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03/07/2020 03:19

APPRENTISSAGE : L’École des Métiers Dijon Métropole veut renforcer ses capacités pédagogiques

Anciennement CFA La Noue, l’École des Métiers Dijon Métropole a ficelé un dossier pour rénover l’un de ses bâtiments et créer un nouveau gymnase. Dans une période de reprise, après un confinement fort en enseignements sur l’adaptation de l’approche pédagogique, l’établissement a reçu la visite et le soutien de Fadila Khattabi, députée de la Côte-d’Or.
Comme pour tout établissement d’enseignement, la période de confinement s’est traduite par une fermeture de L’École des Métiers Dijon Métropole. Entendez une fermeture en présentiel, car la direction assure avoir poursuivi son activité auprès des élèves via l’outil informatique. «Une manière de revaloriser l’apprentissage, en impliquant les élèves dans ces moyens de communication sur plusieurs cours, au-delà du B2I (brevet informatique et internet) et de l’usage des réseaux sociaux…». L’École réfléchit d’ailleurs à l’ouverture de dossiers individualisés, que l’élève pourrait consulter en ligne jusqu’à 6 mois après avoir quitté l’établissement.

«Sur le numérique, on a gagné dix ans dans l’approche»


La mesure du numérique a été prise durant le confinement et L’École des Métiers Dijon Métropole annonce d’ailleurs que des salles vont être équipées pour se donner la possibilité si besoin de poursuivre les cours à distance. «Sur le numérique, on a gagné dix ans dans l’approche», apprécie Christophe Le Mesnil, président de l’établissement, sur ces deux mois de fermeture. Le séminaire de réflexions pédagogiques programmé en fin d’année devrait permettre de faire le point sur ces nouvelles approches d’enseignement.
Depuis fin mai, les dispositions ont été prises pour maintenir les cours à distance mais aussi pour accueillir à nouveau 330 élèves, identifiés en situation de décrochage.

Pour ce qui est de l’apprentissage en soi et des temps en entreprises, sur les 1.200 jeunes (+ 30 inscrits dans le cadre de la formation continue) dépendant cette année de l’École des Métiers Dijon Métropole, 700 ont pu bénéficier du dispositif de chômage partiel et 400 sont restés en activité.

«Les entreprises recherchent la compétence»


Les répercussions économiques, qui toucheront davantage les entreprises en septembre plutôt qu’en cette période de reprise, sont-elles à craindre vis-à-vis des contrats d’apprentissage ? Alain Tomczak, directeur de l’École des Métiers Dijon Métropole, n’est pas pessimiste : «Je ne pense pas car tous les secteurs d’activité réclament de la main d’œuvre qualifiée. Il y a des besoins, c’est clair, les entreprises recherchent la compétence». Christophe Le Mesnil en appelle aussi à ce que les OPCO et les branches professionnelles «jouent le jeu».

L’apprentissage, l’École des Métiers Dijon Métropole y croit. Et elle veut se donner les moyens d’accentuer la dynamique. À la rentrée de septembre, l’ouverture d’un BTS Automobile est rappelée. Et puis l’établissement a un projet d’investissement de 15 millions d’euros dans la rénovation d’un de ses bâtiments comprenant notamment la restauration. La création d’une sommellerie est dans le dossier, celle d’un magasin virtuel en 3D également. Sans oublier la réalisation d’un nouveau gymnase. L’élargissement des potentialités pédagogiques et des possibilités de mises en situation dans les enseignements est recherché.

Fadila Khattabi et l’ambition sur l’apprentissage


C’est ce dynamisme et cette ambition auxquels Fadila Khattabi, députée de la troisième circonscription de la Côte-d’Or, est venue apporter son soutien. Comme elle l’a fait également auprès de l’autre CFA de sa circonscription : le CFA horticole de Quetigny.

L’élue LREM a alors voulu rappeler l’importance de l’apprentissage en même temps que les premières mesures relatives à la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel. Des mesures appliquées depuis le 1er janvier 2019.
La députée voit cette loi comme «un soutien à la fois aux entreprises et aux jeunes». Elle souligne notamment la durée minimale du contrat abaissée d’un an à six mois, les aides financières accordées aux entreprises pour l’embauche en contrat d’apprentissage - 5.000 euros pour un mineur et 8.000 euros pour un majeur, versés au entreprises de moins de 250 salariés ou aux entreprises de plus de 250 salariés si elles comptent 5% d’alternants -, l’élargissement de ces aides pour des contrats jusqu’en licence professionnelle (jusqu’aux CAP et baccalauréat auparavant), une aide de 500 euros pour chaque apprenti passant son permis de conduire…
«L’État a engagé un milliard d’euros de nouvelles mesures pour soutenir l’apprentissage. Et le Plan d’investissement dans les compétences représente 15 milliards d’euros sur le quinquennat», insiste Fadila Khattabi, affirmant que le gouvernement est au rendez-vous sur l’apprentissage tout en ne négligeant pas un facteur déterminant : «Il faut que l’activité économique reprenne c’est clair».

«Les Régions restent compétentes sur les investissements»


Concernant le projet de rénovation de l’École des Métiers Dijon Métropole, la députée de la Côte-d’Or se permet de rappeler que, si la loi citée donne désormais la compétence de l’apprentissage aux branches professionnelles, «les Régions restent compétentes sur les investissements, comme pour les lycées. Elles ont toujours la compétence du développement économique».
L’occasion pour l’élue de rappeler que deux enveloppes sont réparties entre les Régions, une première de 180 millions d’euros pour la création ou la rénovation de CFA et une autre de 250 millions d’euros pour la qualité et les innovations pédagogiques.

Aujourd’hui, «le dossier est ficelé pour une demande de subventions. Il sera déposé en septembre pour une réponse espérée avant la fin de l’année», fait savoir le directeur de l’École Alain Tomczak. Sur la partie des études représentant 600.000 euros, la Région a participé à hauteur de 300.000 euros. Une subvention de 430.000 euros a été demandée à France Compétences.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier