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29/04/2020 03:28

1ER MAI : Les fleuristes attentifs à proposer le traditionnel muguet

Les artisans fleuristes peuvent vendre du muguet en drive et en livraison. Ils se retrouvent concurrencés par les boulangeries car le ministre de l'Agriculture a appelé à sauver le soldat horticole français, victime collatérale de la guerre sanitaire.
Les amateurs de muguet auront l'embarras du choix pour s'approvisionner en clochettes : fleuristes, jardineries, supermarchés et même boulangeries, épiceries ou buralistes. Tout, sauf les vendeurs à la sauvette qui ne seront pas tolérés cette année. Ces derniers risquent gros : 300 euros d'amende pour la vente sans autorisation et 135 euros d'amende pour le déplacement en dehors du cadre dérogatoire (lire le communiqué).

Pas de muguet sans les fleuristes


Le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, s'est attiré les foudres de la Fédération Française des Artisans Fleuristes (FFAF) après avoir déclaré que les fleuristes seraient fermés le 1er mai, ce qui a été interprété comme une impossibilité pour les consommateurs d'être servis en muguet. La FFAF a notamment réagi en diffusant une vidéo sur le thème «Pas de muguet sans nous» (retrouver la vidéo).

À l'approche du 1er mai, Florent Moreau, président de la FFAF, entendait ainsi manifester que «les artisans fleuristes seront bien acteurs de cette belle tradition populaire». Habituellement, les fleuristes représentent 37% de la part du marché de vente du muguet. La Fédération a cependant exprimé sa satisfaction en constatant la fin de la tolérance de la vente à la sauvette.

Sauver l'ensemble de la filière


Pour le fleuriste Gilles Sonnet établit aux portes de Dijon (lire notre article), il y a eu «un gros couac» du ministre de l'Agriculture qui a donc incité à sauver la filière horticole en vendant tout le muguet de production française. «Je suis tout à fait d'accord avec lui, il faut sauver l'horticulture française (…) parce que c'est l'un des secteurs les plus touchés» reconnaît le président de la chambre syndicale des fleuristes de la Côte-d'Or. Il rappelle qu'une filière va d'«un début, c'est à dire un gars qui sème une graine et qui va la faire pousser» jusqu'à une fin avec «un autre gars qui vend le produit de cette graine-là».

L'ensemble des professionnels qui ont une connaissance du produit et qui mettent en œuvre leurs compétences pour proposer des fleurs et des végétaux aux consommateurs constituent une filière : horticulteur, acheteurs, grossistes, revendeurs...

Le muguet ne peut donc pas être vendu «n'importe où, n'importe comment» pour écouler sur une semaine toute la production sans faire appel aux artisans dont c'est le métier. D'autant plus qu'ils contribuent à  conserver une valeur d'attachement à la tradition du muguet du 1er mai, ce qui bénéficie au produit.

«Le retour du bonheur»


Les consommateurs ont donc quelques jours pour s'approvisionner auprès des artisans qui se sont organisés pour fournir une commande sur le parking ou pour livrer à domicile. Cependant, du fait des atermoiements des pouvoirs publics, la plupart des fleuristes n'ont pas pu constituer de stock important.

Chez Gilles Sonnet, le muguet vient de l'Ain et de la Sarthe. Il a reçu un tiers de ses commandes habituelles et craint de décevoir des clients fidèles, attentifs à la mise en valeur de la fleur, en ne pouvant tous les servir.

L'artisan signale que la FFAF négocie la possibilité d'ouvrir le samedi 1er mai 2020 et de proposer l'étal traditionnel de muguet que les amateurs de clochettes du Convallaria majalis attendent chaque année.

Le muguet symbolise bien sûr le cœur du printemps mais aussi la chance. Dans le langage des fleurs, il signifie «retour du bonheur». Alors que la sortie du confinement se profile, on comprend que les consommateurs aient envie de partager un peu de bonheur en offrant des fleurs.

Jean-Christophe Tardivon


Convallaria majalis ou muguet de mai, considéré comme un porte-bonheur (image d'illustration)