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30/07/2021 05:54

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR : «L’ESIREM change de dimension», affirme Albert Dipanda

L'ESIREM compte 700 étudiants répartis sur les campus de Dijon et du Creusot. Le directeur Albert Dipanda met actuellement en place un partenariat avec Alstom et envisage d'ouvrir toutes les formations à l'apprentissage d'ici 2023.
Réélu directeur de l’école d’ingénieurs de l’université de Bourgogne à la fin de l'année universitaire passée pour un second - et dernier - mandat de cinq ans, Albert Dipanda entend poursuivre le développement d’un établissement élargissant son offre de formations, sa structure et ayant amorcé son ambition d’être membre à part entière du réseau Polytech.

Quel bilan faites-vous de votre précédente mandature ?

«Globalement très positif. Ce que l’on peut mettre en avant, ce sont les effectifs, on les a doublés en cinq ans alors que la hausse n’a été que de 5 % lors de la mandature d’avant. Nous sommes à peu près 700 étudiants aujourd’hui (répartis sur trois départements : informatique-électronique et matériaux sur le campus de Dijon ; robotique sur le campus du Creusot).

C’est je dirais la conséquence d’une visibilité et d’une notoriété renforcée pour l’ESIREM, qui a changé de dimension. Les collectivités locales et les entreprises nous voient différemment.

L’offre de formation s’est élargie et les entreprises ailleurs qu’à Dijon, celles du Creusot notamment, nous connaissent, comme Alstom avec laquelle nous sommes en train de mettre en place un partenariat fort.

Le troisième point fort du précédent mandat a été de se projeter dans l’agrandissement des locaux de l’école. Un nouveau bâtiment va être créé, les travaux commenceront au mois de septembre. À Dijon, nous passerons d’un site de 3.000 m2 à un site de près de 5.000 m2.

Dernier élément, nous sommes entrés dans le réseau Polytech en février 2021. Un réseau prestigieux en France, dans les six réseaux les plus reconnus sur le plan national. Pour notre notoriété, c’était presque un passage obligé. Nous sommes une école interne et toutes sont aujourd’hui intégrées à des réseaux, soit INSA, soit Polytech. Nous avons renforcé naturellement notre proximité avec Polytech puisque le concours d’entrée à notre école était déjà le Geipi Polytech.»

Toutes les formations s’ouvriront à l’apprentissage en 2023


D’école associée à membre à part à entière du réseau Polytech, quelles conditions devez-vous remplir ?


«C’est effectivement l’un des objectifs de mon second mandat. Il faut compter, au minimum, entre 900 et 1.000 élèves et 200 diplômés. Ce qui n’est pas encore notre cas, même si nous passerons à 150-160 diplômés avec le récent département Robotique. L’ouverture à l’apprentissage de tous les départements (seul le département Robotique est concerné pour l’instant) nous permettra de monter en puissance au niveau de la formation des ingénieurs.

D’ici à quelques années, le réseau Polytech décidera si nous avons les capacités pour en devenir membre.»

Quels sont les atouts que doit générer la généralisation de l’apprentissage à vos formations ?

«D’une part, ça ouvre un peu plus notre offre de formations. D’autre part, elle permet une diversification du public car l’apprentissage ne s’adresse pas qu’à des élèves qui sortent d’une prépa, ça peut s’adresser à des personnes qui travaillent et qui veulent monter en compétences ou à des personnes en recherche d’emploi, les chercheurs, les personnes ayant validé une licence professionnelle et qui souhaitent aller plus loin. On ne trouve pas actuellement ce public dans notre école.

Deuxièmement, l’apprentissage permet d’augmenter les fonds propres de l’école car c’est l’entreprise qui paie la formation de l’élève.

Dernier point, l’apprentissage permet aux élèves de sortir de l’école avec une expérience de trois ans. Ce qui renforce la proximité de nos futurs diplômés avec les entreprises. L’apprentissage représente plus que les stages de fin d’année. L’objectif fixé est de compter 100 à 120 élèves en apprentissage dans notre école.»

Ambitions et notoriété


Justement, quelles ambitions nourrissez-vous pour ce qui est de l’accueil des étudiants durant les prochaines années ?

«La CTI (commission des titres d’ingénieur) délivrera sa prochaine habilitation en 2023, ce qui correspondra à notre nouvelle offre de formations ouvertes à l’apprentissage (matériaux, cyber-sécurité et objets connectés). Quinze élèves par promotion sont attendus. D’ici à trois ans, nous prévoyons de compter plus de 900 élèves.

Le budget actuel de l’ESIREM est de 500.000 euros annuels. On doit pouvoir arriver à un budget d’un million d’euros durant ce nouveau mandat, via notamment la taxe d’apprentissage et nos prestations en équipements de pointe auprès des entreprises.»

Quelles potentialités votre projet d’agrandissement vous permettra-t-il d’affirmer ?

«D’abord, l’idée est de pouvoir disposer de locaux plus modernes. Ensuite, nous aurons dans le nouveau bâtiment un laboratoire de langues. Nous aurons également un amphithéâtre de 350 places, et une salle équipée pour les MOOC. De nouvelles méthodes pédagogiques pourront être envisagées.

Cet agrandissement, financé par l’université de Bourgogne, Dijon Métropole et la région Bourgogne-Franche-Comté, est de l’ordre de 4,2 millions d’euros.»

En parlant de notoriété, où se situe l’ESIREM au niveau national ?

«Il y a cinq ans, nous étions 92ème dans le classement prestigieux de L’Usine Nouvelle. Pour l’année 2020, nous sommes la 50ème école sur environ 160 écoles classées (plus de 100 diplômés par an).

On ressent aussi cette notoriété au niveau de notre recrutement. Alors que celui-ci était surtout régional, il a tendance à s’étaler dans toute la France aujourd’hui.»

Un dynamique de développement et d’ouverture


Quel est, selon vous, le profil-type de l’ingénieur formé à l’ESIREM ?

«Nous avons la chance d’être une école je dirais familiale. Il y a une vraie cohésion entre les élèves ici. Nous sommes en plus une école publique à l’intérieur d’une université. Ce qui veut dire que beaucoup d’ingénieurs que nous accueillons sont boursiers. Ça donne un certain esprit d’ouverture sociale. Le prix de notre scolarité de 600 euros à l’année.

Sur cette base-là, celle d’une école interne, on peut remarquer que la plupart de nos enseignants sont des enseignants chercheurs, à 90 %. On donne une ouverture vers la recherche à nos étudiants, pour aller plus loin dans la connaissance sans forcément l’obsession de capitaliser à la sortie des études.»

Parlez-nous du lancement du département Robotique sur le campus universitaire du Creusot ?

«La première promotion l’année dernière a permis d’accueillir 25 étudiants et ils seront 50 l’année prochaine, l’objectif étant qu’ils soient une soixantaine par promotion. Cela sur trois ans à terme. À la rentrée prochaine, les 3ème et 4ème années seront en place, et la 5ème année en plus à la rentrée 2022.

Actuellement, nous sommes au centre universitaire Condorcet et nous serons au sein du site technopolitain au lycée Léon Blum en 2022, sur 2.000 m2.»

L’ESIREM poursuit-elle aussi ses partenariats à l’international ?

«Oui. Nous avons toujours une antenne au Cameroun, qui s’est traduite par la création d’un master pour lequel nos enseignants vont donner des cours. Ce volet international était une priorité du mandat précédent et cela s’inscrivait aussi dans les recommandations de la CTI qui considère que tout ingénieur doit aller à l’étranger. Nous avons doublé le nombre de nos partenariats à l’étranger (plus de 70 aujourd’hui).

Nos élèves ont désormais la possibilité d’aller faire des doubles diplômes, notamment au Canada ou bien en Malaisie. Et nous avons une deuxième langue étrangère obligatoire en plus de l’anglais (italien, japonais, espagnol, allemand, chinois, portugais, polonais).»

Comment percevez-vous la construction du campus métropolitain destiné à accueillir l’ESEO et l’ESTP ?

«Deux nouvelles écoles d’ingénieurs sur le campus de Dijon, ça montre un dynamisme. C’est aussi un enjeu d’attractivité des futurs ingénieurs mais aussi des entreprises. Avec également l’arrivée annoncée de l’école d’architecture, on parle de l’enseignement supérieur en dehors de l’université. On sait que l’on peut bien débuter et poursuivre ses études à Dijon, notamment à l’ESIREM.

À Nancy, il y une dizaine d’écoles d’ingénieurs. À Angers, on en compte neuf. Le fait que la Métropole fasse l’effort d’attirer des écoles d’ingénieurs, en plus de l’ESIREM et d’Agrosup, ne peut qu’être bénéfique à toutes les structures.»

Une année particulière vécue


Pour finir et pour en revenir à la vie de l’ESIREM, quel sentiment portez-vous sur l’année universitaire passée s’étant déroulée dans un contexte de crise sanitaire ?

«C’est sûr qu’elle a été compliquée, longue et difficile. En mars 2020, tout le monde savait qu’on était confinés. Mais pour cette année, la rentrée de septembre 2020 a été presque normale et ensuite la situation a évolué avec un confinement, une configuration hybride à 50 %. Puis on nous a dit que les étudiants ne devaient plus venir, avant de nous dire qu’ils pouvaient quand même venir pour les travaux pratiques et certains peut-être pour les TD, etc, etc. À chaque fois, il a fallu que les enseignants et les élèves s’adaptent.

Du côté des élèves, les difficultés psychologiques ont dû être surmontées. Une petite baisse de niveau s’est ressentie puisque les élèves n’ont pas été présents pendant près de 80 % du temps. Mais pour les élèves déjà en difficulté, leur nombre a augmenté et les conséquences ont été lourdes. Les petites difficultés deviennent tout de suite très grosses dans un tel contexte.»

Quelle incidence cette année particulière a-t-elle eu sur les taux de réussite de vos élèves ?

«Il y a quand même une baisse. En troisième année, soit la première du cycle d’ingénieur, le taux d’échec n’est pas loin des 10 % (contre 5 % avant la crise sanitaire). En quatrième année, le taux d’échec a augmenté de 1 à 2 %. En cinquième année, 1 ou 2 % des élèves ont connu des difficultés qui auraient pu être résolues en temps normal (taux à 0 % avant la crise sanitaire).

Avez-vous appris de cette année en ce qui concerne les approches et méthodes pédagogiques ?

«L’adaptation a été nécessaire et des outils non utilisés jusqu’à présent ont pu être développés. Il est certain que des pratiques vont rester. À nous de débriefer tout ça pour en dégager des plus dans l’enseignement. La palette d’outils est plus large qu’avant la crise sanitaire.»

Êtes-vous très optimiste sur une rentrée en présentiel à 100 % en septembre prochain ?

«Pour le moment, tout le monde est quand même optimiste car il n’y pas de restrictions à proprement parler. On est plutôt en train d’ouvrir les lieux plutôt que de les fermer. Avec la vaccination, essentielle, très importante, on se dit que si les élèves sont vaccinés, il n’y a pas de raison que la rentrée ne puisse pas se faire, entre guillemets, normalement. Le risque du confinement est quand même moins grand que l’année dernière.

La situation reste difficile mais l’hypothèse la plus probable actuellement reste une rentrée en présentiel à 100 %, mais avec une configuration de secours à 50 %.»

Propos recueillis
par Alix Berthier


Photographie ESIREM

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