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08/05/2020 14:17

RENTRÉE SCOLAIRE : En Bourgogne-Franche-Comté, 40% des parents souhaitent rescolariser leurs enfants

Le recteur de région académique et la rectrice de l'Académie de Dijon ont tenu un point de situation ce 8 mai 2020. Il s'agit de rassurer les personnels, les familles ainsi que les maires sur la réouvertures des écoles à partir du 14 mai.

Le point hebdomadaire sur la situation de l'épidémie de ce 8 mai 2020 a été largement consacré à la préparation de la rentrée scolaire commençant le 11 mai pour les personnels et le 14 mai pour certains élèves. Jean-François Chanet, recteur de région académique Bourgogne-Franche-Comté, et Nathalie Albert-Moretti, rectrice de l'Académie de Dijon, ont apporté des éclaircissements pour rassurer les maires et les familles.

Les services de l’Éducation nationale procèdent à un «travail très étroit de coopération» avec l'ARS a indiqué le recteur de région académique. Les enseignants sont formés au protocole sanitaire et à son application.

Des élèves du service minimum d'accueil retrouveront leur classe habituelle


«La vie scolaire ne s'est pas totalement interrompue» a tenu à souligner Jean-François Chanet puisque ont été accueillis les enfants de personnels jugés indispensables à la gestion de crise. Cette semaine, cela concernait 683 élèves dans l'Académie de Besançon et près de 900 dans l'Académie de Dijon. En conséquence, le nombre de volontaires pour les encadrer a, lui, aussi, augmenté. À partir du 14 mai, une partie de ces enfants rejoindront leurs classes habituelles afin que «la vie normale de ces classes» reprennent. En revanche, des enfants d'enseignants vont rejoindre à leur tour le service minimum d'accueil.
Le recteur a rappelé que les élèves se retrouveront dans trois situations : être en classe, suivre la continuité pédagogique à domicile ou participer à une animation de type périscolaire mais durant le temps scolaire. Quand les collèges ouvriront à leur tour, une quatrième situation s'ajoutera : être en étude.

Reprise de la quasi totalité des circuits de transports scolaires


Le recteur de région a insisté sur la «qualité du travail» conduit avec le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté pour mettre en œuvre une interopérabilité des données de transports scolaires et d'effectif des élèves en vue de la reprise de la circulation des cars. Sur les 1.550 circuits dans la région, seuls 15 circuits ne reprendraient pas. Les véhicules sont en train d'être adapté aux normes sanitaires.

Les rectorats ont interrogés les parents de la région concernant leur souhait pour cette rentrée scolaire particulière. Selon Jean-François Chanet, «60% des parents ne souhaitent pas rescolariser l'enfant» aussi préfère-t-il mettre en avant le fait que «40% sont déjà décidés» à le faire. De ce fait, les rectorats n'envisagent pas de problème lors des trois premières semaines de déconfinement tandis que des «ajustements» sont en préparation pour le mois de juin.

Le recteur est revenu sur l'«obligation instruction» et l'«obligation scolaire» : «il n'y aura pas de différence dans le travail et l’évaluation du travail entre les élèves rejoignant les établissements et ceux qui vont rester chez eux».

«L'enseignement en distanciel atteint ses limites»


Pour sa part, la rectrice de l'Académie a mis en avant que «l'école était un socle dans tous les esprits, c'est bien pour ça qu'elle doit rouvrir» et a salué «l'engagement et le sens des équipes de l’Éducation nationale». Même si «les enseignants ont fait des prouesses, l'enseignement en distanciel atteint ses limites» a analysé Nathalie Albert-Moretti. Creusement des inégalités sociales et risque psychologique incitent au retour en classe, sans oublier l'impératif économique pour les parents ayant à retrouver «le chemin du travail».

La rentrée scolaire du 14 mai concerne donc en premier lieu, les grandes sections de maternelle, les CP, les CM2, les CP-CE1 de zones REP ainsi que les petites classes rurales à l'effectif modeste. Il s'agira de ne pas dépasser 10 élèves par classe en maternelle et 15 élèves par classe à l'école élémentaire.

Les maires pourront fermer les écoles


La rectrice a précisé que la date du 14 mai pouvait être «déserrée» pour certains maires. Ceux qui pensent pouvoir faire la rentrée avant le 14 mai le peuvent. Ceux qui craignent de ne pas être prêts échangent avec le rectorat. Dans le cadre de leur pouvoir de police, les maires pourront prendre des arrêtés de fermeture des écoles. Dans l'Académie de Dijon, 95% des écoles vont rouvrir en Côte-d'Or et 80% dans les autres départements. Fin mai, une réévalutation de la situation aura lieu pour envisager la réouverture des collèges et des lycée à partir du 2 juin.

«Trouver des solutions inédites et créatives»


Le protocole sanitaire validé par l'Académie de Médecine, le conseil scientifique et le bureau Véritas est diffusé auprès des différents acteurs de la rentrée scolaire sous forme de fiches accompagnées d'affichettes à disposer dans les locaux. Les infirmières scolaires seront présentes pour accompagner les personnels dès le 11 mai.

Pour une rentrée «bienveillante» à l'égard des élèves, plusieurs temps sont prévus par le rectorat. Tout d'abord des échanges auront lieu entre les enseignants et les enfants pour «rassurer et identifier les situations traumatisantes pendant le confinement» ainsi que pour «rappeler les règles d'hygiène». Un point de situation des apprentissages aura lieu.

«Les enseignants sauront expliquer les gestes barrières» assure la rectrice qui rappelle que la préconisation pour les plus petits va dans le sens d'un «non-port du masque».

Les jours de pré-rentrée permettront aux enseignants de se répartir la charge du suivi des élèves. Le principe sera que les enseignants présents dans les établissements scolaires feront classe tandis que les enseignants restés à domicile assureront la continuité pédagogique en distanciel. Ainsi, il n'y aura pas de «double service». Nathalie Albert-Moretti reste confiante dans la capacité des équipes pédagogiques à «trouver des solutions inédites et créatives».

Jean-Christophe Tardivon