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30/03/2021 20:05

CÔTE-D’OR : Des associations appellent à «sortir de l'impasse» les jeunes majeurs étrangers

Engagées dans la défense des droits humains, des associations et organisations syndicales du département de Côte-d’Or relaient une campagne nationale en faveur des jeunes majeurs étrangers, dans l'impasse et menacés d'expulsion notamment. Elles interpellent la préfecture et les élus du territoire.
«Jeunes majeures étrangers, sortir de l’impasse». C’est l’intitulé de la campagne nationale portée par une soixantaine d’associations et d’organisations engagées ou concernées par la défense des droits humains.

Dans un contexte aggravé par la situation sanitaire, ces organisations réaffirment «une aberration» quant aux jeunes étrangers «présents depuis des années en France, arrivés soit mineurs isolés, soit avec leur famille, en cours d’études, d’apprentissage, accédant à l’emploi souvent dans des secteurs en pénurie de main d’oeuvre et soudain victimes de refus de séjour avec l’obligation de quitter le territoire dès lors qu’ils arrivent à leur majorité».

L’impasse dans laquelle se retrouvent ces jeunes est qualifiée de «terrible gâchis humain et social». Les pratiques arbitraires des préfectures sont dénoncées.

Des améliorations souhaitées


Les associations et organisations se joignant à la campagne nationale évoquée leur demandent de : cesser la suspicion généralisée sur les jeunes dont les actes d’état civil sont régulièrement contestés alors que leur identité est confirmée par leurs pays ; cesser l’exigence de documents impossibles à présenter par les jeunes souhaitant obtenir un titre de séjour alors que la présentation de ceux-ci n’est pas obligatoire ; mettre fin au blocage des demandes de rendez-vous sous prétexte de dématérialisation ; permettre à ces jeunes de pouvoir avoir accès à des formations ; régulariser «de façon large et durable» les personnes étrangères présentes depuis plusieurs années sur le territoire français en appliquant notamment la circulaire du 28 novembre 2012.

Avant de parler de l’élargissement des droits mais aussi de l’indignation perceptible quant aux restrictions de ceux-ci, les relais de cette campagne nationale insistent tout d’abord sur le respect des droits humains.

«Ces questions devraient être réglées autrement par la préfecture de la Côte-d’Or»


Autour de Paul Garrigues, co-président de la Ligue des Droits de l’Homme à Dijon, plusieurs représentants d’associations ont tenu une conférence de presse lundi 29 mars 2021 à la Maison Phare de la Fontaine d’Ouche.
«L’État français est plus capable que les pays africains eux-mêmes de décider de l’identité des jeunes», a-t-on notamment ironisé en parlant des suspicions et contestations d’identité par la préfecture. «Ces questions devraient être réglées autrement par la préfecture de la Côte-d’Or». À l’arbitraire de celle-ci, Paul Garrigues tient à répondre par le droit, en argumentant que la carte consulaire suffit aux jeunes majeurs étrangers à prouver leur identité. «Très souvent, le tribunal administratif de Dijon nous donne raison face à la préfecture».

«À 18 ans, il n’était plus rien» déplore Laurent Dieusaert. Gérant de l’Intermarché à Fleurey-sur-Ouche, il parle de Karim, apprenti boucher au magasin depuis l’été 2019 et ayant eu 18 ans le 25 mars dernier. Bénéficiant aujourd’hui d’une autorisation temporaire de 6 mois afin de terminer ses études qu’il doit valider au mois de juin - même si des manifestations ont été nécessaires -, le jeune homme est «toujours en sursis» pour l’obtention d’un titre de séjour.

«Laissons à ces jeunes la chance de s’exprimer»


Si la contestation de minorité par le Département de la Côte-d’Or «peut arriver» mais n’est pas ce qui préoccupe les associations pour la défense des droits humains (pour une intégration dans les dispositifs d’aide des mineurs non accompagnés), c’est le passage à la majorité qui inquiète. La LDH souhaite «que les dossiers des jeunes puissent suivre le cours normal des choses». Paul Garrigues dénonce : «Leurs démarches de demandes de papiers sont contestées par un tampon effectué au mauvais endroit sur leurs documents. La préfecture exige même des documents biométriques alors que ceux qui ne le sont pas suffisent. Certaines préfectures font plus de zèle que d’autres».

La question est aussi posée : «Est-ce que l’on veut un apprenti boucher ou boulanger dans des métiers en tension, plutôt qu’un jeune clandestin ? Il doit y avoir un changement dans les procédures de la part de la préfecture. Laissons à ces jeunes la chance de s’exprimer».

En Côte-d’Or, des mobilisations ont fait changer la donne à l’image de Karim, mais «plusieurs dizaines de jeunes se trouvent dans l’impasse». Un courrier est envoyé cette semaine à la préfecture de Côte-d’Or, aux maires, députés et sénateurs du territoire pour les alerter sur ces situations et espérer que ces jeunes majeurs étrangers puissent avoir d’autres perspectives d’avenir en France.

Alix Berthier
Photo : Alix Berthier

Le collectif de soutien aux demandeurs d'asile et migrants est composé de :
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