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14/05/2020 19:54

CÔTE-D'OR : «C'est une vraie rentrée dans de vraies conditions sanitaires» selon le représentant du rectorat

Premier jour d'une rentrée scolaire progressive et très surveillée par le rectorat de l'Académie de Dijon. Jérôme Vial, représentant les services de l’Éducation nationale pour la Côte-d'Or, salue le partenariat avec les communes, répond aux syndicats et évoque la question des élèves en situation de handicap.
À part dans de toutes petites écoles où se sont posés des problèmes pratiques, 95% des écoles de la Côte-d'Or ont recommencé à accueillir des élèves ce jeudi 14 mai 2020.

Présent ce jeudi matin à l'école élémentaire Nord à Dijon, Jérôme Vial, inspecteur de l’Éducation nationale et adjoint de la directrice académique des services de l’Éducation nationale pour la Côte-d'Or (DASEN), a répondu aux questions d'Infos Dijon.

«On va continuer à construire et on va continuer à s'adapter»


Comment abordez-vous cette rentrée ?

«Il y a deux choses sur lesquelles il faut impérativement mettre l'accent. C'est d'abord l'aspect progressif de ce qui se met en place actuellement. Là, il y a peu d'élèves dans l'école. C'est à peu près la même chose dans toutes les écoles du département aujourd'hui. L'idée, avec cette recommandation de faire venir prioritairement les enfants de grande section, de CP, de CM2, c'est que l'on n'aurait pas su accueillir tous les enfants.»

«L'idée était d'accueillir peu d'enfants pour démarrer, de manière à avoir cette période de mise à l'épreuve en quelque sorte, d'acculturation à ce nouveau fonctionnement. On n'apprend un nouveau métier, tous ensemble. Il y a eu un travail énorme de réflexion, de préparation depuis dix jours et même pour beaucoup pendant le deuxième semaine des vacances scolaires des directrices et directeurs, des enseignants, de toutes les équipes.»

«La deuxième chose sur laquelle il faut insister ce matin, c'est le partenariat qui s'est renforcé au fil de la gestion de cette crise sanitaire, et particulièrement pendant la préparation de cette rentrée, avec les collectivités territoriales, avec les communes en particulier. Je tiens à saluer le travail qui est fait avec la Ville de Dijon.»

«C'est complexe. On se pose plein de questions que l'on ne s'était jamais posées avant, par définition. On y répond au fur et à mesure. On n'a pas toujours la réponse tout de suite. Tout ça va se construire au fur et à mesure. On a une bonne base, maintenant on va continuer à construire et on va continuer à s'adapter.»

«On aura une école qui aura déjà des habitudes de fonctionnement»


Acculturation... Adaptation... Les syndicats ont évoqué la notion d'élèves «cobayes». Qu'est-ce qui permet de dire que les élèves actuels ne servent pas de tests pour les élèves arrivant dans trois semaines ?

«C'est une vraie rentrée dans de vraies conditions sanitaires parce qu'on a un protocole sanitaire national qui est complet, qui est clair. Tout le monde a pu en prendre connaissance et mettre en œuvre les mesures qui sont signalées côté école et côté collectivité.»

«Ce n'est pas une rentrée qui se fait dans des conditions d'expérimentation. Ce qui fait qu'on parle de période d'acculturation, c'est le fait d'accueillir peu d'élèves.»

«Il y a peu de raisons que le protocole national évolue significativement d'ici 15 jours. Les règles sanitaires seront sans doute les mêmes. Si l'évolution de la situation sanitaire générale permet, d'ici trois semaines, d'ouvrir la porte de l'école à davantage d'élèves, on le fera de la manière la plus adaptée pour continuer à garantir le respect de ces règles. On travaillera par exemple sur une alternance de l'accueil. On trouvera les solutions.»

«De toutes façons, les choses vont continuer d'évoluer, on l'espère positivement. J'espère que l'on pourra accueillir de nouveaux élèves d'ici trois semaines, ça serait une bonne nouvelle. Dans ce cas-là, cela veut dire que l'on aura une école qui aura déjà des habitudes de fonctionnement, qui aura pris ces habitudes-là. Ceux qui sont déjà là, les CP, les CM2 pourront aussi participer et montrer à leur camarades comment on fait.»

«On a communiqué avec les familles pour que les familles soient, elles aussi, partenaires de cet aspect-là. On ne travaille pas sans les parents évidemment. (…) On dit aux familles que l'on est en co-éducation, en co-responsabilité, de votre côté, les familles, il y a des choses que vous pouvez faire pour préparer le retour de votre enfant à l'école. Vous pouvez travailler sur les gestes barrières. Avant d'arriver à l'école, on prend sa température pour vérifier qu'il n'y a pas un risque à partir à l'école.»

«C'est très paradoxal mais les liens avec les familles ce sont renforcées pendant la période de confinement. Il y a quelques familles avec qui le lien a été plus difficile à faire parce qu'on n'a pas forcément de liaison Internet. (…) J'ai des témoignages d'enseignants qui, en particulier dans les quartiers politique de la ville mais pas seulement, avaient les familles tous les jours au téléphone. C'était devenu une sorte de rituel. Avec certaines familles, cela a contribué à recréer du lien.»

«Les communes rurales ont été elles aussi extrêmement investies»


La rectrice de l'Académie de Dijon a fait la rentrée dans une école rurale, à Noiron-sous-Gevrey. Y a-t-il des différences d'approche entre les communes rurales et les communes urbaines ?


«Il n'y a pas plus de différences sur la préparation de cette réouverture des écoles entre le fait d'être en zone rurale et le fait d'être en ville qu'il n'y en a d'habitude. Par définition, ce n'est pas tout à fait la même chose de vivre en ville et de vivre à la campagne. De notre point de vue, les communes rurales ont été elles aussi extrêmement investies sur la préparation de cette rentrée.»

«Certains maires, au début, ce sont posés la question. Il y a eu de très nombreuses réunions de tous les acteurs : préfecture, éducation nationale, associations de maires... Tout le monde a partagé régulièrement beaucoup d'informations de manière à ce que les choses se passent de la manière la plus fluide possible.»

«Les maires se sont émus, au départ, que leur responsabilité pouvait être engagée, responsabilité civile et responsabilité pénale. Il a été dit très vite que le maire ne prend pas la décision de rouvrir son école. (…) La décision, c'est le Premier ministre qui la prend.»

«Les maires qui ont vraiment constaté que les conditions matérielles n'étaient pas réunies aujourd'hui pour permettre l'accueil des élèves dans les conditions de respect du protocole sanitaire, certains ont effectivement pris un arrêté pour dire 'jusqu'à telle date, je n'ouvre pas mon école'. Dans la grande majorité des cas, c'est une décision de report, souvent jusqu'au 25 mai. (…) C'était une mesure de précaution de la part des maires, le temps d'être vraiment prêt.»

La rentrée des écoliers en situation de handicap, quelque soit leur niveau


Avez-vous fait des efforts pour faire revenir en classe les élèves en situation particulière ?

«Dans les consignes ministérielles sur la reprise, l'accueil des enfants en situation de handicap est un accueil prioritaire. Si on dit public prioritaire, il ne faut pas que ce soit un vain mot. On les accueille, dans les écoles aujourd'hui, toujours sur la base de la volonté des familles, au même titre que ces niveaux de classe que l'on a ciblés pour ce redémarrage.»

«On travaille au cas par cas avec tous les élèves à besoin particulier d'accompagnement. Les dispositifs d'Unités localisées pour l'inclusion scolaire (ULIS) accueillent leurs élèves.»

Concernant les accompagnants d'élève en situation de handicap (AESH), comment le rectorat a géré la situation d'une famille volontaire mais pour qui l'AESH habituel ne revenait pas en classe ?

«Les AESH sont des personnels de l’Éducation nationale et ont les mêmes droits et devoirs que les enseignants. (…) Les AESH peuvent être présentes ou devoir travailler à distance. On peut avoir la situation d'un enfant en situation de handicap qui est dans l'école et qui n'a pas son AESH. On peut avoir l'inverse. On peut avoir des AESH qui reprennent le travail mais qui n'ont pas d'enfant à accompagner concrètement dans l'école. On essaie de faire coller les deux situations.»

«Ça a été préparé avant. On sait depuis la semaine dernière quels sont les AESH qui vont revenir, celles qui ne vont pas revenir. On a pris les informations auprès des familles pour savoir si les enfants allaient revenir à l'école. En principe, ça a été préparé. Il y aura forcément des situations qui vont se réguler.»

Propos recueillis par Jean-Christophe Tardivon

La rentrée de l'école élémentaire Nord


Le regard de la directrice


Point de situation par la rectrice de l'Académie de Dijon



Jérôme Vial, inspecteur de l’Éducation nationale et adjoint de la directrice académique des services de l’Éducation nationale pour la Côte-d'Or (DASEN)


Suivi de la rentrée scolaire de l'école élémentaire Nord à Dijon, le 14 mai 2020