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09/09/2025 11:49

BOURGOGNE : «Travaillons ensemble pour l'avenir du vignoble !» lance le préfet Paul Mourier aux vignerons

À l'invitation des représentants de la filière viti-vinicole, ce lundi 8 septembre, le préfet Paul Mourier a donné quelques coups de sécateur dans le clos de Vougeot après avoir visité la cuverie de la Maison Jean-Claude Boisset, à Nuits-Saint-Georges. «Les aléas climatiques pèsent sur l'avenir des vins de Bourgogne», a-t-il déclaré.
Les organisations professionnelles de la fililère viti-vinicole bourguignonne ont organisé, ce lundi 8 septembre 205, la traditionnelle «Journée vendanges préfet» destinée à favoriser les échanges avec le préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté qui suit plus particulièrement les sujets économiques d'une filière qui emploie 45.000 personnes et totalise un chiffre d'affaires de 2,3 milliards d'euros dont 58% à l'export.

Paul Mourier, qui est également préfet de la Côte-d'or, s'est donc rendu successivement à la cuverie de la Maison Jean-Claude Boisset, à Nuits-Saint-Georges, puis à la cuverie du domaine du château de la Tour, à Vougeot. 

Une cuverie bioclimatique à Nuits-Saint-Georges


Figurant dans le top 5 des négociants en vins français, la Maison Jean-Claude Boisset enregistre un chiffre d'affaire annuel de près 500 millions d'euros, réalisé pour 75% à l'exportation. 

Le siège des activités commerciales et marketing est situé à Nuits-Saint-Georges. Autour d'un ancien couvent des Ursulines, une nouvelle cuverie a été construites en 2018. Le bâtiment passif et bioclimatique a été dessiné par l'architecte Frédéric Didier. Il surplombe 2.000 m² de caves historiques.

Autour du préfet, la visite conduite par Gilles Seguin, directeur général, et Grégory Patriat, maître de chais, a été suivie notamment par Benjamin Dirx (REN), député de la Saône-et-Loire, Christian Morel (divers gauche), vice-président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Denis Thomas (LCOP) et Hubert Poullot (LCOP), vice-présidents du Département de la Côte-d'Or, et Benoît Byrski, sous-préfet de Beaune.

Étape à Vougeot, au «centre du monde viticole»


«Vous êtes ici dans l'enceinte du grand cru le plus célèbre de Bourgogne», a lancé François Labet en accueillant la délégation au domaine du château de la Tour dont il est propriétaire, «vous êtes ici au centre du monde viticole». «C'est ici que tout a commencé, au début du XIIème siècle, avec l'arrivée des moines. (…) Ce sont eux qui ont façonné cette côte, (…) sans intelligence artificielle mais avec de l'eau bénite et un fil à plomb. (…) La réputation des grands terroirs que les moines ont découvert est restée intacte.»

Lors de cette étape, le préfet a été sensibilité à la technicité et aux contraintes du métier de vendangeur en coupant quelques grappes de pinot noir dans le célèbre clos de Vougeot. Le clos s'étend sur 50 hectares partagés en 50 propriétaires différents. Le domaine du château de la Tour est le plus important avec 5,5 hectares.

«Nous avons besoin d'être aidés pour les transmissions agricoles », a signalé François Labet au préfet dans ce contexte patrimonial. « Si l'on veut éviter la main mise de la grande finance internationale que nous n'aimons pas, le seul moyen de transmettre, c'est d'aider les familles à passer les pieds de vigne aux mains d'enfants qui auront le même respect que leurs parents pour la culture de la vigne.»

En 2025, «la qualité sera là malgré tout»


Lors des différents échanges, les représentants des vignerons n'ont pas caché pas la déception survenue au moment des vendanges, à l'aune des attentes entretenues par une météo favorable jusqu'à début août.

Dans la lignée des années en 5, 2025 aurait être un «très grand millésime», ce sera simplement «un grand millésime», selon Fançois Labet, également président délégué du Comité Bourgogne (ex-Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne ou BIVB).

«La donne a été changée par un mois d'août très caniculaire au début et très pluvieux à la fin puisque, depuis le 20 août, on cumule plus de 150 mm d'eau», a expliqué Thiébault Huber, président de la Confédération des appellations et vignerons de Bourgogne (CAVB). «Les raisins étaient sains, petits donc les volumes ne sont pas là mais la qualité sera là malgré tout.»

La production ressort à 80% des moyennes annuelles, ce qui reste supérieur à 2024.

Dans lé détail, l'activité économique de certains domaines pourraient être fragilisée par ce niveau de production, notamment en côte de Beaune et dans l'Yonne où les volumes ont pu être faibles en 2024.

Alerte sur la santé mentale des vignerons


Passé le point de situation sur le millésime, d'emblée Thiébault Huber a alerté le représentant de l’État sur «la santé mentale des vignerons», en écho à deux suicides survenus récemment parmi la profession.

En 2024, pour la première fois, la CAVB a diffusé des formulaires auprès de ces adhérents pour appréhender la perception des vignerons de leurs conditions de travail.

Sur 470 réponses, 280 personnes apparaissent «en situation de burn-out». En conséquence, «une quarantaine de vignerons ont demandé un soutien psychologique», a précisé Thiébault Huber. 

«La surcharge administrative de l'exploitant agricole devient le deuxième facteur stress d'un vigneron», a-t-il relevé avant de plaider pour «la simplification administrative». 

En particulier, le président de la CAVB a regretté les changements informatiques intervenus aux niveau de «trois plateformes des douanes dans la même année».

En dix ans, «on a baissé de moitié l'utilisation des pesticides»


Autre facteur de stress : «la pression sociétale». La CAVB s'attend à des commentaires «à charge» rejaillissant sur les vignerons après la publication, le 15 septembre prochain de Pesti Riv, une étude de Santé publique France et de l’ANSES pour mieux connaître l’exposition aux pesticides des personnes vivant en zones viticoles et non-viticoles.

«La filière viti-vinicole est la filière qui s'est le plus remise en question ces dix dernières années puisqu'on a baissé de moitié l'utilisation des pesticides», a argumenté Thiébault Huber.

La filière s'emploie à trouver des relais de croissance hors des États-Unis


Président de la Fédération des négociants-éleveurs de grande Bourgogne, Albéric Bichot est revenu sur les conséquences des taxes douanières instaurées par Donald Trump couplées à la dépréciation du dollar par rapport à l'euro. L'ensemble à ce jour représente une augmentation de 30% pour le consommateur américain amateur de vin de Bourgogne.

«Les États-Unis, c'est le premier marché de toute la Bourgogne réunie», a signalé Albéric Bichot qui s'attend donc à une perte de chiffre d'affaire de 30% en moyenne. «Trouver des relais de croissance ailleurs, ce n'est pas facile, on s'y emploie tous.»

«Le Mercosur serait une très bonne chose pour la filière viticole française parce que les taxes d'importation au Brésil sont énormes et que le Brésil peut-être un bon marché», envisage-t-il, «il y a encore du potentiel». L'Inde est également regardée avec intérêt, pour peu que les taxes douanières soient renégociées.

«Les aléas climatiques pèsent sur l'avenir des vins de Bourgogne»


Devant les représentants des différents services déconcentrés de l’État – les vignerons répondent à une quarantaine de contrôles administratifs –, le préfet Paul Mourier a réagi aux propos des professionnels.

«Sans les moines, il n'y aurait pas ce vignoble», a rappelé le préfet en insistant sur l'inscription au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 2015 (lire notre article). «On voit que l'aspect patrimonial et historique est tout à fait important. (…) La Bourgogne est un vignoble prestigieux.»

«La préoccupation de vous tous, c'est le changement climatique», a-t-il analysé en écho aux échanges informels durant les deux visites. «Les aléas climatiques pèsent sur l'avenir des vins de Bourgogne. (…) Il y a un certain nombre d'actions réservées à l'avenir de la viticulture.»

«Une volonté très claire d'aller à la simplification»


«Concernant la réglementation, il faut aller vers de la simplification mais on est dans un monde complexe», a relevé Paul Mourier. «Une grande part de la réglementation est là pour vous protéger. (…) C'est la mise en œuvre de la réglementation qui pose problème.»

Prenant exemple sur l'action des douanes concernant le transport des raisins, le préfet s'est montré favorable à la mise en place d'une cellule spécifique pour envisager «l'amélioration» des dispositifs réglementaires : «depuis un an, il y a une volonté très claire de la part de l’État d'aller à la simplification».

«Ce territoire ne peut pas accepter qu'on accueille mal les vendangeurs»


Le représentant de l’État a salué les démarches «RH excellence» développées par la CAVB pour améliorer les conditions de travail des vendangeurs : «on est sur un produit qui est le plus noble possible, le vin, avec un vignoble qui est prestigieux ; ce territoire ne peut pas accepter qu'on accueille mal, qu'on loge de façon indigne les vendangeurs. «C'est une question d'image !»

«À ce jour, on n'a procédé qu'à une seule fermeture administrative d'un établissement qui accueillait d'une manière totalement indigne les vendangeurs», a précisé Paul Mourier.

«Il y a plus d'erreurs que véritablement de vols», a commenté le préfet au sujet des vols de raisins. «Il y a des patrouilles qui se font par la Gendarmerie nationale qui se font pour assurer une sécurité sur l'ensemble du vignoble. (…) Quand on voit des gendarmes au moment des vendanges, ça rassure absolument tout le monde.»

Vers une cellule de travail sur le sujet de la santé mentale des vignerons


«Notre société est traversée par les problèmes de santé mentale», a réagi Paul Mourier, «je partage votre inquiétude». «Il faut que l'on regarde ensemble comment l'on peut faire pour bien déterminer à quoi est dû ce problème de santé mentale.»

«On peut mettre en place une cellule de travail spécifique sur ce sujet-là», a-t-il envisagé. «La chambre d'agriculture [de la Côte-d'Or], avec la MSA et les services de l’État ont mis en place le dispositif Faire face ensemble qui permet d'identifier les agriculteurs qui ont des difficultés et, après un diagnostic réellement posé, comment on peut les accompagner.»

Dégustation de beaunes


«Les services de l’État sont là pour vous soutenir, pour vous accompagner», a conclu le préfet en évoquant notamment les douanes, la direction départementale des territoires, les finances publiques ou encore l'Office français de la biodiversité. «Travaillons ensemble pour l'avenir du vignoble !»

Les échanges se sont prolongés lors d'un temps de convivialité durant lequel deux beaunes, blanc et rouge, ont été dégustés sur la terrasse donnant sur le clos de Vougeot.

Jean-Christophe Tardivon

Les propositions de la CAVB pour la viticulture de demain


La filière viticole réagit à la publication de l'étude Pestiriv






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