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31/08/2020 19:46

RENTRÉE SCOLAIRE : «Un cadre propice pour le retour à l'école» selon la rectrice de l'Académie de Dijon

Entre protocole sanitaire, multiplication des gestes barrières et évaluation généralisée, Nathalie Albert-Moretti aspire à une rentrée scolaire 2020-2021 où les élèves seraient «tous réunis» malgré la circulation du virus. «L'idée est de retisser le lien avec l'école et de donner envie aux élèves de revenir en classe» déclare-t-elle ce lundi 31 août.

La communauté éducative s'engage dans la rentrée scolaire 2020-2021 alors que la situation sanitaire reste problématique concernant la circulation du coronavirus. Pour autant le ministère de l’Éducation nationale lance le mot d'ordre «tous réunis» pour aborder le retour majoritairement en présentiel dans les établissements scolaires.

C'est le message que relaie la rectrice de l'Académie de Dijon Nathalie Albert-Moretti ce lundi 31 août 2020, jour de pré-rentrée. À ses côtés, Pascale Coq (directrice académique des service de l’Éducation nationale pour la Côté-d'Or ou DASEN 21) et Sandrine Benyahia (secrétaire générale de l'Académie de Dijon).

La rectrice insiste sur l'hygiène des mains


«Tous réunis, cela porte en soi la dimension de solidarité que l'on souhaite pour l'année qui commence et la convergence des efforts vers deux grands objectifs : sécurité des élèves et des personnels, retour à l'école de tous les élèves» explique Nathalie Albert-Moretti, ajoutant «on souhaite la rentrée la plus normale et la plus sereine possible». Dans l'Académie de Dijon, cette rentrée scolaire concerne 260.829 élèves et 20.176 enseignants.
Différents scénarios ont été préparés en fonction du niveau de circulation du SARS-CoV-2 et les équipes seraient prêtes à faire face en cas de dégradation de la situation sanitaire. Pour l'heure, le protocole sanitaire de cette rentrée a été diffusé aux chefs d'établissement. Ce protocole impose le port du masque à tous les adultes dans les établissements, de la maternelle au lycée, à l'intérieur comme à l'extérieur. Pour les élèves, le masque de protection est obligatoire à partir de 11 ans, c'est à dire à partir de la classe de sixième. Il existe quelques rares exceptions comme les temps d'activité dans les classe d'éducation physique et sportive.

Le port du masque n'est évidemment pas la seule mesure de protection sanitaire, la rectrice rappelant l'importance de l'ensemble des gestes barrières et insistant sur le caractère primordial de l'hygiène de mains. Par ailleurs, les équipes éducatives seront amenées, en fonction de la configuration des locaux, à limiter les brassages et la densité des élèves en un même endroit et un même moment. La rectrice incite aussi les familles à ne pas envoyer à l'école un enfant qui présenterait de la fièvre, supérieure à 38°.

Pour autant, «la crise sanitaire ne doit pas faire oublier le retour à l'école des élèves» déclare Nathalie Albert-Moretti qui évoque «un cadre propice» à ce retour. Dans les réseaux d'éducation prioritaire, les classes de CP et de CE1 seront à effectif réduit. Un effort étendu aux grandes sections d'écoles maternelles.

Fermeture de classe au cas par cas face à une contamination déclarée


Les directeurs d'établissement trouveront sur le site Eduscol du ministère de l’Éducation nationale des fiches thématiques détaillant les bonnes pratiques pour réagir face à des situations complexe (récréation, restauration, éducation musicale...).

 En revanche, la réaction face à un cas déclaré de Covid-19 est encore en cours d'élaboration en lien avec le ministère de la Santé. En attendant, la rectrice de l'Académie de Dijon indique que cela sera jugé «au cas par cas» mais que les familles des éventuels cas contacts d'un élèves contaminés seront prévenues «dans les 48 heures».

Évaluation généralisée des élèves


Une fois la rentrée effectuée, une attention particulière sera portée sur l'évaluation des élèves. «Il est nécessaire de bénéficier de repères pour les enseignants afin d'identifier les éventuelles fragilités» explique la rectrice. Cela se fera au travers des évaluations nationales en CP, CE1, 6ème et en seconde. Des évaluations adaptées cette année en intégrant une courte série de questions sur le vécu des élèves durant le confinement afin de prendre en compte l'impact psychologique de cette période. De plus, pour les autres niveaux, seront proposés aux enseignants des tests de positionnement afin d'identifier des inégalités entres les élèves, particulièrement en français et en mathématiques.

L'approche de ces évaluations sera bienveillante : «l'idée est de retisser le lien avec l'école et de donner envie aux élèves de revenir en classe» selon Nathalie Albert-Moretti. La rectrice souhaite ainsi «prolonger les bienfaits des vacances apprenantes, vraie réussite dans notre académie» avec 6.000 bénéficiaires durant les mois de juillet et août. Il s'agissait là d'«un instrument réel de lutte contre les inégalités sociales puisqu'en ont bénéficié des enfants qui ne sont pas partis en vacances» souligne la rectrice.

Les élèves retrouveront le dispositif «devoirs faits» qui sera renforcé avec trois heures d'accompagnement hebdomadaires. Les directeurs d'établissement seront dotés de moyens «exceptionnels» en lien avec ce dispositif. L'objectif est que, d'ici les vacances d'automne, les enseignants accompagnent les élèves pour que chacun retrouve des niveaux équivalents afin de compenser l'hétérogénéité qui s'est développée dans les classes depuis mars.

Priorité de l'école inclusive


«Tous réunis» concerne aussi les élèves en situation de handicap avec l'école inclusive vue comme une priorité du président de la République ainsi que le rappelle la représentante de l’Éducation nationale en Bourgogne.

Un numéro d'écoute nationale est à la disposition des familles qui auraient encore des questionnements, il bascule vers des réponses départementales : 0 805 805 810.

En France, 8.000 nouveaux accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) sont recrutés pour cette rentrée. Cela représente 1.816 équivalents temps plein dans l'Académie de Dijon soit «plus que l'an dernier» selon la rectrice. Le nombre de pôles inclusifs d'accompagnement localisés (PIAL) augmentent, passant de 45 à 66 afin de favoriser la mutualisation des AESH. Les départements de la Saône-et-Loire et de la Nièvre passent en «tout PIAL».

La stratégie autisme continue d'être déployée avec deux unités d'enseignement maternel autisme supplémentaire cette année, en Saône-et-Loire et dans l'Yonne.
UEMA

Évaluations communes et grand oral pour le bac 2021


La réforme des baccalauréat continuera d'être déployée avec quelques ajustements. La nouvelle formule du bac général sera effective pour les classes de terminale de cette année scolaire 2020-2021. Les «E3C» deviennent les «évaluations communes» qui se dérouleront selon un calendrier propre à chaque établissement. Le contrôle continu représentera 40% de la note finale dont 30% pour les évaluations finales et 10% en lien avec le livret scolaire. L'épreuve du grand oral fera son apparition.

La transformation de la voie professionnelle se poursuivra avec la mise en place du chef d'oeuvre pour les premières pro et avec le développement de l'apprentissage. Six nouvelles familles de métiers apparaissent. Prévue par la loi pour l'école de la confiance afin d'éviter que les élèves sortent sans qualification, une obligation de formation des jeunes de 16 à 18 ans est instaurée.

Revalorisation des rémunérations des enseignants


Malgré la crise sanitaire, les «grands enjeux» de l’Éducation nationale pour les élèves ne changent pas et la rectrice tient à les rappeler : lutte contre les discriminations, promotion de l'égalité filles/garçons et réflexion sur la lutte contre le harcèlement.

Un autre enjeu de taille concerne les ressources humaines de l’Éducation nationale avec des renforcements des équipes chargées de la gestion des personnel. Nathalie Albert-Moretti évoque ainsi «un agenda social extrêmement dense au niveau du ministère avec une réflexion sur la revalorisation des salaires des enseignants» alors que Jean-Michel Blanquer a annoncé le 26 août dernier la mobilisation d'une enveloppe de 400 millions d'euros pour rattraper des retards de rémunération des enseignants et des directeurs d'école.

Jean-Christophe Tardivon

Sophie Cluzel défend «un vrai service public de l'école inclusive»