Recherche
POUR JOINDRE INFOS-DIJON
redaction.infosdijon@gmail.com (à privilégier)
SMS et MMS au 07 86 17 77 12
> Bourgogne - Franche-Comté > Bourgogne - Franche-Comté
16/11/2020 03:27

TRAVAIL : Éclairage sur les entrepreneurs de Bourgogne-Franche-Comté

Le non-salariat concerne 12,5% des actifs de Bourgogne-Franche-Comté. La Saône-et-Loire est le département qui compte le plus d'entrepreneurs, juste avant la Côte-d'Or.

Éclairage sur les entrepreneurs de Bourgogne-Franche-Comté

133 800 entrepreneurs en Bourgogne-Franche-Comté, soit 12,5 % des actifs occupés

Auteurs : David Brion, Caroline Desnoyers, Philippe Rossignol / 13 novembre 2020.

En Bourgogne-Franche-Comté, 133 800 personnes sont non-salariés à la fin 2017. Il peut s'agir de dirigeants de société ou d'entrepreneurs individuels, parfois de micro-entrepreneurs, exerçant une activité commerciale, artisanale, libérale ou agricole. Le non-salariat concerne 12,5 % des actifs ayant en emploi dans la région, ce qui est comparable à la moyenne en France métropolitaine, 12,2 %.

La Bourgogne-Franche-Comté se classe au 7e rang des régions métropolitaines pour la proportion d'entrepreneurs parmi les actifs occupés. C'est dans les régions du sud du pays que le non-salariat est le plus fréquent : il représente 16,7 % des actifs occupés en Corse, 16 % en Occitanie et en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il est, à l'inverse, moins répandu en I'Île de France, 9,2 %, et dans les Hauts de France, 9,7 %.

Les non-salariés d’entreprises classiques sont relativement plus nombreux qu’au plan national
En Bourgogne-Franche-Comté, les non-salariés sont pour plus des deux-tiers des hommes. Les entrepreneurs individuels (hors micro-entreprise) et gérants majoritaires de société sont les plus nombreux : ils représentent chacun plus de 37 % des non-salariés. Les seconds sont les gérants qui détiennent seuls ou à plusieurs le capital social de la société.

Les entrepreneurs individuels (hors micro-entreprise) et gérants majoritaires de société sont les non-salariés d'entreprises dites "classiques". Ils sont relativement plus nombreux dans la région : ils constituent 75 % des non-salariés contre 71 % en France métropolitaine.

Enfin, un quart des non-salariés sont micro-entrepreneurs. Ce statut est relativement moins fréquent dans la région qu'au plan national. A l'origine désigné comme auto-entrepreneur, il correspond à un régime de travailleur indépendant créé en 2008 pour simplifier la gestion administrative en remplaçant toutes les cotisations sociales et tous les impôts et taxes par un versement unique et proportionnel au chiffre d’affaires.

Les non-salariés relèvent en premier lieu de l'agriculture, puis du commerce et de la construction

La Bourgogne-Franche-Comté est une région où l'agriculture est très présente. Aussi, près de 21 % des non-salariés exercent dans ce secteur, c'est davantage qu'en France métropolitaine, 13 %. Ce sont majoritairement des hommes, qui travaillent surtout dans l'élevage de vaches laitières et d'autres bovins, la culture de céréales, ou celle de la vigne. Ces activités sont en lien avec les productions renommées de la région, en fromages comme le Comté, le Morbier et le Mont-d'Or et en vins comme les grands crus des côtes de Beaune, côtes de Nuits et du Chablisien.

Le commerce, l'entretien de véhicules sont également des activités davantage présentes dans la région : elles concernent 16 % des non-salariés, plus qu'au niveau national, 14 %. On y trouve en premier lieu les dirigeants des commerces de détail y compris ceux exposant dans les marchés, des garages et concessionnaires, et des pharmacies.

La construction emploie 12 % des non-salariés de la région, soit pratiquement autant qu'au plan national. Les plus nombreux sont les entrepreneurs en maçonnerie, ceux spécialisés dans l'installation électrique, la menuiserie, la peinture ou la vitrerie.

Les activités liées à la santé humaine concernent 13 % des non-salariés de la région, moins qu'au plan national cette fois, 15 %. On y trouve des professionnels exerçant en libéral comme les infirmiers, les masseurs-kinésithérapeutes, les médecins libéraux, les sages-femmes. Il s'agit souvent de métiers très féminisés, des professions réglementées où le niveau de qualification requis est parfois élevé.

Les activités de services aux entreprises que sont les activités juridiques, comptables, de gestion, d'architecture, d'ingénierie et d'analyse technique sont également moins fréquentes dans la région qu'au plan national. En fait, la concurrence des régions parisienne et lyonnaise est forte car ces activités se développent surtout dans les métropoles où le tissu économique est important et les débouchés plus nombreux.

Les non-salariés sont plus diplômés que les salariés 
De nombreux diplômés du supérieur dans le secteur de la santé

Les entrepreneurs constituent une population plutôt diplômée : 58 % d'entre eux possèdent, en Bourgogne-Franche-Comté, au moins le baccalauréat ; c'est un peu plus que les salariés de la région, 55 %. En effet, la possession d'un diplôme au même titre qu'une solide expérience professionnelle sont des gages de réussite pour les personnes souhaitant se lancer dans l'entrepreneuriat : elles ont plus de chances de maintenir leur entreprise au cours du temps.

Néanmoins, les entrepreneurs de Bourgogne-Franche-Comté ont globalement un niveau de qualification moins élevé qu'en moyenne au plan national. Ainsi, 38 % ont un diplôme de l'enseignement supérieur contre 46 % en France métropolitaine. Ce constat est en lien avec la moindre présence dans la région des activités nécessitant de hautes qualifications comme les services aux entreprises cités plus haut et les professions réglementées de la santé. Dans la région, les non-salariés sont, en fait, davantage titulaires d'un CAP ou BEP, 30 contre 24 %.

Le niveau de qualification dépend du secteur d'activité.

En Bourgogne-Franche-Comté, les non-salariés du secteur de la santé sont les plus diplômés : huit sur dix sont diplômés de l'enseignement supérieur. En effet, les professions réglementées, médicales et paramédicales, requièrent plus que le baccalauréat. Viennent ensuite les non-salariés des activités juridiques, comptables ou scientifiques où les deux tiers sont en possession d'un diplôme supérieur.

Dans l'agriculture, le niveau de formation des non-salariés a fortement progressé : 80 % des moins de 40 ans ont au moins le baccalauréat contre un tiers des plus de 50 ans. Cette évolution est liée à la nécessité de posséder au moins un baccalauréat professionnel ou un brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole ou tout diplôme de niveau équivalent pour bénéficier d’aides à l’installation.

Les secteurs de la construction et de l'industrie sont ceux où les non-salariés sont les moins diplômés : les titulaires de CAP, BEP et les sans diplômes y sont majoritaires.

La moitié des non-salariés dégagent un revenu de 1 280 € par mois, mais les disparités de revenus sont particulièrement fortes

Hors secteur agricole, la moitié des non-salariés de Bourgogne-Franche-Comté tirent moins de 1 280 euros par mois de leur activité en 2017.

Les disparités de revenu sont marquées parmi les non-salariés. En effet, un non-salarié sur quatre gagne moins de 280 euros par mois, alors qu'un quart perçoit plus de 2 455 euros, soit un rapport de 1 à 9 entre les deux.

Environ un quart des non-salariés ont occupé parallèlement au moins une activité salariée dans l'année pour disposer de davantage de ressources.

Les micro-entrepreneurs tirent de leur activité des revenus plus faibles : leur revenu mensuel médian s'élève à 250 euros contre 2 180 euros pour les non-salariés d'entreprises classiques. En fait, le statut de micro-entrepreneur permet des formalités simplifiées à la création, ainsi que pour le calcul des impôts et des cotisations. Il est soumis, en revanche, à un plafond annuel de ressources, ce qui limite les rémunérations par rapport à ceux qui sont à la tête d’entreprises classiques. La plupart ont d'ailleurs d'autres revenus : quatre micro-entrepreneurs sur dix ont également eu une activité salariée au cours de l'année, contre 15 % des non-salariés d'entreprises classiques.

Les jeunes non-salariés perçoivent des revenus plus faibles : la moitié de ceux ayant moins de 30 ans retirent de leur activité moins de 622 euros par mois. Ils ont, en fait, peu d'expérience et de réseaux leur permettant de dégager davantage de revenus. Ils sont, par ailleurs, très fréquemment en micro-entreprises à 43 %, et leurs revenus sont donc plafonnés. A l'inverse, le revenu mensuel médian des non-salariés âgés de 45 à 59 ans est de 1 578 euros. Leur expérience est un atout et peu sont micro-entrepreneurs, 19 %.

De hauts revenus dans les activités juridiques, comptables, financières, assurantielles et dans la santé

Les non-salariés qui perçoivent les revenus les plus élevés sont également ceux disposant des plus hautes qualifications. Les juristes et comptables, les vétérinaires disposent d'un revenu médian mensuel d'un peu plus de 5 500 €. Viennent ensuite les non-salariés des activités auxiliaires des services financiers et d'assurance, 5 170 €. Les non-salariés du secteur de la santé perçoivent également des revenus plus élevés, 3 600 € avec des situations variables, notamment entre les médecins, les sages-femmes, les masseurs-kinésithérapeutes, les infirmiers.

Les non-salariés de la construction sont ceux qui disposent des niveaux de qualification globalement les moins élevés, mais souvent des diplômes spécialisés de niveau CAP ou BEP qui confèrent des savoir-faire.

Aussi, ils perçoivent globalement un revenu de 1 600 €, supérieur à la moyenne de l'ensemble des non-salariés. D'ailleurs, peu d'entre eux ont recours à une activité complémentaire pour compléter leur revenu, 13 %.

Le revenu médian le plus faible concerne les non-salariés des arts, spectacles et activités récréatives, 230 €. Leur activité non-salariée est souvent un appoint car près de la moitié ont par ailleurs une acitvité salariée. Ce sont souvent des animateurs sportifs et culturels en micro-entreprise, parce que le salariat ne leur propose que des contrats courts fractionnés, saisonniers et peu rémunérés. Ils travaillent souvent avec le milieu associatif dont les budgets sont limités et dépendent grandement des subventions publiques. Ils sont mis en concurrence par les employeurs qui cherchent à abaisser le prix des prestations.

Le revenu est également peu élevé pour les non-salariés de l'enseignement, de la coiffure et des soins de beauté, de l'entretien et de la réparation de véhicules. Dans l'enseignement, le revenu mensuel médian est d'à peine 480 euros. Aussi, la moitié des non-salariés de ce secteur complètent par des revenus tirés d'une activité salariée complémentaire.

De nombreux non-salariés en Saône-et-Loire, relativement peu dans le Territoire de Belfort

La Saône-et-Loire est le département de Bourgogne-Franche-Comté qui comporte le plus de non-salariés, 28 200. Viennent ensuite les départements de la Côte-d’Or, 27 400 et du Doubs, 23 500.

La Nièvre et la Haute-Saône sont les départements où le non-salariat est le plus fréquent : les non-salariés représentent 13,9 % des actifs occupés. Viennent ensuite, dans la région, le Jura, la Saône-et-Loire et l'Yonne, où le taux de non-salariés parmi les actifs occupés dépasse 13 %.

Les départements de la Nièvre et de la Saône-et-Loire comportent relativement moins de micro-entrepreneurs que les autres départements de la région, mais davantage d'autres entrepreneurs individuels.

Les agriculteurs y sont en fait davantage présents : ils constituent 29 % des non-salariés dans la Nièvre et 24 % en Saône-et-Loire contre 21 % en Bourgogne-Franche-Comté. A contrario, les entrepreneurs nivernais travaillant dans les services sont relativement moins nombreux, 54 % contre 61% au niveau régional.

Les non-salariés de Saône-et-Loire (hors agriculture) sont dans la région ceux qui disposent des revenus les plus élevés : le revenu médian mensuel atteint 1 346 euros contre 1 278 euros dans l’ensemble de la région. En particulier, c'est en Saône-et-Loire que les entrepreneurs du secteur de la construction disposent globalement des revenus les plus élevés. Dans la Nièvre, les non-salariés sont moins diplômés de l'enseignement supérieur: 31 % ont un diplôme post-baccalauréat contre 38 % au niveau régional. Néanmoins, leur niveau de revenu est globalement comparable à leurs homologues de la région. Il est toutefois plus élevé dans les services non marchands et particulièrement faible dans l'industrie.

Dans les départements de la Haute-Saône et du Jura, les non-salariés (hors agriculture) sont ceux de la région qui disposent des revenus les moins élevés, respectivement 1 186 et 1 111 euros de revenu mensuel médian. En Haute-Saône, les non-salariés ont les niveaux de qualification les plus bas: 47 % d'entre eux sont sans diplôme, ou avec un diplôme de niveau brevet, CAP ou BEP contre 42 % au niveau régional. Dans le Jura, les non-salariés des services non marchands perçoivent les revenus les plus bas de la région : la moitié gagnent moins de 2 393 euros contre 2 835 euros au niveau régional.

Dans l'Yonne, le non-salariat est également répandu et le profil des entrepreneurs se distingue peu de celui de l'ensemble des non-salariés de la région.

Dans le Doubs et en Côte-d'Or, les non-salariés sont moyennement présents : ils constituent respectivement 11,1 % et 12,1 % des actifs occupés. Comparé à la moyenne régionale, le statut de gérants majoritaires de société y est plus fréquent alors que celui d'entrepreneurs individuels est moins répandu. En particulier, les non-salariés du secteur agricole y sont sous-representés, contrairement à ceux des services non marchands et marchands. Dans ces deux départements, les non-salariés sont plus souvent diplômés de l'enseignement supérieur. Les revenus médians mensuels des non-salariés (hors agriculture) sont globalement 4 % plus élevés que la moyenne régionale.

Le territoire de Belfort se distingue par un faible nombre de non-salariés, 4 600. Il s'agit en effet du département le moins peuplé de la région et celui où le non-salariat est le moins répandu. Ce type d'exercice concerne en effet 8,6 % des actifs occupés, soit la plus faible proportion de la région. L'exercice en micro-entreprise y est plus fréquent que dans le reste de la région, et les gérants majoritaires de société sont à l'inverse moins présents. Les non-salariés sont davantage des femmes dans ce département, 36 contre 32 %. Ils exercent davantage leur activité dans les services : 75 % y pratiquent leur activité contre 61 % au niveau régional. Ils exercent en particulier davantage dans la santé et le secteur du commerce et de la réparation de véhicules. Il s'agit d'un département très urbain, les agriculteurs y sont donc très peu présents.

Hors secteur agricole, le revenu mensuel médian est plus élevé dans le territoire de Belfort que dans la région. Dans l'industrie en particulier, la moitié des non-salariés perçoivent plus de 1 290 euros par mois, contre 950 euros au niveau régional. Il en va de même pour les non-salariés des services non marchands. À l'inverse, ceux du secteur de la construction touchent les revenus les plus faibles de la région.

Communiqué