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29/03/2021 19:56

UNIVERSITÉ DE BOURGOGNE : «Nous évoluerons vers un peu plus d’hybridation», lance le président Vincent Thomas

Le président de l’université de Bourgogne fait le point sur le retour en présentiel des étudiants ainsi que sur les projets structurants de l’uB. Il aimerait «un retour des étudiants le plus normal possible», tout en prenant la mesure du contexte actuel.
C’est le 9 mars 2020 que Vincent Thomas a officiellement pris la tête de l’université de Bourgogne. La même semaine, le président de la République annonçait la fermeture des universités en raison de la pandémie de la Covid-19. «Depuis, on n’a pas connu une gouvernance normale». Vincent Thomas souligne alors la capacité d’adaptation des équipes universitaires.

Aujourd’hui, le taux de 20 % d’étudiants en présentiel est assuré. L’uB est en mesure de permettre à chaque étudiant de venir au moins une fois par semaine sur le campus, au rythme de 7.000 étudiants accueillis par demi-journée. «Mais vient qui veut». D’après un sondage par mail envoyé aux 35.000 étudiants de l’uB, le retour en présentiel n’était que de 50 %, sur 17.500 répondants.

4 clusters depuis la rentrée de janvier


Si le retour à 100 % en présentiel ne serait pas pertinent à ce stade avancé de l’année selon le président de l’uB, sachant que la majorité des cours se terminent en avril, Vincent Thomas lance d’ores et déjà en prévision de la rentrée de septembre : «Je milite en faveur d’un retour à 100% en présentiel et pour une adaptation de notre organisation en fonction de l’évolution de la situation sanitaire, comme nous avons su le faire cette année, dès septembre dernier». Tout en appelant à une réelle politique de vaccination des étudiants. En l’absence de celle-ci, le président de l’uB est sceptique quant au taux à 50 % en présentiel avancé par l’État.

Pour l’heure, l’uB dispose «de quoi vacciner 80 personnes (doses du vaccin AstraZeneca). Ça ne répond pas aux attentes des 2.800 personnels de cette université», constate Vincent Thomas, en louant plutôt la réactivité des équipes sur les campus afin de contenir les clusters.
Depuis la rentrée de janvier, quatre clusters ont été identifiés et sont traités, deux sur le campus Montmuzard de Dijon, un à Nevers et un à Auxerre. «Tous les gens concernés par le cluster sont placés à distance pour une quinzaine de jours».

«L’immunité collective passe aussi par la vaccination des étudiants»


À l’IUT de Dijon, 30 étudiants ont été mis en distanciel. En STAPS, c’est toute la filière qui a été placée à distance en raison de huit cas positifs à la Covid-19 parmi un groupe de 30 étudiants. La filière doit être réintégrée cette semaine. Toutes les pratiques sportives ont aussi été suspendues et les installations désinfectées.
Au total, depuis début 2021 donc, 36 cas d’étudiants positifs à la Covid-19 ont été recensés, ainsi que 7 personnels. «Mais aucun cas grave n’a été remarqué», est-il précisé.

Concernant les possibilités de dépistage, les tests antigéniques permettent de tester 15 à 20 personnes par jour. En parallèle, avec le concours de l’ARS et de la Croix-Rouge, un dépistage collectif a été mené à la résidence internationale. 316 étudiants ont été dépistés pour 13 cas positifs. À J+7, 113 étudiants ont à nouveau été dépistés pour aucun cas positif.
«L’immunité collective passe aussi par la vaccination des étudiants, bien que nos jeunes soient parfaitement respectueux des consignes sanitaires», insiste Vincent Thomas.

Dans un tel contexte, le président de l’uB affirme toutefois qu’il n’y a pas d’incidence sur les résultats des examens, «sensiblement au même niveau que l’année dernière», ni sur les taux d’absentéisme, en précisant aussi qu’«il n’y a pas de volonté de baisser le niveau d’exigence».

«Il est anormal que notre université dispose d’un taux d’encadrement des plus faibles»


Exigence, Vincent Thomas parle également d’excellence, en rappelant que d’après le classement de Shanghai l’uB se situe dans les 5 % des meilleurs établissements mondiaux. L’occasion pour le président de l’uB de demander ouvertement un rééquilibrage de l’État via la subvention pour charges de service public, afin de permettre à l’université de Bourgogne d’accompagner la dynamique d’excellence évoquée par des embauches.
Depuis le plan de retour à l’équilibre ayant pris fin le 1er janvier 2020, 60 postes sont gelés. Et l’excédent de 13 millions d’euros dégagé dans le dernier budget voté ne peut être utilisé qu’en investissement et non dans le domaine des ressources humaines.
Pour Vincent Thomas, le budget doit être clairement réajusté. «Il est anormal que notre université dispose d’un taux d’encadrement des plus faibles par rapport à d’autres universités de même taille».

49 millions d’euros dans le prochain contrat de plan État-Région


En parlant d’investissements, après la relance dont l’uB va profiter à hauteur de 18 millions d’euros pour la rénovation énergétique de ses bâtiments, le contrat de plan État-Région 2023-2027 portera sur un montant d’«un peu plus de 49 millions d’euros pour 8 projets», dont un bâtiment de pharmaco-imagerie avec un centre de recherche qui doit être ajouté à une aile du bâtiment Mirande, un bâtiment dans le cadre du Technopôle Santé qui doit être monté au-dessus de la salle d’examens située après le chantier du campus métropolitain, et un smart building qui accueillera des services administratifs de la COMUE et des salles connectées boulevard Petitjean, avec un parking dédié aux véhicules électriques en sous-sol afin de faciliter les déplacements des personnels entre Dijon et Besançon.
Où en est-on de la COMUE ? Vincent Thomas parle d’«un retour à un climat de confiance, dans la complémentarité et non la concurrence destructrice». Le projet I-Site doit être pérennisé dans ce cadre-là.

Le président de l'uB se montre également optimiste quant aux partenariats développés avec les collectivités, «au service des territoires».

Pour en revenir plus particulièrement à la vie universitaire, si les prochains examens seront déclinés soit en présentiel soit en distanciel suivant les matières, Vincent Thomas ne pense pas à un bouleversement des modalités d’enseignement mais prend la mesure des adaptations possibles : «Nous ne pourrons pas empêcher les revendications de faciliter l’accès à distance de nos enseignements. Nous avons prouvé que nous pouvons le faire et les possibilités sont intéressantes pour des étudiants en situation de handicap ou bien concernant les campus connectés. Nous évoluerons vers un peu plus d’hybridation».

Alix Berthier



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