La préfète de la Côte-d'Or et la rectrice de l'académie de Dijon résument les modalités du futur «temps lycéen» proposé aux élèves.
Actualisé : Ce jeudi 8 octobre, la préfète de la Côte-d'Or relève «une situation globalement calme» malgré «des tensions ponctuelles» à Dijon. Deux journalistes ont été agressés physiquement devant le lycée Carnot. Une personne a été interpellée.
Communiqué de la préfète de la Côte-d'Or du 1er octobre 2026 :
En Côte-d’Or, plusieurs rassemblements non déclarés ont été organisés depuis mardi dans le cadre du mouvement lycéen à Dijon, Montbard, Semur-en-Auxois, Auxonne et Brochon.
Beaucoup de ces manifestations se sont déroulées dans le calme, permettant aux lycéens d’exprimer des revendications. L’État, en application de la Constitution, accompagne ces manifestations, et les sécurise.
Toutefois, dans plusieurs cas, heureusement minoritaires, les appels aux blocus se sont traduits par des appels à commettre des violences, avec des engins incendiaires. Dans ces cas précis, détectés en amont de ces manifestations, des forces de police ont été prépositionnées devant les établissements concernés pour assurer la sécurité des élèves et des équipes éducatives, et l’intégrité des bâtiments publics, qui appartiennent principalement aux collectivités locales.
Les forces de sécurité n’interviennent pas lors de manifestations pacifiques. En revanche,
- elles peuvent intervenir lorsque des blocus sont totaux, et ne permettent pas de garantir la continuité éducative, en permettant aux élèves et enseignants de pouvoir suivre et dispenser les enseignements : cette intervention peut intervenir après échanges avec le chef d’établissement ;
- elles doivent le faire, dans l’urgence, lorsque des violences sont commises et les bâtiments et espaces publics attaqués, dans le but de rétablir l’ordre.
C’est dans ce contexte que les forces de l’ordre ont été contraintes d’intervenir ce jeudi 1er octobre à Dijon, de nouvelles violences urbaines ayant été commises dès le début de la matinée par des groupes hostiles, souvent composés d’individus extérieurs aux lycées, dont nombre sont cagoulés et visages masqués.
Plusieurs actions violentes ont en particulier été commises devant le lycée Hippolyte Fontaine dès 7h30, une tentative de destruction du portail d’entrée par 150 individus et des jets de pétards en direction du personnel dans l’enceinte de l’établissement. Des mortiers d’artifice ont incendié des éléments de la façade (boites aux lettres, …) et surtout, un lycéen a été blessé par un tir de mortier d’un manifestant. Il a dû être transporté au CHU et pris en charge médicalement. La préfète et la rectrice lui souhaitent un prompt rétablissement.
Le lycée Le Castel, le lycée Carnot et le lycée Eiffel ont également été le théâtre de faits de violences urbaines, à des intensités variables. Les forces de l’ordre y ont essuyé de nombreux tirs de mortiers et jets de projectiles, des poubelles ont été incendiées ou jetées sur la voie publique pour faire obstacle à la circulation, créant du désordre parmi les automobilistes et les piétons. Des manifestants ont tenté de mettre le feu au portail et à l’entrée du lycée Le Castel, nécessitant leur dispersion et l’intervention en urgence des sapeurs-pompiers. Un cocktail molotov a également été jeté sur la voie publique. Un policier national a également été blessé.
Quatorze personnes ont été interpellées aujourd’hui en vue de leur présentation à la Justice.
Violaine Démaret, préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté, préfète de la Côte-d’Or, et Mathilde Gollety, rectrice de l’académie de Dijon condamnent fermement ces violences qui n’ont pas leur place dans l’expression démocratique revendiquée par les lycéens, et qui doit pouvoir s’exercer de manière sereine.
Elles appellent au dialogue apaisé au sein d’instances de concertations mises en place dans les établissements.
Compte tenu des incidents qui affectent particulièrement ce jour les lycées et Hippolyte Fontaine et Le Castel, les cours y sont suspendus depuis cet après-midi et pour demain, en accord avec les autorités académiques. Une continuité pédagogique sera mise en place, afin de soutenir les élèves dans leur activité à domicile.
Les abords de ces deux établissements font également l’objet d’un arrêté préfectoral d’interdiction de rassemblement jusqu’à la reprise de l’enseignement en présentiel :
• Lycée Hippolyte Fontaine : boulevard Voltaire, rue de Mirande, rue André Colomban et rue Jean-Baptiste Baudin
• Lycée Le Castel : rue Daubenton, rue Charles Dumont, boulevard du Castel, rue Normaliens Fusillés Camarades et rue Mozart.
Violaine Démaret et Mathilde Gollety remercient l’ensemble des personnes qui, au cœur des manifestations, appellent au calme, au respect et à l’écoute.
Elles tiennent à assurer de leur entier soutien les membres de la communauté éducative, les élèves et parents d’élèves, éprouvés par ces événements violents, ainsi que les policiers et gendarmes mobilisés.
Ces violences ne doivent pas effacer les expressions pacifiques qui sont majoritaires, ni masquer les attentes des élèves, qui seront traitées dans les instances scolaires dédiées dans les établissements.
Communiqué de la préfète de la Côte-d'Or du 2 octobre 2026 :
Plusieurs rassemblements liés au mouvement lycéen se sont à nouveau tenus ce vendredi 2 octobre en Côte-d’Or, à Dijon, Chenôve, Beaune, Auxonne et Châtillon-sur-Seine.
Les forces de l’ordre ont accompagné et sécurisé ces rassemblements pour ceux qui se sont tenus dans le calme, dans le respect de la liberté fondamentale de manifester.
Toutefois, comme la veille, devant plusieurs établissements, des individus ont commis de graves faits de violences et dégradations, nécessitant dès lors l’intervention des forces de l’ordre.
Des violences et des dégradations dans plusieurs établissements
À Dijon, au lycée Carnot où se sont concentrées les tensions les plus importantes de la matinée, plusieurs dizaines d’individus ont tiré des pétards et tenté d’incendier la porte d’entrée de l’établissement à deux reprises. Une barricade composée de poubelles et d’encombrants a également été édifiée sur la voie publique, puis incendiée. Deux vitres de l’établissement ont été cassées. Pour permettre la dispersion des manifestants, les forces de police ont fait usage de gaz lacrymogènes et les sapeurs pompiers sont intervenus à plusieurs reprises.
Au lycée privé des Arcades, la porte d’entrée a été incendiée et le feu rapidement maîtrisé par le personnel de l’établissement.
Les lycées Saint-Bénigne et Montchapet, à Dijon, ainsi que le lycée Roland-Carraz à Chenôve et le lycée Clos Maire à Beaune ont été le théâtre de plusieurs feux de poubelles. Des tirs de mortiers ont par ailleurs été signalés aux abords du collège Champollion, à Dijon.
D’autres dégradations graves ont également été relevées, notamment des actes de vandalisme sur deux véhicules privés et une tentative de bris d’une vitrine de commerce. Un véhicule a également partiellement été incendié par propagation d’un feu de poubelle.
Enfin, un membre des forces de l’ordre a été touché à la tête par un tir de mortier. Son équipement de protection lui a heureusement permis d’être protégé.
Au total, huit personnes ont été interpellées ce vendredi, dont une à Beaune, en vue de leur présentation à la justice.
Une personne âgée, qui a chuté après avoir été bousculée par des manifestants et une jeune fille incommodée par les gaz lacrymogènes ont été prises en charge par les secours et transportées au centre hospitalier de Dijon.
Les autorités condamnent les violences et continuent à appeler à l’apaisement
Violaine Démaret, préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté et préfète de la Côte-d’Or, et Mathilde Gollety, rectrice de l’académie de Dijon, condamnent à nouveau fermement les violences et les dégradations commises. Elles saluent la réponse des forces de l’ordre, efficaces et proportionnée face aux troubles constatés.
Elles remercient également les sapeurs-pompiers du service départemental d’incendie et de secours de Côte-d’Or, mobilisés à de nombreuses reprises.
La préfète et la rectrice tiennent enfin à saluer l’intervention citoyenne et la réactivité des lycéens qui, devant le lycée Carnot ont évité l’incendie de la porte de l’établissement en éloignant plusieurs poubelles en feu.
Les autorités réaffirment enfin leur attachement à la liberté de manifester, principe essentiel de notre démocratie, et renouvellent leur appel au dialogue et à la concertation. Cette liberté doit pouvoir s’exercer dans le respect des personnes, des biens et de la sécurité de tous.
Communiqué de la préfète de la Côte-d'Or du 5 octobre 2026 :
Les manifestations se sont poursuivies ce lundi devant plusieurs lycées de la Côte-d’Or, dans le cadre du mouvement national de revendication des lycéens, à Dijon, Beaune et Chevigny-Saint-Sauveur.
La situation fait l’objet d’un suivi attentif des services de l’État, en lien étroit avec les chefs d’établissement et les forces de sécurité mobilisées afin de garantir la sécurité des élèves et des personnels.
De nouveaux faits de violences ont été constatés devant les lycées Hippolyte Fontaine, Le Castel, Carnot et Saint-Bénigne avec en particulier des jets de projectiles et tirs de mortiers en direction des forces de l’ordre et dans certains cas des élèves, des feux de poubelles et tentative d’incendie du portail d’un établissement.
Un véhicule privé a été partiellement incendié aux abords du lycée Les Arcades par la propagation d’un feu de poubelle. Il s’agit du deuxième véhicule dégradé par incendie depuis le début du mouvement.
Il convient de souligner que le lycée Le Castel a quant à lui, été le théâtre de plusieurs départs de feu à l’intérieur de l’enceinte. Ces incidents ont conduit à la suspension des cours et à la fermeture de l’établissement cet après-midi. Ces faits feront l’objet d’un dépôt de plainte afin que les auteurs puissent être identifiés. Ils feront l’objet de poursuites disciplinaires et judiciaires.
Deux interpellations ont été réalisées.
Une manifestante a été légèrement blessée après avoir reçu un débris de grenade lacrymogène.
Les manifestations devant les autres lycées se sont quant à elles tenues globalement dans le calme.
Les forces de sécurité demeurent mobilisées aux abords des établissements concernés afin de prévenir tout nouvel incident et de garantir la sécurité des personnes et des biens.
La préfète de la Côte-d’Or et la rectrice rappellent que la liberté d’expression et le droit de manifester doivent pouvoir s’exercer pleinement, dans le respect de la sécurité des personnes et des biens.
La rectrice a reçu vendredi dernier les élus du conseil académique de la vie lycéenne. Ils lui ont partagé leurs préoccupations, leurs difficultés, leurs attentes, leur quotidien en établissement. Ces revendications sont légitimes et doivent s'exprimer dans un cadre démocratique, dans le respect de chacun. La plateforme de concertation, ouverte ce lundi 5 octobre, permettra à tous les lycéens d'exprimer leurs difficultés et leurs attentes.
La préfète appelle l’ensemble des participants à faire preuve de responsabilité et de calme. Elle rappelle que les jets de projectiles, les tirs de mortiers d’artifice, les incendies et les dégradations sont susceptibles de mettre gravement en danger les élèves et les personnels des établissements, les manifestants eux-mêmes ainsi que les forces de sécurité.
Communiqué de la préfecture de la Côte-d'Or du 6 octobre 2026 :
Le mouvement lycéen s’est poursuivi ce mardi 6 octobre en Côte-d’Or avec des rassemblements devant plusieurs établissements scolaires à Dijon, Chenôve, Semur-en-Auxois et Longchamp. Un bâtiment du campus universitaire (droit et lettres) a été bloqué et le site universitaire situé rue Chabot-Charny à Dijon a été occupé une partie de la matinée.
Les manifestations se sont déroulées dans le calme, en dehors de tensions survenues devant le lycée Carnot en fin de matinée. Environ 500 personnes se sont regroupées devant l’établissement dans le calme jusqu’à ce qu’un groupe de 200 individus hostiles et cagoulés ne commette des violences : multiples feux de poubelles, jets de pétards et de projectiles en direction des forces de sécurité, et destruction d’un abribus. Les forces de sécurité ont dû y faire usage de gaz lacrymogènes à plusieurs reprises à des fins de dispersion, tout en restant à distance.
Une personne a été interpellée.
Aucun blessé n’est à déplorer.
Si aucun incident n’a été signalé sur les autres sites, le lycée Le Castel a toutefois connu un nouveau départ d’incendie à l’intérieur d’un bâtiment au cours de la matinée et un fumigène a été tiré dans un bâtiment du lycée Montchapet. Il n’a pas été établi le lien de ces incidents avec le mouvement lycéen.
Par ailleurs, un bus a fait l’objet d’un caillassage et un tir de mortier a été constaté devant le collège Champollion à Dijon, sans qu’un rassemblement ne soit organisé devant l’établissement.
Un cortège non déclaré d’environ 600 personnes a été improvisé avant de rejoindre la manifestation officielle au rectorat, via le secteur université. Plusieurs dégradations ont alors été commises au passage des manifestants.
La manifestation organisée à partir de 14h00 par l’intersyndicale de l’Éducation nationale a rassemblé environ 2 200 personnes.
La préfète tient à saluer l’engagement de l’intersyndicale et des adultes présents aux côtés des jeunes, dont l’action a contribué à prévenir les tensions, à favoriser l’apaisement et à canaliser les énergies au cours de cette journée de mobilisation.
Pour permettre de faire entendre leurs voix dans l’apaisement, les services de l’État rappellent que, depuis le lundi 05 octobre, les lycéens disposent désormais d’un espace pour exprimer individuellement ou collectivement leurs attentes, leurs difficultés et leurs propositions via une consultation en ligne.
Cette consultation est ouverte jusqu’au vendredi 23 octobre. Les contributions seront analysées au niveau local. Les lycéens qui le souhaitent peuvent notamment préciser le nom de leur établissement afin que leurs suggestions et leurs idées puissent être prises en compte au plus près des réalités de terrain. Une restitution nationale sera organisée à la fin du mois d’octobre.
La plateforme est accessible en suivant ce lien :
https://www.agora.gouv.fr/consultations/lycee
Ces modalités ont été présentées cet après-midi à une délégation composée de neuf élèves, une étudiante et deux professeurs, par la rectrice d’académie qui, avec la préfète, encourage les lycéens à poursuivre le dialogue dans ce cadre constructif et respectueux de la sécurité des personnes et des biens.
À partir de demain, un « temps lycéen » sera organisé dans chaque lycée de France sur la fin de semaine, entre mercredi et vendredi : une demi-journée banalisée, d’abord avec les personnels, puis avec les élèves, pour un débat de fond, ouvert et démocratique.
Les cours reprendront jeudi s’agissant de l’université.
Communiqué de la préfecture de la Côte-d'Or du 8 octobre 2026 :
Le mouvement lycéen s’est poursuivi ce jeudi 8 octobre en Côte-d’Or avec plusieurs rassemblements devant des établissements scolaires, principalement à Dijon.
Les rassemblements devant les lycées Montchapet, Charles de Gaulle se sont globalement déroulés dans le calme, malgré plusieurs feux de poubelle ayant nécessité l’intervention des sapeurs-pompiers. Aucun incident n’a été constaté devant le lycée Le Castel où se sont également rassemblés des lycéens ce matin.
Le principal rassemblement s’est tenu devant le lycée Carnot, où environ 300 personnes étaient présentes. Un groupe d’environ 150 personnes hostiles s’est constitué, plusieurs tentatives d’incendies de poubelles ont été commises et des mortiers ont été tirés sur les forces de sécurité qui ont dû disperser le groupe en faisant usage de gaz lacrymogène.
Deux journalistes ont également été victimes d’agressions physiques devant l’établissement. La préfète et la rectrice tiennent à leur témoigner leur soutien et rappellent que la liberté de la presse est un principe fondamental de la démocratie qui doit pouvoir s’exercer en toute sécurité.
Des feux de poubelles et prises à partie des forces de sécurité ont également eu lieu devant les lycées Hippolyte Fontaine et Eiffel.
À Plombières-lès-Dijon, environ 20 jeunes ont manifesté dans le calme devant le lycée agricole Félix Kir.
Aucun blessé n’est à déplorer et une personne a été interpellée.
Les services de l’État restent pleinement mobilisés afin d’assurer la sécurité des personnes et des biens pour permettre l’expression des lycéens dans le cadre des instances de concertation mises en œuvre au sein des établissements.