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14/01/2021 19:52

TRANSPORT FERROVIAIRE : Des travaux de modernisation et des conflits avec les voyageurs en 2021

Conscient de «mécontentements passagers mais réels», le vice-président du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté Michel Neugnot a prévenu que la modernisation du réseau ferroviaire entraînera quelques désagréments auprès des voyageurs. Ce mardi 12 janvier, l'élu régional a aussi évoqué les alternatives liées aux lignes non circulées devenant des voies vertes ou des vélorails.

Sur les 423 millions d'euros de travaux de modernisation du réseau ferroviaire engagés en 2021 par SNCF Réseau, 173 millions d'euros correspondent à des cofinancements venant de l'Union européenne, de l’État et de la Région. Certains travaux sont cofinancés dans le cadre du contrat de plant État-Région 2021-2027 (CPER).

Le 12 janvier 2021, le vice-président du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté notamment en charge des transports, Michel Neugnot (PS), profite de la présentation des 250 chantiers de SNCF Réseau pour souligner «une rupture avec le passé» dans la définition des travaux financés par le CPER en retenant préférentiellement des «opérations arrivées à maturation» (lire notre article sur le CPER 2021-2027). Cela induit une «accélération» des financements et donc une mise en œuvre en 2021 et 2022 de chantiers prévus de longue date.
«On travaille actuellement pour l'après, c'est à dire 2023-2027 où il y a un travail qui est en train d'être fait pour voir ce qui va être prioritaire» explique Michel Neugnot. Des études seront engagées afin d'utiliser des fonds de France Relance pour des réalisations dès 2023. Cela devrait amener «de la lisibilité» sur les travaux successifs auprès «des élus de proximité des lignes ferroviaires» insiste l'élu régional.

Des travaux pouvant induire des mécontentements de voyageurs


«Cette masse de travaux, en 2021, il faut bien savoir qu'en matière d'exploitation, ça va être autant de conflits que l'on va avoir avec les voyageurs habituels» anticipe Michel Neugnot, «plus il y a de travaux, plus il y aura des périodes où les trains ne circuleront pas du tout».

SNCF Réseau envisage effectivement certaines phases de travaux de nuit permettant de limiter l'influence sur le cadençage des trains de voyageurs. Néanmoins, certains chantiers induisent des fermetures parfois sur un week-end, parfois sur plusieurs jours. Les usagers sont alors prévenus à l'avance et des alternatives sont proposées. Cela vaut aussi pour les interventions dans les gares comme les mises en accessibilité.

«Ce sera un mécontentement passager mais réel d'une partie des usagers» prévoit l'élu régional qui en fait une question politique «au sens noble du terme». «Comment faire comprendre que, pour qu'il y ait des trains qui circulent de bonne qualité, on améliore à travers le temps ?» demande-t-il.

La Loi d'Orientation des Mobilités a apporté une réponse en créant des bassins de mobilité qui permettent un dialogue entre la Région, les élus de proximité et les acteurs locaux. Il en existe 21 en Bourgogne-Franche-Comté. «Il faut utiliser ces espaces de dialogue pour faire comprendre que le train, c'est complexe, ça prend du temps et ça s'anticipe» résume le vice-président aux transports.

«Autant on accepte, sur l'autoroute, de faire 20 kilomètres sur une seule voie derrière des gars qui ne roulent jamais assez vite parce que vous avez payé pour rouler vite, alors que pour le train, ce n'est pas toléré» ironise Michel Neugnot qui s'empresse d'ajouter que «l'Etat, la Région, la SNCF, nous avons un devoir d'explication, de simplification d'un système complexe».

Un futur abonnement TER domicile-travailleur


«La crise de la Covid requestionne l'ensemble du modèle économique ferroviaire» constate Michel Neugnot en voyant une baisse de la fréquentation des voyageurs tant sur les lignes TGV que sur les trajets en TER. «Après la Covid, on voit bien que l'habitude de consommation de transport de nos concitoyens va être, pendant un certain temps, totalement différente» analyse-t-il.

Le TGV est le plus concerné par le quasi arrêt des déplacements professionnels en première classe, ce qui contribuait largement aux marges de SNCF Mobilités. Finis les trajets pour se rendre depuis Marseille jusqu'à Paris pour quelques heures de réunion physique.

En 2019, les 570 TER quotidiens de Bourgogne-Franche-Comté transportaient en moyenne 62.000 voyageurs. À ce jour, la fréquentation est tombée à 25.000 voyageurs par jour, selon les mêmes méthodes de comptage qu'en 2019. Soit une baisse de le fréquentation de 60%. En conséquence, la Région, autorité de gestion des mobilités, a réduit l'offre à 400 trains par jour, soit 30% de moins. Cette adaptation de l'offre a conduit à de nombreuses protestations du côté des usagers.

«Quand la Covid sera totalement derrière nous, (…) deux à trois ans après, on pourra revenir à la normale» anticipe le vice-président aux transports. Néanmoins, «il faudra totalement s'adapter car le phénomène du domicile-travailleur va modifier la demande» ajoute-t-il.

D'où une modification des abonnements. La Région a d'ores et déjà lancé un service supplémentaire sur l'abonnement annuel pour voyager en illimité le week-end sur l'ensemble du réseau TER de Bourgogne-Franche-Comté (lire le communiqué). En 2021, un abonnement domicile-travailleur sera proposé pour les usagers réguliers qui ne circuleraient que deux ou trois jours par semaine sur le même trajet.

La reconversion des lignes non circulées


La question des lignes non circulées, c'est à dire des lignes qui ne sont plus fréquentées par des trains commerciaux, préoccupe la Région dans le cadre de l'organisation des mobilités. «C'est un espace qui est disponible et la réflexion que l'on a mené avec SNCF Réseau en cours de 2020 doit nous permettre (…) de poser la problématique du devenir des lignes non circulées» signale Michel Neugnot.

Il s'agit donc d'un patrimoine long de 693 kilomètres dont l'entretien est évalué annuellement à 500.000 euros. SNCF Réseau aspire donc à valoriser ces voies tout en diminuant les dépenses d'entretien. Des projets de mobilité alternative peuvent être développés par des communes ou intercommunalités : voies vertes, vélorails, trains touristiques, pistes cyclables...

SNCF Réseau envisage de mettre à disposition du foncier au travers d'une Convention de Transfert de Gestion (CTG) pouvant aller jusqu'à 25 ans. Pendant cette durée, la collectivité gestionnaire aménage l’emprise selon son projet et ne paie pas de redevances. SNCF Réseau conserve la propriété de lignes qui pourraient retrouver un usage commercial dans le monde de l'après-pétrole.

Plusieurs projets d’aménagements ont déjà été menés en Bourgogne-Franche-Comté, comme la voie verte entre Lure et Villersexel, en Haute-Saône, ou les vélorails de la Vingeanne (Côte-d'Or) et de Cordesse (Saône-et-Loire). En 2021, les projets d'aménagement concernent 57 kilomètres de lignes non circulées.

Jean-Christophe Tardivon

SNCF Réseau investit 423 millions d'euros pour la modernisation du ferroviaire en 2021