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18/04/2022 17:26

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR : La croisée des chemins pour l'université fédérale Bourgogne-Franche-Comté

Ce jeudi 14 avril, le président de l'université de Bourgogne a exposé aux élus métropolitains les choix auxquels la communauté de sept établissements d'enseignement supérieur est confrontée. Vincent Thomas se montre favorable à l'expérimentation d'un établissement public unique afin d'instaurer «un levier universitaire sans équivalent en Bourgogne-Franche-Comté».
Au retour d'une réunion au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Vincent Thomas, président de l'université de Bourgogne, a été invité à s'exprimer le jeudi 14 avril 2022 devant les élus de la Métropole de Dijon afin de les informer des débats récents autour de l'avenir de la communauté d'universités et établissements constituant l'université fédérale Bourgogne-Franche-Comté (abrégée en COMUE ou UBFC).

Depuis 2015, cette structure de l'enseignement supérieur et de la recherche regroupe sept établissements fondateurs : université de Bourgogne, université de Franche-Comté, Université de Technologie Belfort-Montbéliard, École Nationale Supérieure de Mécanique et des Microtechniques, Institut Agro Dijon (ex-Agrosup Dijon), Burgundy School of Business et École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers.

Une histoire mouvementée


En 2016, l'UBFC a obtenu l'I-site (Initiative Science-Innovation-Territoires-Économie) pour une période probatoire. Il s'agit d'un label national accompagné d'un budget de 10 millions d'euros par an permettant de financer 18 postes. Dans le dossier, trois domaines d'excellence ont été mis en avant : matériaux, alimentation-environnement et santé.

Les relations ont souvent été compliquées, notamment entre les établissements bourguignons et francs-comtois avec une crise de gouvernance en 2016, peu ou prou réglée après deux d'administration provisoire.

Les tensions se sont accentuées avec la perte en 2021 du label I-Site et la récente polémique en janvier 2022 autour de la répartition de l'enveloppe budgétaire du contrat de plan État-Région par le conseil régional de Bourgogne-Franche entre l'université de Bourgogne et l'université de Franche-Comté, jugée défavorable depuis Dijon (lire notre article).

Le principe d'un double siège à Dijon et à Besançon a fait long feu


La proposition d'une université confédérale à cheval sur deux régions historiques –  dont les conseils régionaux ont fusionné pour n'en faire qu'un en 2015 – avec un double siège à Besançon et à Dijon a fait long feu. «Le jury international a estimé que ce modèle-là n'était pas suffisant pour garantir la pérennité du programme I-Site», a indiqué Vincent Thomas.

«Nous sommes dans un période charnière», a poursuivi le président de l'université de Bourgogne à la suite du rappel des faits. «Sur les modalités de fonctionnement de la COMUE, le consensus est en train de se briser puisque la COMUE rencontre une triple crise».

À la perte du budget annuel de 10 millions d'euros s'ajoute une problématique de ressources humaines avec les départs concomitants d'une douzaine de cadres stratégiques parmi une soixantaine de postes. Depuis 2016, l'ambiance interne ne favorise pas les candidatures. La récente polémique politique ajoute quelques difficultés supplémentaires (lire notre article).

Choisir entre un double siège ou une convention de coordination territoriale


«Nous avons adopté une décision au conseil des membres. Soit nous obtenons un double siège, parce que c'était une demande très importante d'équilibre territorial entre les deux villes universitaires que sont Dijon et Besançon, et auquel cas nous poursuivons avec moins et nous essayons de faire au mieux pour poursuivre finalement cette collaboration dans le cadre de la COMUE, sachant que sur 21 COMUE en France qui ont existé, en dehors de la région parisienne, à ce jour il n'en reste plus que 4 donc on peut se poser la question de la viabilité intrinsèque de ce système de rapprochement. Si nous n'obtenons pas ce double-siège – nous attendons une réponse de la part du gouvernement avant le 31 mai 2022 – nous avons pris la décision de transformer la COMUE en convention de coordination territoriale. Quelle est la différence ? La COMUE a la personnalité juridique. Là, il s'agirait d'avoir simplement une convention qui permettrait de reprendre tout l'héritage scientifique qui est né de l'I-Site, davantage que de la COMUE, et donc de poursuivre cette collaboration à l'échelle du site Bourgogne-Franche-Comté», a indiqué Vincent Thomas.

Les avantages de la convention de coordination territoriale


La convention de coordination territoriale (CCT) est un modèle qui se veut «ambitieux et structurant» pour constituer une structure «agile et plus légère». «Cela faciliterait les choses d'un point de vue universitaire», selon le président de l'université de Bourgogne. Les différents membres de l'actuelle COMUE se répartissant en interne les actions jusque là déléguées en se référant à un nouveau comité d'orientation stratégique et à des comités de pilotage thématiques.

Au-delà des sept établissements fondateurs de la COMUE, des acteurs territoriaux pourraient rejoindre le comité d'orientation stratégique : CHU de Dijon, CHU de Besançon, Centre Georges-François Leclerc, Établissement Français du Sang, INRAE, CNRS, INSERM, CESI, ENSAD, ESM, ESEO, ESTP ou encore Sciences Po ainsi que des représentants de l’État et des collectivités locales.

«La stratégie que nous partageons, elle implique davantage d'acteurs. (…) Les objectifs visés : porter la recherche et l'innovation au plus haut niveau à l'échelle du site Bourgogne-Franche-Comté, renforcer l'attractivité des formations – il s'agit de faire venir des étudiants, notamment au niveau master, de l'étranger, que ce soit d'Europe ou du continent américain, d'Asique, d'Afrique, etc. –, favoriser la réussite des étudiants en leur offrant un panel de formations et une intégration la plus importante possible, être acteurs de la transformation numérique, déployer une politique de responsabilité sociétale et environnementale plus offensive», a exposé Vincent Thomas.

Expérimenter l'établissement public unique


«Ça fait six ans qu'on essaie, ça ne marche pas dans le cadre de la COMUE. (…) En ce moment, on stagne, mais pendant qu'on stagne, les autres progressent donc nous régressons en réalité. (…) Maintenant, il faut qu'on prenne des décisions qui nous mettent sur des rails qui ne sont pas des voies tordues et impraticables mais des rails qui portent notre signature scientifique et territoriale», a insisté l'intervenant.

La convention de coordination territoriale pourrait être une étape avant d'évoluer à moyen terme vers un établissement public expérimental (EPE). Dans un contexte de crises successives de la COMUE, la démarche d'instaurer un établissement unique a la faveur du président de l'université de Bourgogne – conscient cependant de «résistances» – qui met en avant la possibilité «d'avoir un levier universitaire sans équivalent historiquement jusqu'à présent en Bourgogne-Franche-Comté».

Les représentants des établissements membres montés en 2015 à bord du véhicule de la COMUE se retrouvent donc à la croisée des chemins : poursuivre dans l'impasse des tiraillements entre Dijon et Besançon, entre la Bourgogne et la Franche-Comté, ou emprunter un nouvel itinéraire en élargissant le nombre de passagers à bord d'un nouveau véhicule pour éviter de se faire semer dans un paysage de concurrence en matière de recherche de financements.

La recherche à l'université de Bourgogne génère des créations d'entreprises sur le territoire


«La place de l'université de Bourgogne n'est pas dans l'intérêt exclusif de la ville de Dijon, ni même de la métropole, ni même du département, mais bien plus de la région, voire plus que la région», a rappelé François Rebsamen (PS).

«Dijon Métropole souhaite collaborer encore un peu plus avec l'université [de Bourgogne] prochainement», a pris soin de préciser le président de la collectivité. «On souhaite avoir une meilleure connaissance des projets de recherche que vous portez et prendre notre part dans le soutien que nous pouvons apporter.»

L'université de Bourgogne contribue au développement économique : «nombre de créations d'entreprises qui se font aujourd'hui partent du noyau de recherches de l'université de Bourgogne. Ce sont des entreprises qui ne se seraient pas créés s'il n'y avait pas eu l'université et s'il n'y avait pas eu la volonté de la Métropole de les installer».

Jean-Christophe Tardivon

Des élus francs-comtois réagissent à la situation concernant l'université fédérale Bourgogne-Franche-Comté










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