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08/05/2021 03:26
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RÉGIONALES : «On est une liste de gauche, c'est clair, c'est net», revendique Marie-Guite Dufay

La présidente sortante a présenté ses colistiers de Côte-d'Or ce vendredi 7 mai à Dijon. En plus du PS, la liste est soutenue par le PCF et le PRG. Plusieurs participants ont mis en avant leur «combat» contre le Rassemblement National.
Dans le cellier de Clairvaux, à Dijon, les moines cisterciens gardaient au frais leurs ressources alimentaires issues des récoltes. A contrario de son usage historique, c'est ce lieu que Marie-Guite Dufay a choisi ce vendredi 7 mai 2021 afin de révéler quelles ressources humaines de Côte-d'Or sont prêtes à battre la campagne pour la liste que la présidente sortante conduit sous la bannière «Notre Région par Cœur».

Adhérente du Parti Socialiste, Marie-Guite Dufay a été présidente du conseil régional de Franche-Comté de 2008 à 2015 puis présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté après la fusion administrative des deux régions, en 2015.


Si elle n'a officialisé que très récemment son intention de solliciter de nouveau les suffrages des électeurs, les listes de chaque département sont d'ores et déjà bouclées puisque la présentation des colistiers de Côte-d'Or vient clore un cycle initié en début de semaine dans le Doubs.

«Le poids des partis est en train de s'effondrer, à gauche comme à droite»


«Je vois une confusion entre élection locale et élection présidentielle», déplore la candidate alors que les alliances dans les Hauts de France ou en Provence-Alpes-Côte-d'Azur nourrissent des débats enflammés dans les médias nationaux à un an de la présidentielle de 2022.

«Le poids des partis est en train de s'effondrer, à gauche comme à droite. Nos concitoyens sont assez déroutés. Nous, normalement, on ne devrait pas dérouter : on est une liste de gauche, c'est clair, c'est net», martèle Marie-Guite Dufay. La candidate regrette néanmoins que ce ne soit pas une liste de «gauche unifiée» pour «faire face à la situation politique d'aujourd'hui avec un Rassemblement National qui est à nos portes».

Les «discussions» repoussées au-delà du premier tour


C'est justement la préparation de cette présidentielle qui «explique» le fait qu'Europe Écologie Les Verts, des «alliés naturels» selon Marie-Guite Dufay, aient choisi de constituer une liste autonome conduite par Stéphanie Modde. «Nos amis les Verts veulent se compter, ils veulent aussi montrer à la population toute leur radicalité – (…) faire vivre leurs convictions (…) – parce qu'ils pensent qu'une fois qu'ils seront en alliance avec le Parti Socialiste, avec d'autres membres de la société civile, avec le Parti Communiste, ils seront obligés, peut-être d'édulcorer leurs propositions. Le sujet est de savoir qu'est-ce qui nous unit», insiste la socialiste.

Malgré la confrontation des deux listes au premier tour, Marie-Guite Dufay précise qu'il n'y a pas «absence de dialogue» : «nous n'avons pas rompu les discussions». «J'ai tellement poussé des politiques écologistes depuis treize ans que ça n'a pas de sens qu'on ne parte pas ensemble, on va se retrouver», espère la socialiste.

Concernant La France Insoumise, «les discussions n'ont pas abouti», indique sobrement la candidate.

La candidate évacue la question de discussions éventuelles avec Denis Thuriot, soutenu par la majorité présidentielle, en vue du second tour : «je suis sur le premier tour». «On n'est pas tantôt à droite, tantôt à gauche, on est de centre-gauche à la gauche affirmée», glisse-t-elle néanmoins.

«Nous partons avec une volonté de faire valoir les valeurs de gauche», insiste donc Marie-Guite Dufay, rappelant que sa liste est soutenue par le PS, le Parti Radical de Gauche-Centre Gauche ainsi que par le PCF qui faisait liste à part en 2015 dans le cadre du Front de Gauche.

«On va faire le maximum et on verra comment ça se passe le soir du premier tour», indique Marie-Guite Dufay. La candidate n'écarte d'ailleurs pas un risque de quadrangulaire au second tour, une configuration qui profiterait au Rassemblement National. «Il y aura sûrement des discussions, on n'est fermé à aucune discussion», concède-t-elle.

«Lutter contre les inégalités»


Malgré les nombreuses interrogations sur les alliances potentielles, la candidate entend donc se concentrer sur le premier tour en défendant son bilan et en avançant de nouvelles propositions : «qu'est-ce qu'on a fait pour cette région, qu'est-ce qu'on peut faire de plus pour lui faire du bien, pour faire du bien à ses habitants, pour l'ouvrir, pour faire en sorte qu'elle soit encore plus attirante, encore plus rayonnante, pour qu'elle soit encore plus solidaire dans un temps où les inégalités se creusent ?»

Parmi les leviers avancés pour «lutter contre les inégalités», la socialiste cite la formation des demandeurs d'emploi, l'accompagnement du déploiement de la fibre mis en œuvre par les Départements pour «faire en sorte que tous les territoires ruraux comme urbains se retrouvent à égalité» ou encore l'éducation avec la gestion des lycées.

«Nous avons respecté tous les engagements pris en 2015»


Après avoir mis en avant cet aspect des inégalités sociales, la présidente sortante défend son bilan : «nous avons respecté tous les engagements pris en 2015 et nous sommes allés au-delà dans un mandat compliqué». La fusion administrative des deux conseils régionaux a conduit à l'harmonisation de plus de 300 règlements d'intervention entre les deux précédentes collectivités.

«Harmoniser par le haut» fut le credo de l'exécutif sortant ainsi que le rappelle Marie-Guite Dufay en prenant deux exemples : «la politique très active en directions des quartiers sensibles pour accompagner les projets d'emploi» de Bourgogne a été étendue à la Franche-Comté tandis que «la carte Avantages Jeunes» de la Franche-Comté a été généralisée.

La mandature qui s'achève a vu surgir la crise des Gilets Jaunes, l'intensification des sécheresses estivales et connaît toujours l'épidémie de la Covid-19. «Nous avons été dans la réaction et dans une très grande agilité», affirme la présidente sortante : plan d'action pour «redonner du pouvoir d'achat», rémunération des stagiaires de la formation doublée, mise en place d'un ticket de mobilité pour «les personnes qui, habitant dans la ruralité, sont obligées de prendre leur voiture pour aller travailler», «mobilisation territoriale» en réponse aux sécheresses, «filets de protection» pour les secteurs impactés par la crise sanitaire...

«Nous avons posés les bases de filières nouvelles pour le développement de l'emploi», avance Marie-Guite Dufay, prenant pour exemples l'hydrogène, les biotechnologies, l'agroalimentaire, l'horlogerie, la mécanique ou encore la métallurgie. «Nous avons pris les moyens d'être véritablement en protection des personnes qui subissent les conséquences des restructurations industrielles parce qu'on est une région qui a un tissu industriel qui n'a pas terminé sa diversification, il y a des mutations extrêmement importantes à suivre», analyse-t-elle.

Le programme sera dans «le prolongement» du bilan avec trois axes principaux : l'emploi, la transition écologique et la transition énergétique vues comme des «enjeux qui s'imposent, qui, s'ils ne sont pas traités sont source aussi d'inégalités» ainsi que la fraternité renforcée par les leviers de l'éducation, de la culture, du sport, des associations et de la solidarité internationale.

«La gauche sécurise les vies»


Premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste en Côte-d'Or et premier vice-président sortant, Michel Neugnot prend la parole pour défendre la fusion : «nos deux régions ensemble, c'est une capacité de voir plus loin, de voir plus large et de nous projeter beaucoup plus au service des autres».

Pour composer la liste de Côte-d'Or, Michel Neugnot s'est principalement appuyé sur les élus : des sortants ainsi que des représentants de municipalités. L'objectif avoué étant de favoriser «une identification de cette liste». D'autres colistiers encore sont issus de la société civile.

Numéro deux en Côte-d'Or, vice-présidente sortante, Océane Charret-Godard entend aborder les «mutations économiques» par le biais «des valeurs de laïcité, de justice sociale, de justice territoriale, de solidarité, de démocratie».

«La gauche sécurise les vies», assure la colistière car «elle peut aussi prétendre à s'emparer de la sécurité. «Non pas la sécurité fondée sur les peurs, sur la haine et ce qui divise, mais ça c'est un business politique qui appartient à l'extrême-droite, business politique rejoint par la droite extrême puisqu'on a un tout petit trait d'union aujourd'hui ; le candidat des Républicains qui s'est allié avec Debout La France, dont acte», commente Océane Charret-Godard.

«Il faut proposer un projet aux habitants qui vise à un mieux vivre ensemble»


Délégué général du PRG-Centre gauche, vice-président sortant, Patrick Molinoz estime que «la politique est une affaire sérieuse et on ne peut pas bâtir un projet pour conduire une collectivité aussi importante que la Région sur le mensonge et nous sommes malheureusement confrontés à des flots de désinformation».

«Il faut proposer un projet aux habitants qui vise à un mieux vivre ensemble, à une société plus juste. Marie-Guite Dufay est la personne dont on a besoin pour continuer en Bourgogne-Franche-Comté sur le chemin de progrès que nous avons commencé de tracer», ajoute celui qui veut porter «le message de la ruralité dynamique».

90% de proximité avec le PC


La cheminote Marie Poinsel représente le Parti Communiste Français et entend porter des «valeurs de lutte contre les inégalités, des valeurs d'emploi, des valeurs de solidarité, des valeurs liées aux conditions environnementales».

«L'urgence et la crise aujourd'hui a fait qu'on a voulu montrer l'exemple et mettre en avant les 90% qui nous rassemble pour pouvoir construire quelque chose au niveau de notre région», justifie la communiste.

«Les réseaux c'est la prime à de l'émotion plus qu'à de la réflexion»


Reprenant la parole, la candidate met en avant l'enjeu de la participatif, estimant que «les concitoyens ne sont pas réceptifs à une future élection». Dans ce contexte, «il va nous appartenir de mobiliser». Dès le lundi 10 mai prochain, un premier événement de campagne dévoilera la plateforme programmatique prévue pour être enrichie dans les semaines à venir. Un document sera distribué dans les boîtes aux lettres pour la fin du mois.

Des rencontres thématiques seront organisées dans chaque département puis des webinaires seront proposés en fin de campagne. «Les réseaux c'est la prime à de l'émotion plus qu'à de la réflexion. Je pense que le temps d'une campagne, c'est un temps de débats mais de réflexion aussi parce que c'est compliqué l'élection régionale», explique Marie-Guite Dufay, en ajoutant que «ce ne sont pas des choses simplistes qui peuvent témoigner de l'action d'une Région».

Jean-Christophe Tardivon


1. Michel NEUGNOT, premier Vice-président de la Région, Ingénieur retraité – Semur-en-Auxois


2. Océane CHARRET-GODARD, Vice-présidente de la Région chargée de la Formation, conseillère communautaire de Dijon Métropole déléguée à l'emploi, conseillère municipale de Dijon déléguée à l'emploi, Psychologue du travail


3. Patrick MOLINOZ, Maire de Venarey-les-Laumes, Vice-président de la Région chargé du numérique de la jeunesse, de la vie associative, de la laïcité, de l'innovation et du développement numérique des territoires, Président du Pays Auxois-Morvan


4. Françoise TENENBAUM, Vice-présidente de Dijon Métropole chargée de la solidarité, des politiques sociales et de la santé, conseillère régionale déléguée à la santé, conseillère municipale de Dijon, géographe de la santé

«Cette campagne sera passionnante et elle arrivera à faire l'alliance des territoires», déclare Françoise Tenenbaum en évoquant la compétence régionale de l'aménagement du territoire. La colistière alerte sur «un vrai danger» pesant sur la culture au regard de certaines listes concurrentes. Dans le champ sanitaire, Françoise Tenenbaum rappelle la convention cadre passée avec l'Agence Régionale de Santé – «au jour le jour nous négocions avec eux» – ainsi que les crédits inscrits récemment à hauteur de 32 millions d'euros dans les hôpitaux du territoire.


5. Denis HAMEAU, Vice-président de la Région chargé de l’Économie sociale et solidaire, conseiller municipal délégué de Dijon et Dijon Métropole

Le colistier se souvient du «sentiment d'abandon des territoires ruraux les plus isolés» constaté durant la campagne électorale en 2015 et rappelle «l'échelon stratégique» qu'est la Région pour apporter des réponses.

En charge de l'économie sociale et solidaire, Denis Hameau souligne l'émergence du principe des entreprises à mission car «la question du besoin de sens est partout», ce qui lui apparaît révélateur d'une «bataille culturelle» gagnée par la gauche.


6. Dénia HAZHAZ, Directrice d'école, conseillère municipale de Chevigny-Saint-Sauveur, conseillère départementale du Canton de Chevigny

L'élue locale s'engage car «pour pouvoir apporter les bonnes solutions à nos concitoyens, il faut avoir une bonne expertise du dossier mais aussi connaître son territoire».

7. Stéphane WOYNAROSKI, Enseignant en biologie et écologie, conseiller municipal de Talant, conseiller régional en charge de la biodiversité et des parc naturel, Président de l'Agence régionale de la biodiversité

«Le changement climatique et l'érosion de la biodiversité sont des enjeux majeurs, leurs conséquences impactent celles et ceux qui ont le moins et qui souffrent le plus», alerte-t-il dans un message lu par Océane Charret-Godard.


8. Marie POINSEL, Cheminote syndicaliste, militante associative – Plombières

9. Alain BECQUET, Maire de Seurre, premier Vice-président de la communauté de communes Rive de Saône, Cadre supérieure à la Poste

Le colistier assure avoir «l'économie au cœur» et souligne l'implication de la Région dans la plateforme multimodale du Technoport de Pagny.


10. Nadjoua BELHADEF, Maire-adjointe au commerce et à l'artisanat Dijon, Conseillère déléguée à la Métropole, cadre dans l'hôtellerie

La colistière entend «faire primer le pragmatisme et la bienveillance». Pour sa part, elle souligne l'accompagnement de la Région sur la mise en accessibilité de la gare de Dijon.

«Quand on amène des entreprises sur le terrain, on amène de l'emploi et des moyens de vivre à une population», indique-t-elle sur le thème de l'attractivité économique.


11. Jean-Marc RETY, coordonnateur du réseau d'éducation prioritaire, Maire-adjoint Longvic, conseiller communautaire

Le colistier insiste sur le rôle d'«amortisseur social» de la Région.


12. Isabelle PASTEUR, Cadre supérieur Orange, première adjointe au maire de Quétigny

La colistière se dit «fière de défendre les valeurs de gauche».


13. Alexandre PLAZA, Directeur d'exploitation en transport logistique,
premier adjoint au maire de Gevrey-Chambertin

«La justice sociale, la laïcité, l'égalité» sont importantes pour Alexandre Plaza qui envisage deux «ennemis» : l'abstention et le Rassemblement National.


14. Mélanie BALSON, Infirmière CHU Dijon, Conseillère municipale Dijon

Professionnellement, Mélanie Balson a pu constater «l'aide apportée aux étudiants soignants». Elle alerte sur «la haine qui se propage» et vante «la bienveillance pour les jeunes» de la liste sur laquelle elle figure.


15. Jérôme FLACHE, Ingénieur chef de projets industriels, conseiller municipal de Nolay

«L'industrie française est compétitive et elle a un avenir y compris en territoire rural», assure le colistier.


16. Annick ALEXANDRE, Journaliste honoraire France Télévision - Dijon

La colistière réagit à «l'arrivée sur la scène de personnages absolument dangereux de la droite qui est extrêmisée, celle de Monsieur Platret, et de l'extrême-droite, celle de Monsieur Odoul». Elle invite à «résister» en «renforçant les politiques de relance avec en priorité les jeunes et les personnes les moins favorisées de nos concitoyens».


17. Mohamed BEKHTAOUI, Agent Grand Dijon

Le colistier se dit engagé «pour combattre le Rassemblement National et l'injustice sociale» et insiste sur les besoins en «formation des jeunes».


18. Christine TRUCHOT-DESSOLLE, Retraitée de la Banque Postale et syndicaliste, Militante associative - Dijon

Membre du PCF, Christine Truchot-Dessolle est bénévole au sein du MRAP et de plusieurs autres associations.


19. Richard TRONCY, Ingénieur responsable innovation, retraité, Saint-Apollinaire

«La défense du service public» lui tient à cœur et Richard Troncy met également en avant la laïcité.


20. Sandrine HILY, Enseignante éducation socio-culturelle, Conseillère départementale écologiste - Dijon

Élue EELV en 2015 sur le canton Dijon 3, Sandrine Hily a quitté le parti écologiste il y a quelques mois. La colistière indique s'engager dans «une candidature de témoignage» face à un risque de «basculement» de la Région : «je ne pourrais jamais me résoudre à voir une Région dirigée par le Rassemblement National».

La conseillère départementale sortante ajoute que «le positionnement de Monsieur Platret n'est pas acceptable, souvent il stigmatise le canton Dijon 3, des Grésilles». Dans ce contexte, Sandrine Hily dit «espérer» que le pôle écologiste rejoigne la liste au second tour.


21. Arnaud BORDES, étudiant en droit, ouvreur à l’Opéra de Dijon

Le colistier revient sur des aspects du bilan de la majorité sortante : accompagnement des étudiants, soutien des soignants, adaptation des tarifs des TER pour les jeunes, accès facilité à la culture pour les jeunes. «C'est une majorité qui va continuer à agir pour répondre aux nouveaux enjeux sociaux, environnementaux et économiques», déclare Arnaud Bordes.










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