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06/06/2021 06:44

RÉGIONALES : Julien Odoul veut «aller au bras de fer» pour préserver la santé dans les territoires

Tête de liste du Rassemblement National en vue des prochaines élections régionales en Bourgogne-Franche-Comté, Julien Odoul a présenté des propositions «pour la santé des Bourguignons et des Francs-Comtois» vendredi 4 juin à Dijon. L’Agence régionale de santé et la majorité régionale ne sont pas épargnées par les critiques.
Vendredi 4 juin 2021 en milieu d’après-midi, ce n’est pas au diapason de l’Agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté que s’est exprimé Julien Odoul.

Devant le Diapason aux Grésilles à Dijon, siège social de l’ARS, entouré de plusieurs candidats du Rassemblement National en vue des prochaines élections, il a au contraire fustigé la «politique» de l’Agence. «Une ARS qui n’est pas régionale, elle n’en a rien» selon lui, la voyant simplement comme «une antenne du ministère de la santé avec un directeur général, Monsieur Pribile, qui n’est pas l’interlocuteur des Bourguignons et des Francs-Comtois mais qui est l’interlocuteur de Monsieur Véran. Il obéit aux directives pour faire des économies».


L’ARS et le PRS fustigés


À propos du ministre des Solidarités et de la Santé, la tête de liste régionale pour le Rassemblement National en Bourgogne-Franche-Comté lance dans le contexte de crise sanitaire : Si Monsieur Véran ne comprend pas les besoins vitaux dans nos territoires, oui il faut aller à la confrontation». Pour Julien Odoul, «engager le bras de fer contre l’ARS» est une nécessité pour que les élus régionaux ne soient plus servis par «les discours convenus» du directeur de l’ARS.

En tant que conseiller régional d’opposition et président du groupe du Rassemblement National, il rappelle : «Sur la santé, le constat est extrêmement alarmant, bien antérieur à la crise sanitaire». Il qualifie de «funeste» le Plan régional de santé qu’il résume par «beaucoup moins de services hospitaliers, beaucoup moins d’hôpitaux et une amplification de la désertification médicale».
Le chef de file du RN en Bourgogne-Franche-Comté déplore «une densité médicale bien en-deçà de la moyenne nationale et des territoires désertifiés à la suite de politiques comptables. Depuis 2009, 11 maternités ont été supprimées dans la région, sans compter les services de chirurgie et d’urgences de nuit menacés. En 15 ans, on a fermé 896 lits d’hospitalisation en Bourgogne-Franche-Comté (420 en Franche-Comté, 476 en Bourgogne)». Et les résultats ne sont pas brillants selon Julien Odoul : «L’Yonne est 90ème sur 101 départements au niveau de l’espérance de vie. On compte 70 médecins généralistes pour 100.000 habitants».

Julien Odoul et ses colistiers se présentent alors, dans la continuité disent-ils de leur opposition menée au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, «contre la casse de l’hôpital public en Bourgogne-Franche-Comté et pugnaces pour dénoncer les politiques de rentabilité». En affirmant : «Garantir l’égal accès à la santé de tous les Bourguignons et tous les Francs-Comtois. Ça a été un des combats politiques de notre groupe durant le dernier mandat à la Région». Quant à la présidente du Conseil et sa majorité régionale ? Marie-Guite Dufay n’a fait que pleurer sur le lait renversé. Qu’est-ce qui a été engagé pour stopper cette politique ?».

Moratoire, médecins salariés, bus médicalisés, aides aux jeunes


Le «bras de fer» annoncé par Julien Odoul doit d’abord s’engager par un moratoire sur les fermetures de lits et de services hospitaliers. Car actuellement, les hôpitaux et services de proximité sont selon l’élu RN «des oasis qu’on désosse».
L’assurance de ce moratoire, le candidat à la présidence de la Région Bourgogne-Franche-Comté compte l’imposer en conditionnant le versement de subventions de la Région aux groupements hospitaliers pour leurs équipements au respect de ce moratoire, «comme par exemple pour les 10 millions d’euros de la Région versés aux groupements hospitaliers durant la crise sanitaire» afin de participer au soutien des établissements sanitaires.

Contre la désertification médicale, Julien Odoul propose le recrutement de 200 médecins salariés «qui seront envoyés dans les territoires ruraux désertifiés». Il prend l’exemple de ce qui s’est fait en Saône-et-Loire et voit par la même occasion dans cette démarche une manière d’«anticiper les départs en retraite».

Si les Bourguignons et Francs-Comtois en milieu rural ne peuvent facilement accéder à la santé, le RN promet de leur amener la santé, par la «mise en place de ligne de bus médicalisées dans les petites communes et les petits villages». Elles permettraient de garantir «un suivi des personnes âgées et handicapées».

Enfin, afin de former davantage les futurs médecins et les garder dans la région, Julien Odoul veut voir des ouvertures d’antennes de la faculté de médecine «sur chaque campus décentralisé de l’université, dans les huit départements de la région».

Autre aide s’inscrivant dans la même dynamique peut-on dire, pour «nos étudiants en santé qui sont l’avenir de la profession et qui, pourtant, sont sacrifiés par une réforme injuste», le versement de «500 euros par mois de la deuxième année de médecine jusqu’à la fin de l’internat. Cette aide aux étudiants en médecine sera soumise à un impératif d’exercice en Bourgogne Franche-Comté pendant autant d’années que le nombre d’années où l’étudiant à perçu la bourse. Cet impératif sera réduit du tiers s’il exerce en zone de moins de 10.000 habitants», explique Julien Odoul.

D’après la tête de liste régionale pour le Rassemblement National en Bourgogne-Franche-Comté, le programme du RN pour la santé en Bourgogne-Franche-Comté est «incitatif», dans un domaine «qui doit être prioritaire, c’est une question de volonté».
Équipés ce vendredi 4 juin de masques fabriqués par une entreprise du Doubs, «100 % Franche-Comté», les candidats du parti d’extrême-Droite ont voulu rappeler leur slogan, décliné en l’occurrence «pour une région qui protège la santé des Bourguignons et des Francs-Comtois».

Julien Odoul a terminé ce focus sur la santé en disant que «le budget régional est insuffisant». Il ne donne pas le montant ni même la part de ce que pourrait être le sien et préfère parler d’une question transversale, sur laquelle «les Bourguignons et Francs-Comtois veulent des résultats». Pour l’élu RN, c’est une question d’attractivité mais aussi de sécurité du territoire.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier





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