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26/02/2026 03:52

SALON DE L'AGRICULTURE : «Soutenir l'agriculture, c'est soutenir l'équilibre et l'attractivité de la Bourgogne-Franche-Comté», assure Jérôme Durain

Le président de la Région Bourgogne-Franche-Comté a inauguré le stand institutionnel, ce mercredi 25 février, à Paris, en présence notamment d'Annie Genevard, Sébastien Martin, François Rebsamen et Arnaud Montebourg. Jérôme Durain souhaite «mieux relier les producteurs, les transformateurs, la restauration collective aux consommateurs».
La Bourgogne-Franche-Comté est la région de France où l'activité agricole a la part la plus importante dans le «PIB» régional. Aussi, l'exécutif du conseil régional suit de près les sujets concernant l'agriculture et le monde agricole. En 2026, hors fonds européens, la collectivité consacrera 21 millions d'euros au développement économique des filières agricoles et agroalimentaires, viticulture comprise. 

La collectivité a donc maintenu sa présence au Salon international de l'agriculture  – sans bovin ni volaille cette année – au travers d'un stand d'une centaine de mètres carrés dans le hall des animaux d'élevage et d'un plus grand espace dans le pavillon des territoires conçu pour accueillir des producteurs en partenariat avec la chambre régionale d'agriculture (lire le communiqué).

Une inauguration, un président de Région, deux ministres, des parlementaires...


L'inauguration de cet espace au premier étage du pavillon 7 s'est déroulée, ce mercredi 25 février 2026. L'événement était présidé par Jérôme Durain (PS), responsable de l'exécutif régional. À ses côtés, étaient présents Annie Genevard (LR), ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Sébastien Martin (NF), ministre délégué chargé de l'Industrie, et Vincent Lavier, président de la chambre régionale d'agriculture de Bourgogne-Franche-Comté.

De nombreux élus figuraient parmi l'assistance, en particulier des parlementaires comme Danielle Brulebois (REN), Josiane Corneloup (LR), Lionel Duparay (LR), Océane Godard (PS), Jacques Groperrin (LR), Paulette Matray (PS), François Patriat (REN), Clément Pernot (LR) et Pierre Pribetich (PS)

Christine Bouquin (LR), présidente du Département du Doubs, François Rebsamen (FP), président de la Métropole de Dijon, Élise Moreau, président du CESER Bourgogne-Franche-Comté, et Arnaud Montebourg, président de la Compagnie des amandes, apparaissait également au pied de la tribune, ainsi que des élèves des lycées de Mâcon-Davayé et de Fontaines.

«Il nous faut repartir sur repartir sur des bases claires»


«La Région Bourgogne-Franche-Comté est dans une phase de reconstruction de sa relation avec le monde agricole», lance tout de go Jérome Durain au sortir d'une réunion avec les organisations professionnelles. «On voit le bout du tunnel», assure-t-il à propos de certains aspects des aides européennes du FEADER.

«Il nous faut repartir sur repartir sur des bases claires, renforcer nos filières, créer davantage de valeur ajoutée en Bourgogne-Franche-Comté, sécuriser les revenus agricoles, installer des jeunes», déclare le président de la Région pour résumer la feuille de route qu'il s'est donné en succédant à Marie-Guite Dufay et qui débouchera prochainement sur une convention signée avec la chambre régionale d'agriculture. «Cette stabilité, c'est une des conditions de notre confiance dans le secteur agricole et la Région doit redevenir un partenaire fiable, lisible, stable.»

«Nous pouvons être fière de notre agriculture», souligne l'orateur, «[la Bourgogne-Franche-Comté] est une grande région agricole, c'est une grande région agricole, c'est une grande région industrielle. Pendant quelques années, on a vécu dans l'idée d'une société sans industrie et presque d'une société sans agriculture. La réalité, c'est qu'on a besoin des deux, on va porter les deux.»

«Produire ici, décider ici et valoriser ici»


«Ça passe par quelques points d'étape», envisage-t-il comme «produire ici, décider ici et valoriser ici». En particulier, «produire ici» passe par le fait d'«investir dans l'outil productif, accompagné l'adaptation climatique, renforcer l'autonomie des exploitations». «C'est aussi garder la valeur ajoutée chez nous, c'est tout le sens du plan régional pour l'engraissement que nous avons engagé.»

Le président de Région prépare un déplacement à Bruxelles, fin mars, «avec l'ensemble des organismes représentatifs de la profession» pour «porter une voix régionale» auprès de l'Union européenne alors que se prépare la prochaine programmation de la politique agricole commune.

«Le vrai sujet, c'est celui de l'égalité devant les normes»


Concernant le traité de libre-échange avec le Mercosur, le socialiste estime que «les volumes annoncés ne suffiront pas, à eux seuls, à déstabiliser mécaniquement l'ensemble de la production française». 

«Le vrai sujet, c'est celui de l'égalité devant les normes. Nous ne pouvons pas demander toujours plus à nos agriculteurs en matière sanitaire, en matière environnementale, en matière sociale, et accepter, en même temps, des produits qui ne respectent pas les mêmes règles. Si nous voulons maintenir des filières et la production sur le territoire, nous devons préserver les plus fragiles. Les zones intermédiaires ne peuvent pas être les oubliées des arbitrages européens. Leu pérennisation est une condition d'équilibre territorial et de souveraineté productive», développe-t-il.

Faire la dotation aux jeunes agriculteurs «la plus élevée de France»


Concernant la production, les priorités de Jérôme Durain concernent donc «le maintien d'un budget agricole ambitieux», «le soutien à l'investissement productif», «la prise en compte des réalités des territoires intermédiaires et d'élevage», «l'accompagnement du renouvellement des générations» car «sans transmission réussie, il n'y a ni souveraineté alimentaire, ni vitalité rurale».

En particulier le président de Région compte «revaloriser nouvelle [dotation aux jeunes agriculteurs» et même faire de cette aide européenne – gérée par la collectivité – «la plus élevée de France».

«Mieux relier les producteurs, les transformateurs, la restauration collective aux consommateurs»


«Nous soutenons activement les circuits courts et les projets alimentaires territoriaux», poursuit Jérôme Durain à propos de la captation de la valeur ajoutée en Bourgogne-Franche-Comté. «Il faut mieux relier les producteurs, les transformateurs, la restauration collective aux consommateurs. Il faut recréer du venu agricole et du lien territorial. C'est aussi développer la transformation locale, structurer les filières, encourager la contractualisation et la diversification.»

«Une agriculture forte, c'est de l'emploi»


«Nous serons pleinement engagés dans la démarche territoriale de conférences sur la souveraineté alimentaire», glisse le président de Région à l'intention de la ministre de l'Agriculture.

«Une agriculture forte, c'est de l'emploi, c'est des services, c'est des entreprises, c'est de la vie dans nos communes rurales», martèle le socialiste, «la Région agit aussi à travers sa politique d'aménagement du territoire». «Soutenir l'agriculture, c'est soutenir l'équilibre et l'attractivité de l'ensemble de la Bourgogne-Franche-Comté.»

Alerte sur les céréales, satisfecit sur la viande


«Les céréaliers sont en souffrance», alerte Jérôme Durain, «les cours ont reculé, les années sont mauvaises les unes après les autres, mauvaises à cause du climat, mauvaises à cause des turbulences géopolitiques ; les charges restent élevées, les marges se réduisent fortement. On doit regarder cette situation en face et essayer de trouver des réponses adaptées.»

«À l'inverse, on a une bonne situation du point de vue de la viande avec une année exceptionnelle en termes de prix», se félicite le président de Région même si «les équilibres restent fragiles».

Jérôme Durain dénonce le complotisme qui s'est propagé sur fond de DNC


Concernant l'épizootie de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC), le président de Région apporte son soutien à l'exécutif nationale dont la gestion sanitaire a été contestée par la Coordination rurale et la Confédération paysanne.

«Je suis assez fier que, dans ce pays, des responsables politiques prennent leurs responsabilités et assume des moments difficiles», déclare celui qui des les premières apparitions de foyers dans le Doubs avait tiré le signal d'alarme (lire notre article). «Derrière les responsables, j'inclus les responsables politiques élus et tous ceux qui, dans la profession, ont tenu bon face au complotisme, face à des réseaux sociaux qui, parfois, nous avons amené sur des terrains assez éloignés de réalité factuelle. Finalement, l'action de l’État, elle a quand même permis d'endiguer pour l'instant et de peut-être sortir de cette DNC.»

«Une agriculture forte en Bourgogne-Franche-Comté pour une région qui soit forte, dynamique et attractive»


Alors que la fréquentation du Salon de l'agriculture devient un enjeu en l'absence de bovins et de volailles – avec une baisse 25% sur les quatre premiers, selon les organisateurs et par rapport à 2025 –, Jérôme Durain justifie le maintien d'un stand institutionnel : il s'agit d'«un lieu pour montrer la richesse de nos filières, la qualité de nos produits, la force de nos territoires». 

«On arrivera à faire progresser l'agriculture dans une alliance régionale de tous : les agriculteurs, les ruraux, les urbains. (…) Il faut y aller en pack avec une ligne qui est assez simple finalement : protéger nos filières, créer de la valeur ici, sécuriser les revenus, donner envie aux jeunes de s'installer, (…) défendre ensemble nos intérêts en Europe», résume-t-il. «Nous construirons une agriculture forte en Bourgogne-Franche-Comté pour une région Bourgogne-Franche-Comté qui soit forte, dynamique et attractive.»

La «mobilisation» de Sébastien Martin pour pour «soutenir le secteur agricole, le secteur de l'industrie agroalimentaire»


«Quand il y a des crises, il faut savoir effectivement être à l'écoute, il faut savoir faire preuve de souplesse, il faut aussi avoir une certaine force de caractère pour tenir un cap», abonde Sébastien Martin dans un bref propos, «face à la crise de la DNC, Annie Genevard a eu le courage de tenir un cap, celui de la raison, celui de la science, tout en étant attentif à la situation de chacune et de chacun». «Les résultats sont là : plus un seul foyer de dermatose nodulaire contagieuse bovine en France.»

«Monsieur le président, vous avez la plus belle région de France», enchaîne l'élu de la Saône-et-Loire, «celle qui a, à la fois, des fleurons industrielle, de l'industrie alimentaire». Le ministre assure alors de sa «mobilisation» pour «soutenir le secteur agricole, le secteur de l'industrie agroalimentaire et tout ce qui fait la dynamique de la région Bourgogne-Franche-Comté».

Vincent Lavier, président de la chambre régionale d'agriculture depuis mars 2025


«Venir au Salon, c'est surtout soutenir l'agriculture, y compris quand elle est en difficulté», lance Vincent Lavier qui marque sa différence avec ceux qui ont choisi de boycotter l'événement en raison de l'interdiction de transport des bovins.

Agriculteur installé en polyculture-élevage bovin dans la bordure sud du plateau de Langres, militant de la FNSEA, Vincent Lavier a présidé la chambre d'agriculture de la Côte-d'Or pendant 12 ans avant d'accéder à la tête de la chambre régionale d'agriculture de Bourgogne-Franche-Comté, succédant à Christian Decerle, en mars 2025. Il s'agit donc du premier Salon auquel il participe avec ce nouveau mandat.

«Reconstruire la relation» entre les agriculteurs et la Région 


Ces dernières années, les épizooties successives, les prédations imputées à des loups et la crise du FEDEAR – ayant atteint son paroxysme en 2025 – avaient fini par provoquer «une rupture totale» des relations entre les organisations agricoles et la Région. 

Vincent Lavier a abordé ce mandat en se fixant la mission de «tout en mettre en œuvre pour reconstruire cette relation, considérant que c'était la meilleure façon de rendre service aux agriculteurs, aux porteurs de projet qui, pour un grand nombre d'entre eux, font confiance à notre réseau consulaire des chambres d'agriculture».

Une future convention-cadre entre la chambre consulaire et la collectivité


L'orateur laisse entendre que l'arrivée de nouvelles têtes à la chambre régionale d'agriculture et à la Région ont favorisé cette «reconstruction» de la relation et ont permis de «s'attaquer plus sereinement à la gestion des dossiers en souffrance».

C'est même un nouveau «partenariat» qui est en germe entre la chambre consulaire et la collectivité sous la forme d'une future convention-cadre pensée pour «répondre collectivement aux enjeux et aux défis que doit relever notre agriculture». 

Le document défendra notamment «une PAC forte, pourvoyeuse de moyens strictement dédiés à l'agriculture» et «une accélération de manière exponentielle du rythme des paiements» en lien avec les aides du FEADER.

Vincent Lavier souligne «l'importance de l'arme alimentaire dans un monde où les tensions sont grandissantes»


Alors que, après la crise de la COVID-19, les pouvoirs publics, à commencer par l'exécutif national, ont incité à une montée en gamme de la production agricole, pour augmenter la part relevant de signes de qualité, Vincent Lavier ne peut que constater que «les consommateurs achètent de plus en plus de produits importés, la plupart du temps moins-disant, ne respectant pas nos standards de production».

«Notre modèle agricole et alimentaire a quand même des mérites parce qu'il a été reconnu comme le plus durable au monde, il y a quelques années, dans une étude portée par le magazine ''The Economist''», défend le président de la chambre consulaire, «avec une bonne dose de pragmatisme, nous pourrons porter collectivement des actions qui nous permettrons de reconquérir notre souveraineté alimentaire, notamment face à tous les grands pays producteurs qui ont fait le choix de soutenir massivement leur agriculture ayant bien compris l'importance de l'arme alimentaire dans un monde où les tensions sont grandissantes.»

Vincent Lavier conclut son propos dans la ligne des orateurs précédents, en insistant sur l'outil de production : «notre rôle à tous est de trouver des solutions collectives pour que des projets puissent voir le jour sur notre territoire».

Une remise de médaille et un buffet


Le temps officiel s'est terminé par la remise des insignes de chevalier de l'ordre du Mérite agricole à Sylvie Dody, active depuis 30 ans au sein du comité Gastronomie et promotion des produits régionaux de Bourgogne-Franche-Comté (GPPR) et comptant 22 Salons de l'agriculture à son actif.

L'inauguration s'est prolongée par un temps de convivialité autour d'un buffet proposant des mets, bières et vins issus de Bourgogne et de Franche-Comté.

Jean-Christophe Tardivon

«Quand un pays n'est plus souverain dans son alimentation, il est dans la main d'autrui», alerte Annie Genevard


Jérôme Durain sonde les attentes des éleveurs de Traits comtois


Un Salon de l'agriculture 2026 sans bovin mais avec de l'ambiance


Le Salon de l'Agriculture 2026 côté Bourgogne-Franche-Comté


Les races Charolaise et Montbéliarde s'associent pour «faire découvrir l'excellence régionale» au Salon de l'agriculture 2026


La Région Bourgogne-Franche-Comté maintient sa présence au Salon de l'agriculture 2026


«Les politiques doivent venir écouter les agriculteurs et pas les mains dans les poches», préviennent les organisateurs du Salon de l'agriculture


«Il n'y aura aucun bovin au Salon de l'Agriculture en 2026», annoncent les organisateurs










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