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04/09/2020 19:57

UNIVERSITÉ DE BOURGOGNE : Dynamisme et ambitions affichés malgré le contexte sanitaire

À l’occasion d’une conférence de presse de rentrée ce vendredi, entouré de son équipe de gouvernance, le président de l’uB Vincent Thomas a fait un point sanitaire sans pour autant se montrer pessimiste. Il s’est notamment exprimé pour des moyens supplémentaires de l’Etat dans la dynamique d’une université comptant plus de 35.000 étudiants.

À l’instar d’autres secteurs, qui plus est en l'occurrence sous une entité qui comptait en cette fin d’année plus de 35.000 étudiants et s’attend à en accueillir et circuler autant voire plus durant l’année universitaire 2020-2021 (plus de 20.000 inscrits au 1er septembre 2020), la rentrée n’est pas comme les autres…
Pas comme les autres puisque c’est la première sous la présidence de Vincent Thomas, avec «une gouvernance intégralement renouvelée ou quasiment». Pas comme les autres surtout car des mesures sanitaires très marquées s’imposent.

Le port du masque comme mot d’ordre


Le président de l’université de Bourgogne a adressé un courrier de rentrée aux personnels administratifs, techniques, enseignants et enseignants-chercheurs (2.700 personnes environ) : «Ce courrier rappelle notamment la règle qui est la même pour tous : porter un masque dans les locaux de l’uB et à l’extérieur sur le campus quand la distanciation physique n’est pas garantie. Cette obligation vaut pour les personnels mais aussi pour les étudiants. Ils risquent moins s’ils sont plus jeunes, mais ils ne risquent pas rien et ne doivent pas contaminer les autres».
Vincent Thomas fait remarquer que l’uB a financé l’achat de masques pour les étudiants et les personnels, de l’ordre de deux masques lavables par personne, «50 fois lavables, fabriqués en France et estampillés uB».
«Un effort important», a souligné le président, en avançant le montant 160.000 euros comme investissement.

«Les événements festifs,

nous pourrons les faire et se rattraper après»


Un autre courrier relatif à cette rentrée n’émane pas de Vincent Thomas, mais lui a été adressé cette semaine. Le préfet de région Fabien Sudry et le recteur de la région académique Jean-François Chanet interdisent les week-ends d’intégration des étudiants.
En faisant remarquer que les sanctions sont lourdes, le président de l’uB approuve cette interdiction ferme. Interrogé sur la question ce vendredi, Vincent Thomas lance aux étudiants : «Respectez les mesures sanitaires et soyez patients. Les événements festifs, nous pourrons les faire et se rattraper après...».

Les cours magistraux de première année de médecine à distance


Concernant l’organisation des cours - avec on le sait une réflexion en amont basée sur la préférence d'un retour des étudiants en présentiel (retrouvez notre article en cliquant ici) -, des consignes d’hygiène et d’aération des salles sont données. En cas de refus d’un étudiant de porter le masque, l’exclusion du cours est possible, de même que la notification à une commission de discipline.

Certaines équipes pédagogiques ont fait le choix d’alterner l’utilisation des amphithéâtres (une semaine sur deux en présentiel et une semaine sur deux à distance) ou d’assurer l’ensemble des cours magistraux à distance. C’est le cas de la première année de médecine, pour laquelle 770 étudiants sont nouvellement inscrits cette année et 500 sont redoublants.

«Savoir, c’est pouvoir réagir»


Comment est géré un cas de Covid-19 au sein de l’université de Bourgogne ? «Cette question trouve une réponse dans un document qui nous a été envoyé par le ministère et qui élabore une stratégie, très clairement exposée et qui repose sur deux principes. En premier, c’est la circulation de l’information, car nous ne pouvons réagir que si nous sommes informés de ces cas. Nous avons communiqué là-dessus auprès des directeurs de laboratoires et de services, pour faire remonter notamment à notre service de santé mais aussi à la direction générale des services tout cas qui viendrait à être signalé. Le deuxième principe est la concertation, avec le rectorat, l’Agence régionale de santé et la préfecture pour déterminer la solution la plus adéquate à appliquer».

Pour l’heure, trois cas ont été signalés sur le campus, concernant un membre du personnel mais aussi deux étudiants. «Savoir, c’est pouvoir réagir. La personne positive est mise en quatorzaine et l’ARS enquête sur les cas-contacts et prend des décisions», insiste Vincent Thomas, convaincu que l’emballement épidémique à l’uB sera évité par la réactivité à partir du signalement. «Il n’y pas eu de répercussions sur le fonctionnement normal de l’établissement jusqu’à présent».
Si situation critique il y a, le protocole sanitaire le plus strict disons peut amener à la fermeture temporaire d’une salle voire d’une partie d’un bâtiment.

Un bâtiment préfabriqué est mis en place devant l’ESIREM pour le dépistage des personnes intéressées. La structure est accessible à tous et gérée par le CHU Dijon Bourgogne. Le dépistage est gratuit.
«Si un cluster venait à se déclarer sur le campus, l’uB aurait un accès prioritaire au dépistage dans les plus brefs délais», assure Vincent Thomas.

«Les moyens ne sont pas aussi importants que les besoins»


Malgré tout, c’est un optimisme qu’a souhaité montrer l’équipe de Vincent Thomas ce vendredi en fin de matinée. À la Maison internationale, «au coeur du campus Montmuzard, qui montre aussi que l’uB rayonne au niveau mondial», son président a apprécié les chiffres : 26.000 étudiants en 2012… 35.086 étudiants au terme de cette année 2019-2020.
«Il semblerait que nous n’ayons pas moins d’alternants que l’année dernière. Il semblerait qu’il y ait autant de propositions de la part des entreprises…», note-t-on en plus dans le contexte.

À l’heure de cette rentrée, le poids de l’uB est réaffirmé et un constat est déploré : «Les moyens ne sont pas aussi importants que les besoins. L’université de Bourgogne perçoit une dotation de l’Etat notoirement inférieure à ce que perçoivent d’autres établissements avec les même effectifs sur le territoire de Bourgogne-Franche-Comté. Je tiens à rappeler les propos de la ministre Frédérique Vidal qui permettent d’entrevoir une modification de cette situation puisque grâce au dialogue stratégique qui va être mené avec le rectorat, on pourra rééquilibrer les financements alloués et accompagner la dynamique des établissements. J’espère que ces paroles se traduiront dans le dialogue stratégique et de gestion que nous mènerons avec le rectorat à partir de la semaine prochaine».

Sur le plan France Relance ou même sur le futur contrat de plan Etat-Région, Vincent Thomas ne s’avance pas mais ne cache pas que «ce ne sont pas les projets qui manquent».

«Une université humaine, ouverte et ambitieuse», c’était le slogan de campagne de l’équipe de Vincent Thomas. Ce dernier l’a rappelé pour souligner que des engagements sont d’ores et déjà mis en place. La création d’une vice-présidence sur la qualité de vie au travail n’est pas anodine selon lui. Et il rappelle qu’une campagne d’emplois est lancée, «volontariste», «pour initier une dynamique», avec des postes inscrits au concours d’accès à des emplois titulaires.

«C’est une campagne raisonnable au demeurant car nous n’avons pas été en mesure de dégeler les emplois qui avaient été gelés pour le plan de retour à l’équilibre», admet toutefois le président de l’uB. En pointant encore du doigt le manque de moyens venant l’Etat pour compenser le glissement vieillesse-technicité.
«C’est un manque de 3 millions d’euros cette année, 2,5 millions d’euros l’année dernière. C’est considérable». La hausse de la masse salariale correspondant à l’évolution des carrières «n’est pas compensée».

Dynamisme et ambitions


Cette rentrée en confiance, elle vient pour le président du dynamisme de l’uB. Nouvelles formations, nouveaux diplômes, formation continue (4.300 étudiants salariés accueillis), relations avec les entreprises, avec le monde socio-économique, projet I-Site (8 millions d’euros accordés chaque année aux laboratoires), présence et progression dans les classements de Leiden et de Shanghai (retrouvez notre article en cliquant ici)… Vincent Thomas énumère les réussites, salue la qualité des enseignements, de la recherche et n’oublie pas le travail opéré par son prédécesseur Alain Bonnin, «notamment pour les arbitrages opérés pour la recherche».
Au rang des partenaires, il cite le CHU Dijon Bourgogne, le centre Georges-François Leclerc, Agrosup et les organismes nationaux de recherche. «Nous confirmons en Bourgogne-Franche-Comté notre rôle moteur pour le développement de l’enseignement supérieur et de la recherche».

Sur le dossier de la COMUE UBFC, Vincent Thomas - en se concentrant sur le cadre universitaire sans dériver sur les désaccords politiques entre Dijon et Besançon - se veut résolument positif. «Les relations de confiance peuvent s’instaurer au-delà des frontières des anciennes régions de Bourgogne et de Franche-Comté».
Selon lui, un dialogue fructueux est renoué et la confiance est rétablie. «La COMUE est sur une voie nouvelle». Vincent Thomas salue le travail opéré par les administrateurs provisoires. Et c’est plus largement aux acteurs du territoires que le président de l’uB a en quelque sorte lancé un appel au travail collectif, dans la confiance et le respect des compétences de chacun. Les compétences du campus dijonnais mais aussi de ceux décentralisés (Le Creusot, Chalon-sur-Saône, Mâcon, Nevers et Auxerre).

Adaptation oblige dans le contexte sanitaire, les cérémonies de rentrée solennelle à l’adresse de la communauté universitaire se feront cette année à distance, par visioconférence. Un message pour chaque campus est maintenu.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier