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07/04/2020 05:51

CHASSE : Combactive interpelle le préfet de la Côte-d'Or sur le sujet de l'agrainage

Alors que les sangliers font des dégâts importants aux cultures dans le département, Fabien Robert, président de l'association Combactive, conteste l'autorisation de l'agrainage en période de confinement. Interpellé, le préfet de la Côte-d'Or n'a pas tardé à répondre. Actualisé : Combactive se place sur le terrain juridique.
Actualisé le 6 avril 2020 :

Dans un communiqué, Fabien Robert demande «est-ce que le fait d'aller agrainer est si vital ?» et répond «non» d'emblée.

Le président de l'association annonce que sont avocate vient «d’envoyer un recours gracieux au préfet pour lui demander de retirer son arrêté qui autorise les chasseurs à pouvoir aller tranquillement mettre à manger, des appâts pour attirer les sangliers dans la nature». Une pétition a été lancée pour soutenir la démarche de l'association de défense de la cause animale.

JCT

Publié le 29 mars 2020 :

L'agrainage des sangliers fait partie des pratiques de la chasse qui font polémique. L'agrainage a trois objectifs : soit apporter un complément alimentaire en période hivernale, soit éloigner les animaux des cultures en les nourrissant à un endroit déterminé, soit fixer des populations sur une zone donnée pour augmenter la probabilité de pouvoir les tuer.

La pratique est réglementée : elle n'est autorisée que dans le cadre d'un schéma départemental de gestion cynégétique (SDGC) élaboré par les fédérations de chasseurs et validé par le préfet. Les associations environnementales contestent fréquemment la pratique de l'agrainage, notamment hivernale, en mettant en avant que cela engraisse les sangliers et favorise la reproduction. Cela ne contribuerait donc pas à la régulation des populations pour diminuer les dégâts aux cultures.

En cette période de confinement, il n'est plus possible de chasser ni de pêcher. Toute action de chasse, le piégeage, le gardiennage et l'agrainage sont interdits. Il est toléré que les chasseurs puissent sortir afin de nourrir des animaux (chevaux, chiens, appelants...) ne se trouvant pas sur le lieu de résidence pour que cela se fasse seul et muni de l'attestation de déplacement dérogatoire.

«Le préfet exécute à la lettre les directives qui lui sont données par un chasseur»


Le 27 mars 2020, l'association Combactive, qui revendique le fait d’œuvrer pour la protection de la nature et les droits des animaux, a interpellé le préfet de la Côte-d'Or, Bernard Schmeltz, tout en ciblant le président de la fédération de chasse de Côte-d'Or, Pascal Sécula.

Le président de Combactive, Fabien Robert, parle de Pascal Sécula comme d'un «grand chef d’entreprise avec toutes ses relations» et d'un «aficionados de la tuerie, pardon du 'prélèvement' dans nos contrées». Côté entreprise, Pascal Sécula préside la société Bourgogne Recyclage. Côté chasse, Pascal Sécula s'est fait remarquer en participant à la réunion à l’Élysée du 27 août 2018 ou des avancées ont été obtenues par les chasseurs auprès d'Emmanuel Macron. Une réunion qui aurait précipité le départ de Nicolas Hulot du gouvernement ayant eu lieu le lendemain.

Aujourd'hui, Fabien Robert reproche au préfet d'avoir accordé une autorisation de l'agrainage en Côte-d'Or : «cela nous montre une nouvelle fois que la loi n’est pas la même pour tous» car, de son point de vue, «le préfet exécute à la lettre les directives qui lui sont données par un chasseur».

Le président de Combactive souligne que «l’agrainage en soi participe activement à la prolifération et à la surpopulation des hybrides 'cochongliers'. Dans les Yvelines, l’arrêt de l’agrainage a permis de diminuer de 26% les déclarations de dégâts déclarés».

«Les mesures ont le mérite d'être adaptées et ajustées»


Le préfet de la Côte-d'Or n'a pas tardé à répondre à Combactive, le même jour, en soulignant le respect des «cohérences territoriales». La Côte-d'Or n'est pas le seul département bénéficiant d'une dérogation pour l'agrainage puisque cela a été également autorisé dans certains secteurs de la région Grand Est.

Pour Bernard Schmeltz, «de façon générale les mesures qui sont prises ont le mérite d'être adaptées et ajustées». Face aux dégâts commis par les sangliers dans les cultures, «il nous faut trouver une réponse rapide, proportionnelle et pragmatique». Évoquant le schéma départemental de gestion cynégétique, le préfet a insisté sur le fait que la mesure entrait dans «un dispositif préexistant à la crise épidémique qui visait un nombre très restreint de communes du nord de la Côte-d'Or».

Le représentant de l’État a signalé «un point où il y avait de très gros dégâts aux cultures» alors que les agriculteurs entrent dans une période cruciale, celle des semis. Le sujet ne prêterait donc pas à polémique puisque l'agrainage n'a été autorisé que «dans des parties très précises du territoire».

Jean-Christophe Tardivon


Fabien Robert, président de l'association Combactive (image d'archives)