
«Nous sommes heureux d'accueillir le Président de la République, mais il faut que cela se fasse dans des conditions acceptables pour le public. La sécurité des visiteurs est notre priorité, la sécurité du Salon est dans notre ADN», indiquent, ce mardi 10 février, les organisateurs du Salon qui revendiquent plus que jamais son rôle de lieu de rencontre entre le monde agricole, les citoyens et les responsables publics.
À dix jours de l’ouverture du Salon international de l’Agriculture, la conférence de presse de présentation de l’édition 2026, ce mardi 10 février, a confirmé l’ambition d’un événement en mouvement, profondément humain et plus que jamais fidèle à son ADN. Dans un contexte sanitaire et humain inédit, le Salon entend rester ce lieu unique de rassemblement, de soutien et de dialogue entre le monde agricole et les Français.
« Nous allons vivre dans quelques jours un moment d’intensité pour les agriculteurs et pour l’ensemble du monde agricole », a déclaré Jérôme Despey, président du Salon, entouré de Valérie Leroy, directrice de l’événement, et d’Arnaud Lemoine, directeur du CENECA. « Face à une situation inédite, nous avons voulu nous adapter sans jamais renoncer à l’ADN du Salon international de l’Agriculture et à ce qu’il représente pour l’agriculture française. »
Une édition sous contraintes, portée par une énergie particulière
Initialement, le principal défi de cette édition devait être logistique. « Il y a quelques mois, nous pensions que notre challenge principal serait de faire un Salon de l’agriculture avec des travaux dans le parc », a expliqué Valérie Leroy. Un chantier qui a conduit les équipes à repenser en profondeur l’implantation générale du Salon.
Tous les secteurs ont ainsi été déplacés, à l’exception de certains halls dédiés aux animaux, impliquant un important travail de réorganisation mené avec les exposants et partenaires. « Il a fallu convaincre, car il y avait une part d’habitude très forte chez les exposants comme chez les visiteurs », a-t-elle précisé.
Un second bouleversement est intervenu le 12 janvier, lorsque les organismes de sélection de bovins ont annoncé leur venue sans animaux, uniquement avec leurs stands. « Pour le hall 1, cela représentait près de 500 stalles en moins et un espace à reconstruire entièrement », a souligné Valérie Leroy. « Il fallait à la fois repenser l’espace et proposer une offre attractive pour maintenir l’intérêt des visiteurs. »
Le vivant au coeur du Salon
Cette capacité d’adaptation fait écho aux propos d’Arnaud Lemoine. « Le Salon de l’Agriculture est un salon du vivant. Et le vivant, ça ne se gère pas comme le reste. Parfois on le subit, parfois on le choisit. Dans tous les cas, ce qui compte, c’est le rebond. »
Un mot repris par Jérôme Despey, qui assume pleinement le cap donné à cette édition. « Je vous l’avais dit : ce sera le Salon du rebond. »
Un Salon conçu comme un lieu de rassemblement de toutes les agricultures, mais aussi comme un espace de reconnaissance, de transmission et de dialogue.
Dans cette perspective, Arnaud Lemoine a annoncé qu’une initiative serait lancée après l’édition 2026 pour rassembler les salons agricoles français accueillant du vivant, afin de construire une stratégie collective face aux aléas sanitaires. L’objectif : anticiper plutôt que subir.
« Venir, c’est soutenir »
Le slogan de l’édition 2026 résume l’esprit du Salon. « Venir, c’est soutenir », a rappelé Jérôme Despey. « Soutenir nos éleveurs, nos agricultrices, nos agriculteurs et nos filières de production. »
Le Salon 2026 affirme sa mission sociétale : « Pour beaucoup de jeunes, c’est la première rencontre avec l’agriculture », a rappelé Arnaud Lemoine. « De cette rencontre peuvent naître des échanges, des ponts et, surtout, le respect du travail des agriculteurs. »
Avec près de 3 500 animaux, des productions végétales, la présence des régions de métropole et d’Outre-mer, ainsi que de nombreux pays étrangers, le Salon conserve toute sa diversité. « L’offre est différente, mais elle reste fidèle à ce que les visiteurs viennent chercher : la rencontre avec l’agriculture telle qu’elle est aujourd’hui », a souligné Valérie Leroy.
Une expérience visiteurs repensée
Parmi les évolutions notables, le hall 7 devient le coeur gourmand du Salon. Sur trois niveaux, il réunira producteurs, dégustations et restauration, avec environ 500 exposants, plus de 14 000 produits, 15 restaurants et près de 150 animations quotidiennes.
Ce hall accueillera également le secteur international, avec 30 pays représentés et 12 pavillons nationaux. La Côte d’Ivoire, pays à l’honneur, y disposera d’un pavillon de plus de 500 m², mettant en lumière une agriculture qui représente une part majeure de l’emploi du pays.
Le hall 6 conserve les équidés et proposera un poney-club éphémère à destination des enfants. Le hall 4 plongera les visiteurs dans l’univers des végétaux, avec des cultures mises en scène, une moissonneuse-batteuse accessible au public, un fournil en activité continue et une ferme pédagogique. Le concours général agricole des chiens et des chats y sera accueilli pour la première fois.
Un lieu de débat, pas de combat. Une présence politique en hausse, strictement encadrée
Cette attractivité se traduit aussi par une fréquentation politique en nette hausse. « En cinq ans, nous sommes passés de 42 visites institutionnelles à plus de 80 », a indiqué Arnaud Lemoine. « Il n’existe pas en France, ni en Europe, un salon qui suscite une telle attention. »
Mais le cadre est clairement posé. « Les responsables politiques viennent chez nous, ils ne sont pas chez eux », a-t-il insisté. Il poursuit : « C’est un lieu de débat, mais pas de combat. C’est un salon politique avec un grand P, mais pas le salon du politique ». Et insiste : « Nous avons instauré des règles précises : pas de visites avant 8 heures, pas de délégations de plus de 25 personnes, pas de tractage à l’intérieur du Salon. »
Dans le contexte agricole actuel, le message est sans ambiguïté : « Il vaut mieux ne pas venir les mains dans les poches. Il faut venir écouter, avec des idées et surtout avec la volonté de comprendre ce que les agriculteurs ont à dire. »
Pour autant, le Salon reste un lieu ouvert. « Tout le monde est le bienvenu, y compris le président de la République », a rappelé Arnaud Lemoine. « Il fait d’ailleurs beaucoup de salons. Il était à Wine Paris hier. Il a toute sa place ici, il n’y a aucun problème. »
Une condition toutefois, essentielle aux yeux des organisateurs : « Nous sommes heureux de l’accueillir, mais il faut que cela se fasse dans des conditions acceptables pour le public. La sécurité des visiteurs est notre priorité, la sécurité du Salon est dans notre ADN. »
Et de conclure avec une image parlante : « Tout le monde est le bienvenu, mais il ne faut pas que cela se transforme en mêlée. Une mêlée, c’est contreproductif pour tout le monde. »
Sécurité, bien-être animal et fidélité aux valeurs
Sécurité, convivialité et bien-être animal restent des priorités absolues, notamment à travers la démarche dite de la “SIAttitude”, qui encadre les conditions d’accueil des animaux et des exposants. « Si les agriculteurs sont bien accueillis, ils sont plus à même de transmettre leur passion », a souligné Arnaud Lemoine.
En conclusion, Jérôme Despey a résumé l’esprit de cette édition 2026 : « Le Salon inspire. Il inspire par sa capacité à s’adapter, à rassembler et à rester fidèle au monde agricole, même dans l’épreuve.»
Et comme un fil rouge partagé par tous les intervenants :
« Venir au Salon international de l’Agriculture, c’est soutenir toute la filière agricole. »
Manon Bollery
