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24/02/2023 03:18
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SOLIDARITÉ : L'EFS cherche de nouveaux donneurs de plasma

«Il faut que la souveraineté de la France en plasma soit portée !» déclare Christophe Bésiers, ce jeudi 23 février.
«Ce défi doit être relevé à l’échelle européenne. On doit augmenter la collecte dans un modèle non rémunéré», affirme le Professeur Pierre Tiberghien.
La filière française de prélèvement du plasma est structurée au sein de l'Etablissement français du sang (EFS), celle de la fabrication des médicaments dérivés du sang l'est au Laboratoire de Fractionnement et des Biotechnologies (LFB).
Mais aujourd'hui, la quantité de plasma collectée en France n'est pas suffisante pour couvrir les besoins de ses malades soignés par les médicaments dérivés du sang. Puisque la France n'est pas auto-suffisante en plasma, elle dépend du plasma étranger, obtenu auprès de donneurs rémunérés.
En France, 24 dons de plasma par an sont autorisés (soit un don toutes les deux semaines). Aux États-Unis, ce sont 104 dons qui sont possibles par année (soit deux dons par semaine)...


Les objectifs 2023 en terme de plasma sont ambitieux en Bourgogne-Franche-Comté et représentent 30% d'augmentation par rapport à 2022.
Si notre région peut s'appuyer sur des donneurs auxquels le don de plasma peut être proposé, le recrutement de nouveaux donneurs de sang reste essentiel à plus d'un titre.


Christophe Bésiers 

Directeur établissement français du sang BFC

«Le plasma est une composante extrêmement riche du sang qui a un intérêt majeur pour l’organisme. 
35% des besoins des malades sont collectés en France. En contrepartie, les établissements de santé doivent se fournir  auprès d’entreprises qui prélèvent du plasma dans d’autres pays. Ça ne nous poserait pas de problème si le modèle éthique de l’EFS était respecté partout mais ce n’est pas le cas. 
Il faut savoir que les règles ne sont pas les mêmes dans les autres pays. Les personnes qui sont prélevées au États-Unis le sont contre de l’argent. C’est ce modèle là qu’on ne souhaite pas. Il faut que la souveraineté de la France en plasma soit portée ! »



Professeur Pierre Tiberghien

President de la Europen Blood Alliance

« Les enjeux français sont des enjeux Européens. Les antibiotiques, le paracétamol et le plasma sont des enjeux. » « Le facteur limitant de la collecte ce n’est pas les donneurs, c’est le soutien financier des pouvoirs publics. Il n’est pas encore à un niveau suffisant pour cette activité qui est essentielle. »
« Le plasma provenant des États-Unis c’est une dépendance et c’est risqué. C’est une collecte qui n’est pas éthique car elle est rémunérée. Les donneurs peuvent gagner jusqu’à 1000$ par mois en donnant leur plasma. Ils donnent alors énormément au détriment de leur santé. Ils utilisent la vulnérabilité économique des donneurs. Ce n’est pas éthique. »
« Ce qu’on souhaite faire c’est élargir le nombre de donneurs. Qu’ils soient plus nombreux à donner mais qu’ils donnent peu souvent. Ce défi doit être relevé à l’échelle européenne. On doit augmenter la collecte dans un modèle non rémunéré.»


Professeur Alain Bonnin

Professeur au CHU de Dijon

« L’EFS et le CHU travaillent main dans la main, en totale harmonie sur la compréhension de ces grands enjeux. 
Au total pour notre CHU ce sont entre 1400 et 1500 patients par an qui ont besoin de médicaments dérivés du sang. Le CHU a été obligé en 2022 de recourir à ces producteurs qui distribuent des produits dérivés du plasma provenant de l’étranger et donc avec les problèmes éthique que l’on connaît. Ces médicaments dérivés du plasma doivent pouvoir être faits à partir de plasma collecté en France de manière éthique. C’est un besoin vital pour les citoyens français. »
 

La collecte

L'EFS dispose du monopole de la collecte de sang et de plasma en France. Une partie du plasma collecté par l'EFS est issue des dons de sang. À partir de cette poche, trois composants du sang sont séparés : les globules rouges, les plaquettes et le plasma.
Il est également possible de recueillir du plasma par des dons spécifiques, ou le donneur ne donne que son plasma. Ces dons permettent d'obtenir 3 fois plus de plasma que lors d'un don de sang.

L'usage

Le plasma, qu'il soit issu des dons de sang ou de plasma, a deux usages : il peut être transfusé en tant que tel, ou servir à produire des médicaments (médicaments dérivés du sang).
Pour préparer ces médicaments, les protéines doivent être extraites du plasma par fractionnement. En France, le monopole du fractionnement au plasma est détenu par le Laboratoire de Fractionnement et des Biotechnologies (LFB).

Les besoins

Les besoins en plasma (et plus précisément en immunoglobulines, ces protéines contenues dans le plasma) sont en forte hausse ces dernières années dans le monde, créant une tension qui s'est aggravée avec la crise sanitaire Covid.
Aujourd'hui, la France dépend à 65% de médicaments fabriqués à partir du plasma collecté aux Etats-Unis.
Or, les différentes crises économiques, sanitaires ou militaires des dernières années nous alertent sur la nécessité pour la France, comme beaucoup d'autres pays, de s'affranchir de cette dépendance.
En effet, pour garantir le soin de tous les malades, et ce en toutes circonstances, il y a urgence à développer la collecte de plasma en France, dont le modèle éthique est basé sur le bénévolat.

Manon Bollery


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