
En inaugurant le stand de la Région Bourgogne-Franche-Comté, ce mercredi 25 février, à Paris, la ministre de l'Agriculture s'est insurgée devant le fait que la France exporte «le meilleur blé dur du monde» mais qu'il revienne importé sous forme de pâtes.

La ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire Annie Genevard a participé à l'inauguration du stand institutionnel de la Région Bourgogne-Franche-Comté, ce mercredi 25 février 2026, à Paris.
Intervenant à la suite de Jérôme Durain (PS), président du conseil régional, et de Sébastien Martin (NF), ministre délégué chargé de l'Industrie, Annie Genevard (LR) a insisté sur la thématique de la souveraineté alimentaire et mis en avant une nouvelle concertation entre Convention citoyenne et COP régionale.
Un nouveau rôle pour Arnaud Montebourg
«Je vois des amis partout», se félicite Annie Genevard qui a un mot pour les anciens ministres François Rebsamen (FP), président de la Métropole de Dijon, François Patriat (REN), sénateur de la Côte-d'Or, et Arnaud Montebourg (ex-PS), désormais président de la Compagnie des amandes.
Ce dernier est devenu référent du groupe Productions végétales spécialisées des Conférences de la souveraineté alimentaire (voir ci-dessous).
«Le combat contre la DNC a été une épreuve terrible pour ce territoire», témoigne tout d'abord la ministre de l'Agriculture, élue dans le Haut-Doubs. «Je voudrais rendre hommage, à mon tour, aux éleveurs et aux élus qui ont parfaitement assumé leurs responsabilités.»
Le ministère de l'Agriculture initie les Conférences pour la souveraineté
«Les derniers résultats du commerce extérieur montrent un affaiblissement de nos capacités exportatrices et de nos capacités de production alimentaire et agroalimentaire», rappelle la membre du gouvernement. «C'est une alarme : (…) nous devons avoir de quoi nourrir notre population ! Aujourd'hui, nous ne sommes plus souverains.»
En décembre dernier, face aux indicateurs en berne du commerce extérieur, en particulier dans les secteurs agricole et agroalimentaire, et dans le prolongement de la loi d'orientation agricole, la ministre de l'Agriculture a sonné «Le Grand Réveil alimentaire».
Selon le ministère, des Conférences de la souveraineté alimentaire visent à «fixer de façon collective les ambitions de la France en matière de souveraineté alimentaire, en tenant compte des évolutions de marché (offre/demande) mondiales, européennes et nationales, du contexte géopolitique, de l’impact du changement climatique et de la disponibilité des ressources» (
retrouver le communiqué).
Entre Convention citoyenne et COP régionale, la nouvelle concertation sera organisée pour aboutir à «un plan national de production et de transformation à horizon dix ans» après des échanges au niveau national, aux niveaux régionaux et même une «grande consultation citoyenne».
La phase nationale étant achevée, débute la phase régionale animée par les préfets et présidents de région en lien avec les élus départementaux et les présidents de chambre d'agriculture notamment.
La France exporte «le meilleur blé dur du monde» qui lui revient sous forme de pâtes
Après les propos de Sébastien Martin sur l'industrie agroalimentaire, Annie Genevard prend l'exemple d'une production agricole emblématique pour évoquer la problématique de la transformation en France.
«Songez qu'on produit le meilleur blé dur du monde et qu'on l'exporte. Il nous revient sous forme de pâtes parce qu'on n'est pas en capacité de transformer», relève la ministre de l'Agriculture. «Les Français aiment les pâtes, c'est très bien – moi, j'adore les pâtes –, mais on en produit pas assez ! On produit un merveilleux blé tendre. On l'exporte en Allemagne et il nous revient sous la forme de farine en sachets.»
«On ne peut pas continuer comme ça», insiste l'oratrice. «Nous perdons, année après année, de la capacité productive. Quand un pays n'est plus souverain dans son alimentation, il est dans la main d'autrui. Notre assiette, nous n'en sommes pas mettre.»
Un cap proposé aux Régions
Concernant la souveraineté alimentaire, «chaque Région aura en responsabilité de contribuer en fonction des choix qu'elle fera : sur des bâtiments d'élevage, sur les grandes cultures,sur les zones intermédiaires – il y en a en Bourgogne-Franche-Comté, des zones qui ont besoin d'être redynamisées».
«Je pense que c'est un enjeu qui est partagé», glisse la ministre alors que Jérôme Durain semble approuver le cap indiqué par l'exécutif national. Et de conclure : «Avec Sébastien [Martin], nous sommes mobilisés au service de notre belle région de Bourgogne-Franche-Comté».
Jean-Christophe Tardivon










