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04/02/2022 19:46

UNIVERSITÉ DE BOURGOGNE : «Sortons par le haut de la crise provoquée», lance Vincent Thomas

L’idée d’un double-siège de l'université fédérale Bourgogne-Franche-Comté s’éloignant, le président de l’université de Bourgogne s'est défendu ce vendredi 4 février dans le «procès» qui lui est fait par la présidente de l’université de Franche-Comté. Il souhaite travailler à l’élaboration d’une convention de coordination territoriale.
Les conflits ou désaccords autour de la COMUE Bourgogne-Franche-Comté (Communauté d'universités et établissements ou université fédérale) ne datent pas d’hier. La semaine dernière, le dossier a été rouvert au-delà de la dimension simplement administrative de la question, la présidente de l’université de Franche-Comté ayant mis en cause son homologue de Bourgogne quant à l’avenir de la Communauté d’universités et d’établissements et d’une possible université de Bourgogne-Franche-Comté à terme.

«Il est important pour moi de prendre la parole et de clarifier la position de l’université de Bourgogne dans la crise qui a été initiée par la communication de la présidente de l’université de Franche-Comté, communication relayée par la presse», a d’abord cadré Vincent Thomas. Avant de se défendre de toute mauvaise volonté évoquée : «Je lis des choses édifiantes, des rumeurs qui circulent sur mes intentions». En parlant de «diffusion tronquée et déformée de ses propos».


Dans un communiqué en forme de réponse à la communication dénoncée, le président de l’uB avait notamment répondu que le double-siège de la COMUE UBFC était «une condition de la poursuite d’une politique de site équilibrée» (lire le communiqué).

Le président de l’université de Bourgogne a alors déclaré ce vendredi 4 février : «Je tiens à réaffirmer mon attachement à la structuration de l’enseignement supérieur et de la recherche à l’échelle du site. Nos chercheurs, nos enseignants, nos personnels travaillent ensemble et obtiennent de très bons résultats, il nous faut leur garantir, quelle que soit l’évolution institutionnelle du site, que cette dynamique sera encouragée et soutenue».
Un cadre institutionnel adapté, c’est selon Vincent Thomas «ce qu’UBFC (la COMUE actuelle) n’est pas en mesure d’offrir aux chercheurs, aux enseignants et aux personnels».

Le président de l’uB a également rappelé : «La question du double-siège était une question sur laquelle nous étions d’accord, sauf que le gouvernement avait réduit notre espoir de l’obtenir, même si les statuts étaient prêts. Il y avait un doute sur l’acceptabilité du double-siège car il n’y avait pas de précédent. Cette réserve de notre ministère de tutelle a attiré notre attention sur le risque d’échec de notre demande. Ensuite, à mon initiative c’est vrai, s’est entamée une discussion d’abord informelle et qui n’était pas achevée. Il y avait évidemment des oppositions, des réticences plus que des oppositions d’ailleurs. Il fallait en parler et que l’on soit responsable. Il fallait bien prévoir la suite».

Le «danger d’un modèle institutionnel caduque»


En rappelant que la COMUE a été lancée il y a quatre ans dans une année d’oppositions suivie de deux années d’administration provisoire et une année de «tentatives de reconstruction d’un modèle de coopération qui malheureusement est en train d’échouer», ainsi que la perte du label I-Site à l’été 2021 qui générait des ressources financières via le PIA, Vincent Thomas a pointé trois crises au sein de la COMUE, l’une budgétaire, l’autre touchant aux ressources humaines (départs de huit personnels d’UBFC, dont les directrices de la recherche et de la formation, «les deux piliers d’une université»), et la dernière en date, politique.

Pour Vincent Thomas, «c’est un danger de poursuivre une politique de site sur un modèle institutionnel qui est caduque». Il a appelé à «prendre de la hauteur» plutôt que de «ne pas tirer les conséquences de ce constat de crise et se placer dans le déni». «Cela revient à fragiliser l’ensemble du site Bourgogne-Franche-Comté, y compris nos partenaires qui ne sont pas membres d’UBFC», a même souligné le président de l’uB.

En clair, l’avenir de la COMUE, en tant que modèle institutionnel, est plombé par les crises successives et les échecs. Selon Vincent Thomas, il est plus judicieux de travailler à un nouveau modèle, «suivant des réflexions basées sur des observations de ce qui se fait ailleurs mais aussi sur les possibilités offertes par la loi».
Après avoir consulté les directeurs de composantes et de laboratoires de l’uB, «rapidement, le consensus s’est fait sur l’échec de la COMUE, le fait que la fusion des universités de Bourgogne et de Franche-Comté ne correspond pas à la typologie du territoire et aux souhaits des établissements, et l’impossibilité de constituer un établissement expérimental puisque soumis à la fusion des universités concernées».

«Construire un dialogue salvateur pour l’enseignement supérieur et la recherche»


Restent alors dans ce contexte la création d’une association de coordination territoriale, ou la signature d’une convention de coordination territoriale. La première option, «nécessitant un chef de file et un seul siège social, poserait la même problématique que celle actuelle». Le président de l’uB a alors mis en avant la solution d’une convention, «plus souple, plus agile et qui peut parfaitement servir la dynamique du site et son ambition».

«Fort de ce constat, les directeurs de laboratoires et de composantes ont poursuivi leurs échanges, en vue de construire un dialogue salvateur pour l’enseignement supérieur et la recherche du site. Une telle convention peut-elle servir une politique ambitieuse ? La réponse tient à notre propre volonté de sortir par le haut de la crise provoquée», a assuré Vincent Thomas, en prenant l’exemple de Poitiers où une telle convention a permis de remporter un projet d’excellence.

«Du contenu de la convention, dépendront nos ambitions collectives», a-t-il lancé. Avant d’ajouter que la réussite est «possible, à condition d’appréhender les instruments qui sont à notre disposition pour accompagner les femmes et les hommes qui au quotidien font la recherche et l’enseignement supérieur de Bourgogne-Franche-Comté. C’est cet avenir que souhaite construire l’université de Bourgogne avec ses partenaires».

«Il est évident que nous avons le devoir de reprendre le dialogue»


Sur le plan des échanges avec l’université de Franche-Comté, Vincent Thomas a évidemment souhaité qu’ils reprennent. Tout en glissant : «Vous comprendrez bien que depuis la communication qui a été faite à mon encontre, il est difficile de renouer un contact dans un climat de confiance car je ne sais pas si mes paroles vont à nouveau être instrumentalisées pour décrédibiliser ma fonction et ma communauté. Il est évident que nous avons le devoir de reprendre le dialogue et nous allons le faire, des démarches sont en cours. J’espère que ce sera possible».
Une rencontre avec le président de la COMUE UBFC a eu lieu ce vendredi. «Nous partageons l’inquiétude de la restructuration du site, qui devrait avoir lieu si l’on souhaite avoir encore une ambition collective», a tenu à souligner Vincent Thomas.

En somme, Vincent Thomas opte pour une nouvelle piste de travail, celle on l’a dit d’une convention de coordination territoriale, tout en se défendant d’avoir voulu nuire à l’enseignement supérieur et à la recherche sur le plan régional mais en tenant aux spécificités territoriales dans lesquelles s’inscrit chaque université.
«Il ne s'agit pas d'abattre une université au profit d'une autre, il s'agit de permettre aux universités à leurs équipes d'avoir toutes les garanties d'un développement le plus harmonieux possible». D'où la question fondamentale d'un siège dans chacune des deux universités concernées selon le président de l'uB.

Vincent Thomas a affirmé pour terminer que l’uB «prendra sa part de responsabilité» dans la sauvegarde des emplois menacés par l'éventuelle dissolution de la COMUE.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier



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