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18/10/2020 13:23

BIODIVERSITÉ : Écopâturage sur la montagne de Beaune

Une quinzaine de moutons et de chèvres sont mobilisés pour entretenir les pelouses calcaires sans avoir recours à des moyens mécaniques dans cette zone classée Natura 2000. Les animaux sont arrivés ce vendredi 16 octobre sous les regards attentifs des riverains et des élus dont le maire de Beaune, Alain Suguenot.

Les paysages sauvages de la montagne de Beaune dominent les vignes de la capitale des vins de Bourgogne. Il s'agit là d'un écosystème sur lequel la Ville et la communauté d'agglomération Beaune Côte & Sud ont décidé de veiller. Un contrat Natura 2000 a permis de réhabiliter des pelouses calcaires. «Il faut désormais entretenir et protéger ces terrains, si fragiles et si spécifiques à notre territoire» indique-t-on du côté de l'intercommunalité.

Pour respecter la biodiversité présente, Beaune Côte & Sud opte pour une gestion durable en ayant recours aux «meilleurs experts dans l'entretien de ces pelouses calcaires», c'est à dire à des moutons et des chèvres qui vont ainsi pratiquer de l'écopâturage. Sans pastoralisme, les buissons envahissent les pelouses ce qui menace de nombreuses espèces de fleurs, d'insectes et d'oiseaux. Trois sites sont concernés sur cinq hectares au total : le Mont Saint-Désiré, le Monument aux Morts et l'Esplanade à la Vierge.
C'est par ce dernier site que commence l'opération le vendredi 16 octobre 2020 avec l'arrivée officielle de l'éleveur David Bavard et de ses animaux. L'éleveur a été accueilli par une délégation conduite par Alain Suguenot (maire de Beaune et président de Beaune Côte & Sud), Denis Thomas (maire de Meursault et vice-président de l'intercommunalité) et Xavier Coste (vice-président de l'intercommunalité).

Au préalable, les agents des espaces verts ont préparé le site en renforçant la clôture qui est électrifiée pour dissuader les prédateurs naturels du mouton que sont les renards. Aux prédateurs bipèdes, Alain Suguenot signale, à toutes fins utiles, que les moutons présents ne «font pas de laine» et «sont immangeables», invitant ainsi à les laisse pâturer en paix.

Un complément de revenus pour les bergers


Les moutons brouteront les herbacés tandis que les chèvres ont une prédilection pour les ligneux. Ils se répartiront ainsi le travail. Animaux grégaires, les moutons supportent la compagnie de chèvres ou encore de petits poneys. «Il faut qu'ils soient en groupe, il ne faut pas mettre un mouton tout seul dans un parc» signale David Bavard. Pour cette opération huit moutons et sept chèvres ont été mobilisés. Les caprins sont de races Pyrénéennes, Saanens et Alpines. Les ovins sont de races Dorper, Noire du Velay, Solognote et Suffolk.

La bergerie de David Bavard est située à Tailly, près de Meursault. Les moutons pâtureront sur les différents sites jusqu'au début de l'hiver qu'ils passeront à l'abri avant de revenir au printemps. L'éleveur respectera un plan de gestion pastorale de cinq ans qui procure ainsi un complément de revenus.

Ce plan de gestion est assorti d'un financement de 114.000 euros : 29.000 euros pour la restauration des pelouses calcaires par broyage et coupe des pins, 58.000 euros pour les clôtures et 27.000 euros pour l'entretien par écopâturage. Le projet est subventionné à 80% par Natura 2000, le réseau qui rassemble les sites naturels de l'Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale. Le coût pour la Ville de Beaune est donc de 22.800 euros.

Prochainement, en fonction de la situation sanitaire, des animations seront organisées autour des déplacements des animaux d'un site à l'autre. Des animaux dont le nombre augmentera puisque l'éleveur pense atteindre la soixantaine d'ovins et de caprins pour conduire cet écopâturage.

Jean-Christophe Tardivon