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07/06/2024 03:17

SANTÉ : Une subvention de 7,8 millions d'euros des fonds européens pour une avancée médicale majeure au Centre Georges-François Leclerc

Le projet prometteur qui pourrait ainsi améliorer significativement la qualité de vie et le taux de survie des patients a été présenté par l'équipe du centre anti-cancer dijonnais, ce jeudi 6 juin.
Un consortium dijonnais, composé du Centre Georges François Leclerc (CGFL), d'Oncodesign Precision Medicine (OPM), et de l'Institut de Chimie Moléculaire de l'Université de Bourgogne (ICMUB), a récemment obtenu une subvention du Fonds européen de développement régional (FEDER) de 7,8 millions d'euros pour soutenir un projet innovant de développement préclinique de médicaments radiopharmaceutiques destinés au traitement des cancers digestifs.

Le projet, intitulé COMETE (moleCular radiOtherapy for METastatic colorectal and gastric cancErs), a été sélectionné dans le cadre de l'appel à projets régional FEDER-FSE+. Il vise à développer des molécules de radiothérapie interne vectorisée (RIV) pour le diagnostic et le traitement des cancers digestifs avancés. Ce projet bénéficie du savoir-faire interdisciplinaire unique du consortium, alliant les compétences en intelligence artificielle pour concevoir, développer, évaluer et amener en clinique des molécules théranostiques.


Les objectifs scientifiques du projet COMETE sont ambitieux. Ils incluent l'identification et la validation de cibles biologiques d'intérêt, le développement de molécules de RIV, l'évaluation de l'efficacité anti-tumorale et de la toxicité, ainsi que le développement de molécules compagnons diagnostiques pour une prise en charge thérapeutique encore plus personnalisée. L'innovation repose sur l'approche théranostique, qui combine des molécules de RIV et leurs compagnons diagnostiques pour offrir des traitements ciblés et adaptés aux patients.

Le financement

Le FEDER attribue une subvention de 7,8 millions d'euros au projet COMETE. Celle-ci couvre une période de cinq ans et est répartie comme ceci : 3,7 millions d'euros pour le CGFL, 2,1 millions d'euros pour OPM et 2 millions d'euros pour l'ICMUB. Le CGFL, par le biais de son équipe de recherche en médecine nucléaire IMATHERA, se concentrera sur le développement et l'évaluation clinique de deux molécules de RIV. OPM, grâce à sa subvention, contribuera à l'avancement technologique de la médecine de précision via le programme PROMETHE. L'ICMUB, quant à lui, se consacrera au développement de radiopharmaceutiques innovants.

La RIV, qu’est-ce que c’est ?

La Radiothérapie Interne Vectorisée (RIV) est une avancée majeure pour traiter certains cancers métastatiques. Elle utilise des molécules portant un atome radioactif pour cibler et détruire les cellules cancéreuses.

Comment ça fonctionne ?

1) Le ciblage : Les cellules cancéreuses expriment des protéines spécifiques, comme le PSMA dans le cancer de la prostate.
2) L’administration: Un médicament radiopharmaceutique est injecté par voie veineuse. Il comprend une partie qui reconnaît la protéine tumorale et une autre qui contient un atome radioactif, comme le Lutécium-177 (177Lu).
3) La fixation: Le médicament se fixe sur la protéine des cellules cancéreuses.
4) La destruction : La radioactivité délivrée provoque des dommages à l’ADN des cellules tumorales, entraînant leur destruction.

Les avantages de cette méthode

La RIV permet aussi de réaliser des images diagnostiques (TEP) avec les mêmes molécules, vérifiant ainsi la présence de la cible avant traitement. Cela permet de proposer la RIV aux patients les plus susceptibles d’en bénéficier, et de suivre l'efficacité du traitement.

Sa mise en oeuvre au CGFL

Le Centre Georges François Leclerc (CGFL) est à la pointe de cette innovation, avec 283 traitements de RIV réalisés en 2022. Le CGFL a modernisé son service de médecine nucléaire pour répondre à la demande croissante, permettant de traiter plus de 15 patients par semaine.

En bref, la RIV offre des traitements ciblés et personnalisés, améliorant le traitement des cancers métastatiques. Ce projet prometteur pourrait ainsi améliorer significativement la qualité de vie et le taux de survie des patients atteints de cancers digestifs métastatiques, positionnant Dijon comme un pôle d'excellence international dans ce domaine.

Manon Bollery
©Manon Bollery



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