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18/05/2020 11:09

TOURISME : «C’est le moment pour redécouvrir la Bourgogne-Franche-Comté»

Président de Bourgogne-Franche-Comté Tourisme, Loïc Niepceron nous fait part de l’appréciation du plan de relance du tourisme présenté par le Gouvernement et donne les grandes lignes de la promotion touristique à opérer pour «relancer la machine» sur la période estivale.
Bourgogne-Franche-Comté Tourisme, c’est le comité régional de tourisme. Financé à 85% par la Région, il a pour mission l’observation et la promotion du tourisme, et regroupe des opérateurs publics et privés du secteur.
Son président et conseiller régional Loïc Niepceron a répondu à nos questions liées aux annonces d’un plan de relance du tourisme. La stratégie de promotion touristique est à accentuer sur la riche étendue de la région. Région qui compte 500 établissements labellisés Qualité Tourisme.

Appréciez-vous globalement le plan de relance ?


«Je pense que ce plan de relance du tourisme est à la hauteur car il porte sur une somme de 18 milliards d’euros. C’est un effort important pour le tourisme en France, ce qui est normal puisque le tourisme emploie 2 millions de personnes en France et 42.000 personnes en Bourgogne-Franche-Comté. Le tourisme regroupe non seulement des cafés, des hôtels, des bars, des restaurants, des chambres d’hôtes, des gîtes, des musées, des commerces… Bref, tout ce qui fait la vie. Il faut voir dans ce plan que l’État ne s’y est pas trompé. Et c’est plutôt une très bonne nouvelle.»

Annoncer que les Français pourront partir en vacances cet été, n’est-ce pas quelque peu précipité sachant que l’évolution de la situation sanitaire ne peut être fixée ?


«Je pense que le Premier Ministre qui a annoncé aux Français la possibilité, après deux mois de confinement, de partir en vacances en juillet-août est une bonne chose, car il faut qu’on sorte de ce confinement. On en sort, progressivement, il faut garder les mesures sanitaires bien sûr, mais il est normal aussi de permettre à chaque Français de retrouver la liberté de partir en vacances.
C’était attendu, ça donne de la confiance et de l’espoir à tous ceux qui vivent des activités touristiques. Ce déconfinement progressif doit bien évidemment s’accompagner d’une garantie sanitaire mais aussi financière. Dans notre région, 95% des opérateurs professionnels, publics et privés, sont aujourd’hui à l’arrêt. Leur redonner ces perpectives, c’est rallumer la flamme de l’espoir. Et selon les indicateurs communiqués par les autorités sanitaires, on devrait apercevoir le bout du tunnel et passer dans le vert. Je ne suis pas inquiet sur ce point-là.»

Selon vous, la mesure de remboursement des réservations de vacances en cas de non autorisation d’ouvertures liée à la situation sanitaire est-elle assez incitative pour amorcer la relance peut-on dire ?


«Il y avait jusque-là 9 millions de Français qui partaient à l’étranger. Ces 9 millions vont vraisemblablement devoir rester en France. Ils ont besoin de savoir où il vont aller mais aussi s’ils vont pouvoir être remboursés. Oui, c’est un gage de confiance solide.»

Le comité régional du tourisme a-t-il réalisé des projections de pertes financières dans le contexte actuel ?


«On estime que les pertes financières seront, selon les activités, entre 30% et 50%, voire 60%. Il faut bien avoir à l’esprit par exemple que nous avons une région avec huit sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Ils sont fermés pour le moment. Les aides importantes sont là pour aider à passer cette période blanche.»

En quoi la Bourgogne-Franche-Comté est-elle attractive ?


«La Bourgogne-Franche-Comté est une région authentique, qui a des valeurs de protection de l’environnement. On a des savoir-faire dans le vignoble, en Bourgogne, dans le Jura, on a paysages, on a des randonnées… On trouve ces touristes qui cherchent cette authenticité. On les attirera.
Mais on n’aura pas les touristes étrangers, les Belges, les Hollandais, les Allemands… On continue à travailler les marchés étrangers mais c’est sûr que cette année, on s’attend à en voir 10%, pas plus. Il faudra trouver une compensation et on sera aux côtés des opérateurs touristiques pour promouvoir les offres, pour dire aux potentiels visiteurs : "C’est le moment… Vous habitez Besançon, allez faire un tour dans l’Yonne… Vous habitez Dijon, allez découvrir les paysages de la Haute-Saône…"
On a eu une assemblée générale en visio avec 130 personnes jeudi 14 mai. La stratégie sera présentée à la fin du mois de mai pour embarquer tout le monde, pour communiquer tous ensemble en ce sens.»

Qu’avez-vous envie de dire aux potentiels touristes de la région partant du principe que le mot «Vacances» signifie forcément «Partir loin» ?


«La région Bourgogne-Franche-Comté va des portes de l’Île-de-France aux portes de Lyon. Elle est voisine de la Loire quand vous êtes à Dijon, jusqu’aux portes de l’Alsace et de la Suisse à Belfort. Elle est vaste, avec le vignoble de Bourgogne, les montagnes du Jura, les Vosges saônoises, les produits régionaux, les châteaux… Si j’habite à Vesoul et que je vais à Nevers, je mets cinq heures donc je ne reviens pas chez moi le soir. Faire un saut ici ou là, ça peut prendre plusieurs jours, en découvrant ou en redécouvrant notre art de vivre.
Nous en saurons plus le 25 mai pour déterminer concrètement les axes de promotion touristique, mais les acteurs touristiques sont déjà dans les starting-blocks. Des préconisations sont déjà mises en places dans plusieurs établissements. Il faudra ensuite relancer la machine.»

Faut-il «réinventer» le tourisme dans une période où le numérique a encore davantage été présent ?


«Nos concitoyens ont découvert par exemple le télétravail et utilisé le numérique quotidiennement. La réponse à la transition écologique mais aussi numérique est un enjeu du tourisme. Nous incitons les sites touristiques à utiliser les outils numériques au maximum. Si on utilise le numérique comme complément, comme outil, les sites touristiques seront d’autant plus valorisés. Le touriste choisira plus facilement, mais il aimera toujours prendre le temps de visiter sur place.»

Propos recueillis
par Alix Berthier