
«Le dispositif EO Life pourrait sauver 8.000 vies par an en France s'il était adopté à l'échelle des SDIS», a indiqué Alban De Luca, PDG de la société, ce mercredi 22 octobre, à Dijon. Le préfet Paul Mourier a pris un engagement.
Inventeur d'un dispositif médical d'urgence pour oxygénation des patients, Archeon Medical, implantée à Besançon, vend plus facilement son innovation aux États-Unis qu'en France.
En 2024, le PDG Alan De Luca avait présenté sa création EO Life au ministre de l'Industrie, alors en déplacement à Dijon (
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Lors d'un nouveau comité stratégique régional de France 2030, ce mercredi 22 octobre 2025, à Dijon (
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Un dispositif médical intelligent pour la ventilation d'urgence
«Nous développons le premier copilote digital dédié à la ventilation d'urgence», a expliqué une nouvelle fois Alban De Luca devant le parterre réuni à la Maison régionale de l'innovation, des représentants de l'écosystème économique, académique et institutionnel de Bourgogne-Franche-Comté dont Jérôme Durain (PS), président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, et Nathalie Albert-Moretti, rectrice de la région académique Bourgogne-Franche-Comté.
«C'est un dispositif médical intelligent qui assiste les soignants en temps réel pour leur permette de sauver plus de vie», a résumé celui qui a fondé Archeon Medical en 2018 avant de laisser parler les statistiques.
«Sauver 100.000 vies par an dans le monde en 2030»
Fondée en 2018, à Besançon, Archeon Medical emploie 25 personnes et prévoit de réaliser un chiffre d'affaires de 1,6 million d'euros en 2025. EO Life est commercialisé dans 18 pays dont les États-Unis où une croissance des ventes 130% a été constatée en 2025 par rapport à 2024.
«Notre ambition pour 2030, c'est de sauver 100.000 vies par an dans le monde», a indiqué Alban De Luca.
En 2025, une étude menée en vie réelle avec le SDIS du Doubs auprès de 200 patients montre que «l'utilisation d'EO Life a doublé les chances de survie des patients pris en charge par les pompiers du Doubs et, surtout, 100% des patients ont retrouvé une retrouvé une récupération neurologique complète, sans handicap, contre seulement 30% en temps normal». Désormais, l'ensemble du SDIS 25 est équipé d'EO Life.
À l'heure actuelle, chaque jour, «EO Life sauve plus de deux vies par jour dans le monde».
France 2030 finance la nouvelle version d'EO Life
Pour développer une nouvelle version d'EO Life intégrant une intelligence artificielle, Archeon Medical a mobilisé 4 millions d'euros, dont 1,4 million d'euros issus de France 2030.
Cette version permettra notamment de ventiler les enfants dès la naissance.
Des freins au déploiement
«Les soutiens à l'innovation sont bien dimensionnés en France», a constaté Alban De Luca mais «le véritable frein» provient de «l'adoption» du dispositif faute de remboursement par la Sécurité sociale ou d'intégration dans les protocoles de soins. «Il n'existe aucun budget.»
«Nous savons concevoir l'innovation mais nous peinons à la déployer sur notre propre territoire», a analysé le fondateur d'Archeon Medical. «C'est précisément ce que nous devons changer si nous voulons que la France devienne une terre d'adoption et pas seulement d'invention.»
«Le dispositif pourrait sauver 8.000 vies par an en France s'il était adopté à l'échelle des SDIS», a insisté l'inventeur. «Si on attend d'avoir un recul suffisant, peut-être 10 ans, avant de commencer à acheter le moindre produit, la société sera déjà morte, sauf si elle va ailleurs.»
Le préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté s'engage
«Je prends un engagement de tout faire pour que l'ensemble des SDIS de la région puissent être équipés de ce système de ventilation», a réagi Paul Mourier, «ça sauve des vies et ça évite qu'il y ait des séquelles».
«Je vais militer auprès de mes collègues [préfets départementaux] et des présidents de SDIS», a ajouté le représentant de l’État, «faisons en sorte qu'une entreprise française, installée dans le Doubs, «équipe l'ensemble des SDIS de notre pays, faisons en sorte que notre région soit exemplaire».
Remerciant par avance le préfet, Alban De Luca signale que «les médecins-chefs des SDIS sont déjà bien informés ; pour la plupart, ils ont eu l'occasion d'essayer le dispositif».
Jean-Christophe Tardivon