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25/04/2020 20:26

RENTRÉE SCOLAIRE : Entre cadre national et initiatives locales

Alors que les familles attendent le détail du scénario de rentrée du ministère de l'Education nationale, le recteur de région académique et la rectrice de l'Académie de Dijon ont donné quelques pistes. Une importante phase de concertation a lieu avec les collectivités territoriales, propriétaires des locaux.
Le recteur de région académique l'a indiqué lors d'un point de situation ce vendredi 24 avril 2020, l'organisation de la rentrée scolaire à partir du 11 mai prochain sera conduite par un principe d'«équilibre entre l'attente de définition d'un cadre national, qui viendra en son heure, et la liberté laissée à l'initiative locale».

Aux yeux de Jean-François Chanet, la sortie du confinement sera plus complexe à préparer que l'entrée dans cette période du fait «d'une variété plus grande de situations». Néanmoins, selon lui, la même faculté d'adaptation au confinement sera mise en œuvre pour s'adapter à la sortir du confinement. Il s'agirait de «prendre une part minimale de risque pour permettre de rétablir une vie sociale normale».

Une variété de situations


On connaît les jours de rentrée (grande section de maternelle, CP et CM2 le 12 mai ; 6ème, 3ème, 1ère, terminale et atelier professionnel le 18 mai ; les autres le 25 mai). On sait que le retour en classe se fera sur la base du volontariat, les élèves vulnérables ou ayant des proches vulnérables devant rester à domicile. Les premiers sondages laissent entendre qu'un tiers des parents seulement pourrait envoyer leurs enfants sur le chemin de l'école.

Ce qui veut dire que la continuité pédagogique à distance continuera pour certains élèves (et donc certains enseignants devant leur ordinateur) tandis que d'autres élèves seront dans les établissements pour des cours en demi-groupes au sein des salle de classes avec des enseignants présents ou alors en salle d'étude ou même encore en activité sportive.

Jean-François Chanet a précisé qu'il y aurait «un effort particulier» en direction des élèves dont les établissements ont perdu le contact pendant le confinement afin «qu'ils reviennent, pour qu'on puisse mieux réussir encore à maintenir le lien avec eux et à les remettre dans une démarche d'apprentissage véritable». Le recteur de région académique songeant tout particulièrement aux élèves de la voie professionnelle.

Concertation avec les collectivités territoriales


La rectrice de l'Académie de Dijon attend, elle aussi, «un scénario stabilisé de cette reprise» et, notamment, «une doctrine sanitaire qui nous renseignera sur des choses plus précises en matière de distanciation, en matière de port des masques».

D'ici là, Nathalie Albert-Moretti mène «une phase de concertation extrêmement active avec les partenaires des collectivités territoriales», c'est à dire les présidents des associations départementales de maires, les représentants des conseils départementaux et du conseil régional. Cela afin de «recueillir les remarques, les bonnes idées» en vue d'«affiner ensemble des solutions qui seront adaptées à la réalité des écoles et des territoires» (lire notre article sur la demande de France Urbaine relayée par le maire de Dijon).

La représentante de l’Éducation nationale a salué «un vrai esprit républicain de l'ensemble des élus». Tous les élus ayant confirmé «qu'ils étaient en mesure de faire le ménage et de livrer des établissements permettant d'accueillir des élèves». Reste le point de l'entretien quotidien qui aura à être renforcé par rapport à ce qui se pratiquait avant le 17 mars.

Consolidation des connaissances


Une fois le scénario du ministère de l’Éducation nationale fixé, il servira de «cadre général» qui sera «adapté dans chaque académie au vue des particularités de telle école, de telle commune». Nathalie Albert-Moretti évoquant par exemple des mises en œuvre pouvant être différentes dans une petite école de commune rurale et un grand groupe scolaire de métropole.

Après une période de confinement «un peu anxiogène», la rentrée se fera dans un climat «de bienveillance pour rassurer les élèves». D'un point de vue pédagogique, ce retour en classe devrait correspondre à «un scénario de consolidation des connaissances plutôt qu'une volonté de finir les programme», c'est à dire que «la suite des apprentissages va être menée doucement au plus juste de leurs possibilités».

Tout comme les élèves vulnérables, les professeurs vulnérables resteront à domicile pour télétravailler. Alors que les syndicats enseignants alertent sur les mesures sanitaires à prendre pour accompagner ce retour en classe et que certains envisagent déjà un éventuel «droit de retrait», la rectrice a estimé que «l'immense majorité des professeurs sont plutôt assez désireux de revenir pour retrouver un contact plus direct avec des élèves».

«Il y aura des masques»


En ce qui concerne les sujets des transports et de la restauration scolaires, Jean-François Chanet a indiqué que cela faisait l'objet de négociations nationales entre l'Assemblée des Régions de France, le ministère de l’Éducation nationale et le Premier ministre.

En Bourgogne-Franche-Comté, collectivité compétente pour le transport scolaire, le conseil régional a passé commande, le 23 avril dernier, d'un million de masques en tissu destinés aux élèves usagers des cars scolaires (lire notre article).

Pour le reste, Jean-François Chanet s'est dit «certain qu'il y aura des masques» tout s'interrogeant sur les types de masques nécessaires en fonction des typologies d'agents dans les établissements scolaires.

«Pour des raisons sociales, il apparaît souhaitable que soit remise en service les restaurations scolaires» a souligné le recteur de région académique. Si les cantines ne rouvraient pas, cela obligerait donc les familles à fournir un en-cas pour les enfants.

Jean-Christophe Tardivon