
Le conseiller départemental d'opposition a dénoncé l'état de locaux «à la limite de l'insalubrité». «Il faut que la Gendarmerie ait les moyens de faire face à l'accueil de ses gendarmes», a réagi François Sauvadet.
La situation des gendarmes installés à Arnay-le-Duc, privés de chauffage pendant six semaines durant l'automne, s'est invitée dans les débats liminaires de la session du conseil départemental de la Côte-d'Or, ce lundi 18 décembre 2023.
Le conseiller départemental d'opposition Pierre Poillot a avancé une solution reposant sur une opération de réhabilitation au centre-bourg de la commune. Pour sa part, François Sauvadet a renvoyé la balle dans le camp de la Gendarmerie nationale et de l’État.
Une caserne de gendarmerie «à la limite de l'insalubrité»
Profitant de son temps de parole durant les propos liminaires, Pierre Poillot (PS) alerte sur «l'état très dégradé de la caserne, à la limite de l'insalubrité» de bâtiments construits dans les années 1970 : «une solution durable doit être mise en œuvre et dans un délai raisonnable» alors que «le projet de nouvelle gendarmerie est en arrêt». Relancer un tel projet prendrait «cinq à six ans».
Une solution en lien avec la réhabilitation de l'îlot Saint-Jacques
Dans le cadre d'une opération de revitalisation du territoire liée au dispositif Petites Villes de demain, la commune d'Arnay-le-Duc envisage un projet de réhabilitation de l'îlot Saint-Jacques dont elle est majoritairement propriétaire, démolissant des parties en mauvais état qui pourraient constituer un espace disponible proche du centre-ville.
Pierre Poillot voit là une solution partielle pour la caserne de gendarmerie avec la reconstruction de la partie administrative dans cet îlot, accompagnée d'un réaménagement coordonné des espaces appartenant respectivement à la Gendarmerie et à la commune. Selon l'élu du canton d'Arnay-le-Duc, ce nouveau projet pourrait aboutir en deux ans.
En attendant cette reconstruction, les trois logements de fonction du collège, actuellement vacants, pourraient être mis à disposition de l'administration de la caserne de gendarmerie.
Sur la base de cette hypothèse, Pierre Poillot demande l'organisation d'une table-ronde rassemblant les acteurs concernés.
«30 radiateurs ont été livrés», rappelle François Sauvadet
«Nous sommes tous attachés à la présence de la gendarmerie pour la sécurité de nos territoires», réagit François Sauvadet qui signale que, «dès le 21 novembre», ayant connaissance de retard de livraison de pièces destinés au fonctionnement du chauffage, «30 radiateurs ont été livrés».
François Sauvadet rappelle que des fissures ont été signalées en janvier 2023 : «immédiatement, j'ai engagé un diagnostic structurel qui a conclu à l'absence de risque».
Et de souligner les travaux financés par le Département au sein de casernes dont il est propriétaire : 350.000 euros mobilisés pour un système de géothermie à Sombernon ou encore 175.000 euros pour des menuiseries extérieurs.
«Il faut que la Gendarmerie ait les moyens de faire face à l'accueil de ses gendarmes»
«Il faudrait que la Gendarmerie dise ce qu'elle veut», poursuit le président de la collectivité, «si elle veut investir dans un bâtiment. (…) On ne peut pas laisser nos gendarmes dans cette situation. (…) Il faut que la Gendarmerie ait les moyens de faire face à l'accueil de ses gendarmes».
«Si on veut trouver un équilibre économique à la construction, il faut que le locataire d'un bâtiment couvre le coût de l'investissement», indique-t-il en appelant à «se rapprocher des parlementaires», au premier chef Benoît Bordat (FP), conseiller départemental d'opposition et député de la Côte-d'Or.
Pour François-Xavier Dugourd (LR, NE), vice-président délégué du Département et président du bailleur social Orvitis, le «modèle économique des constructions des gendarmeries» est à interroger : «demain, il ne sera plus possible de construire des gendarmeries si l’État ne bouge pas».
Jean-Christophe Tardivon