Recherche
POUR JOINDRE INFOS-DIJON
redaction.infosdijon@gmail.com (à privilégier)
SMS et MMS au 07 86 17 77 12
> Côte d'Or > Côte d'Or
28/09/2020 19:49

CHENÔVE : Thierry Falconnet «franchit le pas de l’armement létal» pour les policiers municipaux

C’est en amont du conseil municipal de ce lundi 28 septembre que le maire de Chenôve a tenu une conférence de presse. Il a fait des annonces fortes en matière de tranquillité publique.
«Depuis de nombreuses années, nous menons une politique généreuse, ambitieuse, progressiste, solidaire pour transformer la ville en matière de renouvellement urbain, d’éducation, de culture, de sport, de jeunesse. Mais toutes ces politiques publiques sont parasitées par des questions de tranquillité publique qui rejaillissent de manière chronique sur l’actualité municipale et nuisent à la ville et à la population. Se pose la question de l’attractivité de notre ville». Tel est le constat par lequel le maire de Chenôve a débuté lors du point presse dans son bureau ce lundi en fin de journée.

Pour «apaiser, ramener de la tranquillité pour les habitants», montrer que la volonté politique est forte dans ce domaine, Thierry Falconnet parle d’un recentrage de la police municipale sur ces missions de tranquillité publique. Avec un renforcement des effectifs et des équipements.

Recrutements et armement létal


«Nous recruterons en 2021 trois policiers municipaux et deux ASVP, qui seront eux centrés sur la gestion quotidienne de la voie publique», annonce le maire de Chenôve.
Plus précisément, l’effectif des policiers municipaux (8 agents actuellement) sera porté à dix en 2021 (un des recrutements annoncés est un remplacement) et les deux ASVP seront les deux premiers de la ville. L’objectif fixé est d’arriver en tout, en 2022, à 12 agents de police municipale et 4 agents de surveillance de la voie publique.
Ce renforcement des effectifs s’accompagne aussi d’«une extension des horaires de travail des policiers municipaux en soirée, jusqu’à 23 heures, et les week-ends».

«En conséquence, c’est la troisième mesure forte que j’ai décidé de prendre : nous renforçons l’armement de la police municipale de Chenôve. Pour que les policiers municipaux puissent assurer leurs missions dans des conditions acceptables, pour qu’ils puissent se protéger le cas échéant, il est important qu’ils puissent disposer d’un armement létal de catégorie B, c’est à dire des armes à feu et des armes de poings», a enfin déclaré Thierry Falconnet. «J’étais le dernier maire sur l’agglomération dijonnaise à ne pas avoir doté les policiers municipaux de tasers, je serai le premier à franchir le pas de l’armement létal».

Une annonce forte - «une décision mûrement réfléchie» selon l’élu socialiste et premier magistrat de la ville -. Une décision dans laquelle il voit l’affirmation, «la réaffirmation symbolique» de l’autorité d’un maire sur sa commune, de même que la réaffirmation de «l’autorité de l’Etat et de la République dans notre territoire».
La demande a été faite au préfet pour les armements évoqués. «La municipalité prendra toute sa part de responsabilité sur les questions de tranquillité publique», insiste le maire de Chenôve.

«C’est d’abord une approche pragmatique»


Pour Thierry Falconnet, «ça n’exonère pas l’Etat de ses responsabilités», mais cette fermeté de la part de la municipalité est aujourd’hui nécessaire. Et il fait remarquer : «53% des policiers municipaux en France sont armés, au sein de villes de tous bords politiques. C’est d’abord une approche pragmatique. C’est un sujet que j’ai évoqué avec mes collègues de l’association Ville & Banlieue».

Au cours de son point presse, ces annonces fortes faites, Thierry Falconnet a affirmé vouloir poursuivre le travail de partenariat avec la Police nationale, en révisant la convention existante mais sans se substituer au rôle des policiers nationaux et de leurs missions pour la sécurité publique.
En direction des oppositions au conseil municipal, il annonce aussi la création de groupes de travail sur le renforcement de la tranquillité publique, «qui rassembleront l’ensemble des sensibilités politiques».

L’équipement des policiers municipaux en armes létales est une décision que Thierry Falconnet inscrit dans une démarche globale «pour faire de Chenôve une ville paisible, attractive». Il précise que les modalités exactes de cet équipement doivent encore être travaillées et qu’une formation est obligatoire pour les policiers municipaux. Ces derniers sont déjà armés de bâtons de défense et de bombes de désencerclement.

«Pour le bien des habitants de la ville»


«L’exaspération et la préoccupation des concitoyens sur ces questions de tranquillité publique sont réelles». Thierry Falconnet le martèle et rappelle pour terminer des périodes de violences urbaines passées - «6 mois de violences urbaines en 2019, 24 rames de tramway caillasses, 19 feux de véhicules lors d’une nuit qui suivait le regroupement des tchétchènes à Dijon, incendie du centre de loisirs, rodéos…» - qui ne peuvent plus durer.

Pour le maire, l’équilibre entre générosité et fermeté doit être revu, «pour le bien des habitants de la ville et pour pouvoir continuer à mener une politique progressiste».

Alix Berthier
Photo : Alix Berthier


`