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17/04/2021 20:26

AUXOIS-MORVAN : Un chantier d'insertion en maraîchage bio pour «repenser autrement les circuits de distribution»

La Ferme de la Barboulotte s'appuie sur la production agricole pour maintenir des emplois dans les environs de Saulieu. Son fondateur, Christophe Bonnot, ambitionne de développer une filière de circuits courts. Ce jeudi 15 avril, un chèque de soutien de France Relance a été remis symboliquement.
Dès mars 2020, Christophe Bonnot a eu l'idée d'un projet d'insertion par l'activité économique centré sur du maraîchage bio et rayonnant vers des établissements publics de l'Auxois-Morvan et même jusqu'à des épiceries solidaires dijonnaises.

Le projet a pris forme en mars 2021 avec la création de l'association la Ferme de la Barboulotte et la mise à disposition de terres à Missery, Saulieu et Pouilly-en-Auxois. Le démarrage est impulsé par un financement de France Relance de près de 270.000 euros.

Ce jeudi 15 avril 2021, la sous-préfète à la relance en Bourgogne-Franche-Comté, Natacha Vieille, et la sous-préfète de l'arrondissement de Montbard, Isabelle Bourion, sont allées à la rencontre des acteurs du projet et ont remis symboliquement le chèque de France Relance à Christophe Bonnot, président de l'association.

Procurer des légumes de qualité à des personnes bénéficiant des minima sociaux


Le projet de la Ferme de Barboulotte - la coccinelle en patois morvandiau -  est articulé autour d’une activité de maraîchage en agriculture biologique destinée à procurer des légumes de qualité à des personnes bénéficiant des minima sociaux (orientées par les travailleurs sociaux du territoire), fournir les cuisines des établissements publics du Pays Auxois-Morvan grâce à une légumerie, conserver les légumes en bocaux et alimenter les épiceries solidaires dijonnaise (à commencer par Epi Sourire). Une diversification est également envisagée sur la culture de plantes aromatiques et médicinales.

Cet atelier et chantier d'insertion (ACI) s’inscrit dans le Pays Auxois-Morvan et son Projet Alimentaire de Territoire (PAT). La Ferme de Barboulotte prévoit de gérer le restaurant Le P'tiot Zinc, à Saulieu, qui sera accessible le midi.

La structure est basée à Saulieu pour les locaux administratifs et le restaurant, avec des sites d’exploitation de maraîchage sur Missery (un hectare et une serre de 2.000 m2), Alligny-en-Morvan (un hectare) et, en 2022, Saulieu (5 ha et 3 serres de 3.000 m2) dans le cadre d’un projet Agriterra pour exploiter les espaces intercalaires d’une ferme photovoltaïque.

Une dizaine de salariés est d’ores et déjà entrée en parcours depuis fin mars 2021. La structure prévoit d’atteindre 15 ETP en 2022 et 18 en 2023. Elle a bénéficié de près de 270.000 euros au titre du Fonds de Développement de l’Inclusion (FDI) et est candidate à l’appel à projet alimentation locale et solidaire du plan de relance, lancé le 12 février dernier en Côte d’Or (lire le communiqué).

«Deux promesses républicaines n'ont pas été remplies après-guerre»


Ce jeudi 15 avril, les deux sous-préfètes sont accueillies à Missery par le président de la Ferme de Barboulotte, Christophe Bonnet, pour rencontrer des élues du territoires, des membres du conseil d'administration de l'association, des partenaires du projet ainsi que les premiers salariés.

Après une présentation du site, Christophe Bonnot prend la parole pour rappeler ce qui l'a motivé à lancer ce projet : «deux promesses républicaines n'ont pas été remplies après-guerre. L'une pour les agriculteurs, en leur disant, 'allez-y, cultivez, vous allez nourrir le monde et vous allez en vivre'. L'autre, pour les personnes vivant ici, 'allez en usine, il n'y a pas de souci et vous aurez des revenus qui vous permettront de vivre, les grandes surfaces s'occuperont de tout'. Force est de constater que, pour les uns et pour les autres, la promesse n'a pas été remplie, pour diverses raisons que je ne juge pas».

Le responsable associatif peste contre une forme d'inertie dans les territoires ruraux doublée de contestation politique : «quand je vois que 30% de votes sont sur du Front National, j'ai toujours du mal. La démocratie et la République et la solidarité doivent permettre de lutter contre cette idée que 'c'est la faute des autres'. C'est la faute de nous-mêmes de ne pas être solidaires».

«Un très fort potentiel en termes d'inclusion»


«On est tombé au moment où l’État a développé – via le gouvernement – un très fort potentiel en termes d'inclusion. C'est la première fois que, depuis l'insertion par l'économie existe, il y a autant de moyens qui sont mis sur la table», constate le responsable associatif.

Les onze premiers salariés habitent dans l'Auxois-Morvan et ont été recrutés grâce au bouche à oreille et à l'issue d'un job dating de Pôle Emploi. Leur présence à la Barboulotte oscillera entre 4 et 24 mois selon les parcours.

Par ailleurs, Christophe Bonnot remercie le soutien des conseillères départementales Martine Eap-Dupin et Emmanuelle Coint (excusée ce jour), de la sénatrice Anne-Catherine Loisier (représentée ce jour par Edwige Guégan), les élus de la communauté de communes de Saulieu, France Active Bourgogne, AG2R La Mondiale et EDF.

Le président de la Barboulotte se félicite également de constater que les services départementaux, les services instructeurs des fonds européens et les services préfectoraux soient à l'écoute d'un tel projet.

Approvisionner une filière à partir de la Barboulotte


«Il faut développer de la qualité et, surtout, accessible à tous», lance Christophe Bonnot pour expliquer le choix du maraîchage bio. Le terrain de Missery étant resté à l'état de prairie durant dix ans, il a été possible de le certifier en agriculture biologique sans passer par une période de conversion.

En attendant le développement d'une légumerie à Missery, un partenariat est établi avec le lycée agricole de Plombières-lès-Dijon qui dispose d'une unité de transformation. Il s'agit de «repenser autrement nos circuits de distribution», insiste le président de l'association.

À Saulieu, la cuisine du restaurant le P'tiot zinc est en cours de réfection. Là, «l'objectif est d'utiliser les circuits locaux d'approvisionnement» dont les deux bouchers de Saulieu. Les menus devraient osciller autour de 15 euros.

Loi Égalim oblige, la Barboulotte ambitionne d'approvisionner les cantines des collectivités locales.

Parallèlement au chantier d'insertion en maraîchage, une entreprise d'insertion dans le bâtiment devrait voir le jour prochainement afin de rénover une grange à l'abandon dans Missery et installer là une laboratoire de transformation de produits agricoles.

«Sur ce territoire, depuis longtemps, on s'implique dans les liens humains»


Les 123 habitants de Missery sont administrés par Rosine Lechaton. La maire se dit fière du patrimoine du village : un château privée du XIIIème siècle remanié au XVIIIème siècle et la chapelle communale datant du XVIIIème siècle. En temps normal, un théâtre permet d'accueillir 80 spectateurs.

En termes d'activités économiques, un charcutier est toujours présent sur la commune ainsi qu'un artisan-verrier, une restauratrice de photographies anciennes et un installateur de poêles à bois. Missery est situé en zone de revitalisation rurale.

«Sur ce territoire, depuis longtemps, on s'implique dans les liens humains et, en particulier, l'insertion», déclare à son tour Martine Eap-Dupin, ajoutant : «on va pouvoir travailler sur le plan alimentaire territorial du Département». Certains EHPAD du territoire ayant effectivement commencé à réfléchir à des repas 100% Côte-d'Or, la conseillère départementale envisage qu'ils puissent s'approvisionner auprès de la Barboulotte.

Jean-Christophe Tardivon

«L’État a dégagé des moyens financiers conséquents pour accompagner les structures d'aide à l'insertion par le travail»




























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