par François Sauvadet atteignant 32,89% et la liste du Front National menée par Sophie Montel enregistrant 32,44%. Après l'éclatement du groupe du Front National en plusieurs parties, Julien Odoul avait pris la présidence en septembre 2017.

Si, en 2015, «Sophie Montel, la liste Front National à l'époque, a fait un score extraordinaire, notamment au premier tour, sans avoir fait campagne», Julien Odoul entend mener en 2021 «une campagne active». Même, «on est en campagne depuis plus de trois ans» ajoute-t-il.

Prudent, le candidat ne compte pas sur un éventuel socle d'électeurs : «s'il n'y a pas de souffle, s'il n'y a pas d'élan, à un moment donné, nos électeurs, comme tous nos concitoyens, se tournent vers les candidats qui ont le plus envie et qui incarnent quelque chose. Nous, on va capitaliser surtout sur les 530.000 électeurs de Marine Le Pen en 2017. C'est une vraie réalité que, dans notre région, il y a un électorat qui est fort, qui est lié aux problématiques sont les nôtres : la fracture territoriale, le déclassement, le chômage de masse, la ruralité abandonnée (…) et la dissémination des migrants».

En 2017, pour l'élection présidentielle, en Bourgogne-Franche-Comté, Emmanuel Macron avait fédéré 60,48% des suffrages au second tour et Marine Le Pen 39,52% (contre respectivement 66,10% et 33,90% au niveau national). Aux élections européennes de 2019, avec 26,24%, la liste du Rassemblement National avait amélioré le score du premier tour de la présidentielle dans la région (25,99%) dans un contexte de rebond de la participation.

Jean-Christophe Tardivon