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26/09/2020 03:28

SANTÉ : L'URPS demande plus de place pour la médecine libérale lors des crises sanitaires

Ce sentant «méprisés» par les autorités de santé régionales, les médecins libéraux formulent des propositions pour améliorer la coordination régionale des soins. Le rapport de l'URPS Médecin libéral Bourgogne-Franche-Comté a été présenté le 25 septembre.

Communiqué de l'Union Régionale des Professionnels de Santé Libéraux - Médecin libéral Bourgogne-Franche-Comté du 25 septembre 2020 :

L’URPS Médecin Libéral BFC tire les leçons de la crise du COVID-19 et formule des propositions pour l’amélioration de la coordination des soins sur le territoire

Présentation du rapport « Quelle place pour la médecine libérale dans les crises sanitaires ? »

L’URPS Médecin Libéral Bourgogne-Franche-Comté a souhaité dresser un retour d’expérience détaillé de la crise du COVID-19 du printemps 2020, afin de mieux comprendre les logiques à l’œuvre durant cette période, et d’anticiper pour l’avenir.

Le Docteur Éric Blondet, Président de l’URPS, et ses équipes, ont ainsi élaboré un rapport dressant un bilan précis et des propositions fortes s’agissant de la place accordée à la médecine libérale dans les crises sanitaires. Ce dernier a été présenté ce jour dans le cadre d’une conférence de presse, au siège de l’URPS Médecin Libéral BFC.
Revenant sur les principes d’organisation de la réponse aux crises et situations sanitaires exceptionnelles, les équipes de  l’URPS ont tout d’abord souligné le manque global d’association de la médecine libérale dans les plansde secours ; les médecins, interrogés dans le cadre de l’élaboration de ce rapport, soulignent clairement :
- L’absence de formation, de préparation et d’implication des médecins libéraux dans la gestion des crises sanitaires, pour respectivement 84%, 82% et 61% des répondants de toute spécialité ;
- La nécessité ressentie des médecins libéraux d’intégrer la médecine libérale dans les plans de réponse aux crises sanitaires (96%) et d’une formation à la gestion des crises sanitaires (95%) ; 88% des répondants estiment que la médecine libérale n’est pas prise en compte dans les plans de secours.

Et ce alors même que l’URPS Médecin Libéral BFC s’est très largement mobilisée, dès les attentats de Paris, pour souligner la nécessité d’une intégration des ressources libérales et privées. Elle a même conçu et développé une application, baptisée LibOrsan, dédiée à la transmission d’alertes ciblées (selon la profession, la spécialité, le secteur géographique, …) et proposé l’organisation de formation commune au Damage Control pré-hospitalier et hospitalier pour l’ensemble des médecins d’un même territoire.

Revenant sur le cas précis de l’épidémie de COVID-19, et sur l’évolution épidémique en BFC, les responsables soulignent et regrettent une réponse centralisée, alors même que les réalités territoriales étaient très hétérogènes. Les médecins libéraux se sont sentis globalement isolés ou délaissés, selon les cas, souligne le rapport, chiffres à l’appui, et ce tout au long de la chaîne, que ce soit en matière d’information du médecin traitant, en matière de résultats des tests de ses patients, de fourniture d’équipements de protection individuelle, et de prise en compte globale par les autorités de santé régionales. Le « mépris » est largement évoqué dans cette enquête.
 
Les propositions de l’URPS Médecin Libéral BFC

Face à ce constat global, l’URPS a formulé des propositions très concrètes pour permettre d’anticiper de nouvelles crises et d’améliorer la coordination régionale. Ces propositions sont les suivantes :

- Recenser, informer et mobiliser ses ressources humaines
Il s’agit ici de proposer de mobiliser les médecins sans activité stable (internes, remplaçants, retraités « récents ») afin de faciliter l’organisation des renforts tant en établissements que dans les cabinets de ville. C’est dans cette optique que LibOrsan a été conçue, de pouvoir recenser, informer, mobiliser les médecins et autres professionnels d’un territoire concerné par une telle crise et dès les premiers instants. L’URPS-ML-BFC renouvelle son vœu d’un travail commun avec le conseil régional de l’ordre des médecins et les conseils départementaux en lien avec les services de l’ARS.

- Maîtriser les chaînes logistiques
Au-delà des difficultés de réapprovisionnement et de gestion des stocks stratégiques, la disparité des difficultés rencontrées par les médecins libéraux pour obtenir la dotation d’État annoncée témoignent de la nécessité d’un travail de renforcement et de structuration d’une chaîne logistique dédiée aux crises sanitaires en lien avec les pharmaciens d’officine et leur URPS et les organismes répartiteurs.

- Maîtriser les voies de communication à destination des professionnels
L’URPS aspire à ce que soient définies les voies de communication en fonction des catégories de destinataires, définie une procédure de communication (alerte, information, suivi, retour d’information, …). L’URPS-ML-BFC a fait preuve d’anticipation et aspire à pouvoir poursuivre ses travaux en lien avec l’ensemble des acteurs concernés, via le déploiement de LibOrsan.

- Respecter et accompagner les organisations locales dans une cohérence régionale
Les projets de santé des communautés professionnelles de territoire doivent comporter un volet dédié aux soins non programmés ; l’articulation avec les services d’accueil des urgences du territoire et l’organisation de la permanence de soins en est un des aspects.

Les porteurs de projets de telles CPTS ou organisations territoriales équivalentes ou plus circonscrites à l’échelle d’une patientèle (équipe de soins primaires, par exemple) sont invités depuis juillet à inclure un volet de réponse aux crises sanitaires dans leur projet de santé.

Le rapport présenté ce jour met en exergue le déficit de préparation et de formation des médecins à la gestion des crises sanitaires de toute nature. L’URPS-ML-BFC souhaite pouvoir enfin partager ses travaux avec l’ensemble des partenaires concernés, notamment pour la mise en place d’un accompagnement spécifique des structures d’exercice coordonné.

- Acculturer tout professionnel de santé à la gestion des crises sanitaires
Cette attente a déjà été formulée concernant particulièrement les praticiens de bloc opératoire, dans les suites des attentats de Paris et Nice. L’URPS-ML-BFC appelle de ses vœux l’organisation de telles formations dans le cadre du développement professionnel continu, pour les médecins de toute spécialité. L’URPS-ML-BFC s’y investira activement.

- Définir le rôle et la place de chacun dans la gestion des crises sanitaires
Il s’agit ici de reprendre les échanges débutés avant la crise COVID quant au volet « médecine libérale » des plans ORSAN, afin de préciser les rôles et missions de chacun pour permettre d’optimiser l’anticipation organisationnelle, logistique et financière indispensable. Pour l’URPS-ML-BFC, il s’agit là d’un prérequis incontournable à l’adhésion de chacun et à l’optimisation de la réponse à la phase initiale d’une crise sanitaire.

- Faciliter l’intégration de tous dans les plans de secours et leur mise en œuvre
L’intégration de chacun requiert l’organisation dans les territoires de réflexions associant l’ensemble des services et médecins concernés (et autres professionnels de santé) en complément de formations organisées à l’échelon régional. Les URPS ont ici un rôle central dans le cadre des missions que leur confère la loi.

- Promouvoir l’anticipation des crises sanitaires
L’absence de reconnaissance de la place prise par les médecins libéraux lors de cette crise serait source d’une démotivation délétère à toute implication ultérieure. Au-delà de la reconnaissance, il s’agit de définir et répondre aux besoins de formation, d’accompagnement, de préparation et d’anticipation (stocks d’alerte).

Ce retour d’expérience a permis de valider l’action de l’URPS-ML-BFC au cours de cette crise et les projets et réflexions qu’elle porte depuis 5 ans. Elle dispose de la capacité nécessaire pour échanger en ce sens avec l’Agence Régionale de Santé, de l’Assurance Maladie, des Préfectures et SDIS, des élus locaux et des patients, échanges qu’elle appelle très largement de ses vœux pour permettre d’affronter l’évolution de l’épidémie actuelle et de renforcer nos moyens de réponse aux situations sanitaires exceptionnelles.