
Plus de 6.000 personnes ont suivi la progression de la Lune passant devant le Soleil, ce mercredi 12 août, à l'aérodrome Dijon-Darois. Les membres de la Société astronomique de Bourgogne ont présenté différents instruments pour observer le phénomène céleste.

Le grandiose spectacle des astres a transporté les spectateurs accueillis par la Société astronomique de Bourgogne, ce mercredi 12 août 2026, à l'aérodrome Dijon-Darois pour observer l'éclipse solaire partielle. Selon les informations des gendarmes et des agents de sécurité, plus de 6.000 personnes ont fréquenté le site durant l'événement.
En raison de leur position respective dans l'espace, la Lune est venue masquer le Soleil en se trouvant dans le même axe formé avec la Terre. De totale en Espagne à 90% dans le nord-est de la France métropolitaine, l'éclipse a été de 92% au niveau de Dijon, à 20 heures 19, quelques dizaines de minutes seulement avant le coucher de soleil, à 20 heures 55, ajoutant au charme de l'observation.
Au niveau de l'Hexagone, une éclipse solaire totale s'était produite en 1999 et une partielle en 2015, d'environ 70%. La prochaine éclipse totale surviendra en 2081.
Un partenariat entre la Société astronomique de Bourgogne et l'Aéro-Club de la Côte-d'Or
Dès 16 heures, la Société astronomique de Bourgogne (
site web) avait prévu des animations pour sensibiliser les participants tout au long de la soirée aux merveilles de l'univers et faire naître quelques vocations d'astronomes, d'astrophysiciens voire d'astronautes, comme la Bourguignonne Sophie Adenot. Pendant ce temps, des baptêmes de l'air s'enchaînaient avec les pilotes de l'Aéro-Club de la Côte-d'Or.
Une quinzaine de bénévoles de la Société astronomique de Bourgogne et une trentaine de l'Aéro-Club de la Côte-d'Or ont encadré l'événement. Ces derniers sont rodés : ils accueillent jusqu'à 20.000 personnes lors de championnats de France de voltige aérienne. La sécurité a été assurée par l'agence Werewolf Security et le secourisme par la Croix-Rouge française qui n'a signalé aucune situation notable.
Sur place, la SAB a vendu près de 3.000 paires de lunettes spéciales fournies par l'Association française d'astronomie, partenaire de l'événement. Certains observateurs sont venus acquérir le dispositif jusqu'à plus de 20 heures avant de repartir pour un autre site ou leur domicile.
Dès le pic des 92% atteints, certains observateurs ont quitté l'aérodrome. À peine la vague des arrivées passée, les bénévoles ont dû poursuivre leur accompagnement des départs. À chaque fois, d'importants bouchons se sont formés sur la RD 971.
Des applaudissements à 20 heures 15
Sur la pelouse principale, au nord des hangars, tournant le dos à la plaine dijonnaise, le public s'est installé, le plus souvent au sol, pour observer le phénomène dans un axe ouest-nord-ouest relativement dégagé.
À 20 heures 15, quelques salves d'applaudissements ont retenti, signes de l'enthousiasme des observateurs face à cette harmonie céleste.
Les adhérents de la SAB ont présenté des télescopes, lunettes informatisées ou des dispositifs artisanaux
Des membres de la SAB avait déployé différents instruments d'observation comme des télescopes ou des appareils photos, tous équipés de filtres adaptés pour protéger respectivement les yeux des astronomes d'un soir ou les capteurs numériques.
«Je vais prendre une série de photographies toutes les trois minutes à partir du premier contact jusqu'au coucher», a ainsi indiqué Richard Millière, amateur d'astronomie et de photographie, «j'ai eu la chance de voir l'éclipse totale de 1999». «Le Soleil n'est pas ma spécialité, ce sont plus les objets du ciel profond. À cause de la pollution lumineuse, je vais les observer vers Is-sur-Tille ou dans le Morvan.»
Un autre passionné a eu recours à un Seestar S50 – présenté par la marque ZWO comme un «télescope intelligent tout-en-un» –, un dispositif ressemblant plus à une box Internet qu'à un télescope : «c'est une lunette informatisée avec des lentilles et un capteur, comme un appareil photo. Il y a de petits moteurs dedans et ça se commande depuis une tablette ou un smartphone, on voit le résultat sur l'écran».
La jeune Chiara avait élaboré son propre «dispositif artisanal» : «j'ai pris mon appareil photo [NDLR : un compact numérique] et j'ai découpé des lunettes de l'éclipse de 1999 pour en faire un filtre et ainsi faire des photos sans abîmer l'appareil».
Pascal Auron a déployé un télescope à miroirs – «le filtre solaire ne laisse passer qu'un cent millième de la lumière du soleil» – associé à un appareil photo lui-même connecté à un ordinateur portable pour le contrôler et visualiser le résultat. «Après, je vais faire un montage et une vidéo en
time lapse.»
À Darois, «c'est l'événement de l'année !»
«C'est extrêmement important de pouvoir se retrouver tous ensemble, aussi nombreux, à Darois pour un phénomène particulièrement exceptionnel», a souligné Pascal Minard, maire de Darois. «C''est l'événement de l'année !»
«Voir la Lune qui passe devant le Soleil, c'est un événement exceptionnel», s'est enthousiasmée Claire Bérard, animatrice scientifique de la Société astronomique de Bourgogne, «les éclipses, il n'y en a pas souvent». «La dernière, c'était en 1999 – je pense que tous ceux qui étaient nés s'en souviennent – et la prochaine éclipse totale sera en 2081.»
«C'est formidable de pouvoir partager ça avec les gens», a confié l'animatrice scientifique, «on est très content de cet événement qu'on va prolonger avec les Perséides – ou étoiles filantes – juste derrière».
Jean-Christophe Tardivon
























































Photographies JC Tardivon



Photographies Richard Millière / SAB