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22/10/2020 03:27

TRANSITION ÉNERGÉTIQUE : L'eDay accélère la mobilité électrique

Endroit mythique qui met en valeur la voiture, le circuit Dijon-Prenois a fait se rencontrer les différents acteurs de l'écosystème de la mobilité électrique en Bourgogne-Franche-Comté lors du forum de l'eDay le 15 octobre. Ils ont mis en avant les coûts inférieurs à l'usage des véhicules électriques.

«Se servir d'un véhicule électrique, c'est totalement différent d'un véhicule thermique» lance Michel Neugnot pour résumer l'eDay, conçu comme le plus grand rassemblement de véhicules électriques de Bourgogne-Franche-Comté dédié aux professionnels. Vice-président du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, le socialiste entend ainsi synthétiser la démarche didactique qui préside à ce forum se déroulant le jeudi 15 octobre 2020 au circuit de Dijon-Prenois.

La mobilité électrique n'est pas interchangeable avec la mobilité thermique, notamment au niveau de la voiture individuelle qui est l'élément le plus visible de cet eDay même si les vélos et les trottinettes sont présents parmi les stands. Au niveau collectif, envisager des modes de déplacement décarbonés implique de tenir compte de l'ensemble des solutions présentes sur un territoire pour les croiser avec l'ensemble des usages. Au niveau individuel, cela implique de tenir compte de l'ensemble du cycle de vie des différentes solutions retenues afin de financer un achat ou de s'orienter vers une location.

«Promouvoir la mobilité électrique»

Cet eDay est organisé par Bourgogne-Franche-Comté Mobilité électrique, association qui existe depuis 2009 et qui œuvre à «favoriser l'acquisition de véhicules électriques ou hybrides, à fédérer une vraie filière mobilité électrique et à promouvoir la mobilité électrique» comme l'explique son président Robert Poggi. Fournisseur d'énergie, constructeurs de véhicules, installateurs de bornes électriques et décideurs sont donc réunis ce jour à Dijon-Prenois.

Depuis 2009, la mobilité électrique a parcouru beaucoup de chemin. «En 2009, on apparaissait comme étant des Martiens venus d'un autre monde de science-fiction» se souvient Michel Neugnot. Quelques années plus tard, la Région Bourgogne était toujours pionnières en instaurant en 2013 son schéma d'implantation des bornes électriques afin de lever les freins à l'utilisation des véhicules électriques.

Aujourd'hui, l'organisateur de l'eDay participe au réseau d'acteurs mis en place par la Région Bourgogne-Franche-Comté pour «réfléchir les mobilités de demain dans les territoires ruraux et la mobilité électrique est une des solutions à utiliser, que ce soit sur les vélos, ce que ce soit sur les voitures» explique Michel Neugnot. L'élu régional insiste : «on ne passe pas d'un véhicule thermique à un véhicule thermique sans avoir la nécessité de changer ses comportements».

Bourgogne-Franche-Comté Mobilité électrique adhère à l'association nationale Avere. Selon Cécile Goubet, directrice générale d'Avere France, l'association tient un rôle de fédérateur de l'écosystème de la mobilité électrique avec 200 adhérents privés et publics étant dans une dynamique de transition écologique et énergétique. Avere identifie les freins et propose des solutions concrètes pour accélérer la mobilité électrique. L'association apporte un maximum d'information sur la mobilité électrique et donne des réponses aux idées reçues via le site Je roule en électrique.

L'enjeu de l'équipement en bornes du résidentiel collectif


«Facilitateur de l'émergence des mobilités propres», tel est le rôle que se donne Enedis. Cheffe de projet senior au sein du projet Mobilité électrique d'Enedis, Sandrine Hartmann rappelle qu'Enedis est exploitant du réseau français sur 95% du territoire. Les infrastructures de recharge de véhicules électriques étant souvent raccordées au réseau via Enedis. L'exploitant accompagne les installations en voirie et travaille sur des solutions innovantes comme les bornes à la demande. Enedis peut aussi plancher sur les projets d'électrification de flottes de bus pour trouver l'optimum des coûts entre infrastructure et matériel roulant.

Pour Enedis, l'installation de bornes de recharge dans les immeubles résidentiels collectifs est un sujet important puisque 44% des ménages habitent en appartement. «C'est un vrai enjeu de pouvoir mettre à disposition des recharges de véhicules en copropriété» souligne Sandrine Hartmann.

Depuis 2014, il existe un «droit à la prise» autorisant tout usager de véhicule électrique à faire installer une borne de recharge au sein de l'immeuble sauf que c'est aux frais du demandeur, ce qui peut dissuader les locataires. L'Avere recense les démarches sur son site web. Depuis décembre 2019, la loi LOM impose le prééquipement de certains emplacements de stationnement des immeubles neufs ou rénovés afin d'atteindre les objectifs gouvernementaux.

«Équilibrer la dépense entre thermiques et électriques»


Seul énergéticien présent sur le forum, EDF revendique une place de «leader de la mobilité électrique en Europe». Yannick Duport, directeur mobilité électrique du groupe EDF, travaille particulièrement sur les services d'interopérabilité et sur les solutions de financement afin d'«accompagner les clients qui veulent passer d'une flotte thermique à une flotte électrique». Politique de roulage, optimisation de l'usage des véhicules, intégration des bornes dans le process, achat en propre ou encore leasing peuvent être passés en revue.

Yannick Duport tient à rassurer les professionnels : «en intégrant tous les coûts on peut arriver à équilibrer la dépense entre thermiques et électriques». Et d'évoquer le différentiel de coût : 9 euros les 100 kilomètres pour le thermique, 3 euros les 100 kilomètres pour l'électrique. Sans oublier un coût d'entretien des véhicules qui peut être divisé par deux.

Deux milliards d'euros pour la conversion des véhicules individuels


Le plan France Relance prévoit deux milliards d'euros pour accompagner les particuliers à un changement vers un véhicule moins émetteur de gaz à effet de serre (informations sur le site prime à la conversion des véhicules). Pour la DREAL Bourgogne-Franche-Comté, Hughes Dollat rappelle également le «message donné par l’État» au travers de la loi d'orientation des mobilités (LOM) de décembre 2019 qui ambitionne la réduction d'empreinte carbone.

Depuis 2010, près de 400.000 véhicules électriques et hybrides rechargeables ont été immatriculés en France. Le gouvernement table sur un million d'ici 2022. D'ici 2030, la majorité des clients français achèteront un véhicule individuel électrique selon une étude d'Ansys de septembre 2020.

En Bourgogne-Franche-Comté, le nombre de ces véhicules est passé de 1.200 en 2017 à 4.500 en septembre 2020. Robert Poggi voit là les effets de «la prise de conscience qu'il faut agir maintenant contre le réchauffement climatique en limitant nos émissions de CO2» et de «la crise sanitaire qui bouleverse nos façons de travailler et de se déplacer».

Jean-Christophe Tardivon

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